Dans le bulletin interne de la Voix d'Assise qui paraissait 3 à 4 fois par an, Jacques Breton nous écrivait une lettre en tenant compte du moment de l'année. Ses lettres sont toujours d'actualité. Voic celle qu'il écrivit à l'été 2012.

 

Voix d'Assise n° 52Chers amis, 

L’été est là et aussi les vacances. Ce temps qui nous permet de mieux vivre la détente, la vie de famille, le dépaysement, etc. Il peut aussi offrir la possibilité d’un ressourcement.

Nous connaissons tous le risque de mettre la vie spirituelle en vacances, mais ce n’est pas propre à cette période de l’année. N’avons-nous pas tous des difficultés à concilier la vie spirituelle avec notre travail, notre vie quotidienne ? Même si nous réservons le matin un temps pour la méditation, la prière, la lectio divina, nous sommes bien vite repris par nos activités journalières.

Ceci est d’autant plus fort que nous vivons dans une société où règne le « faire valoir », l’argent, le confort… Et l'ordinateur, la télévision, la voiture deviennent les nouveaux dieux. Le progrès de plus en plus important des différentes techniques nous donne l’impression que la science va résoudre tous nos problèmes. Pourtant la crise actuelle nous montre les limites de nos pouvoirs humains. Elle peut nous faire prendre conscience que nous passons à côté de l’essentiel.  

La joie, la paix, le bonheur sont là au cœur de nous-même et le monde extérieur est là aussi pour les exprimer.  Mais que faire dans un quotidien qui met l’accent sur la rentabilité, l’efficacité ? Certes, dans bien des cas il nous est impossible de le modifier mais pourtant nous pouvons lui donner un autre sens car ce qui importe est la manière de le vivre. Au lieu de le subir, de s’identifier à lui, nous pouvons prendre une certaine distance et l’accueillir comme un donné auquel nous avons à répondre. Au lieu de le prendre comme un moyen d’enrichissement nous pouvons le vivre comme un service. 

De plus, posons-nous la question : « Qui anime notre vie ? ».  Le temps réservé le matin à la méditation, la prière… devrait réveiller en nous la présence de l’Esprit qui, en s’unissant à notre esprit, va transformer nos activités quel que soit leur contenu. Certes, toute chose a ses limites. Il nous sera impossible de faire un travail contraire à notre conscience mais la présence de l’Esprit nous donne la force et la lumière pour trouver un autre emploi. J’ai toujours à l’esprit cette personne déjà d’un certain âge qui cheminait depuis plusieurs années au Centre Assise et qui travaillait dans une banque assez véreuse. Quitter ce travail lui laissait peu de chance d’en trouver un autre. Alors, que faire ? Finalement elle a été mutée à un autre poste dans cette même entreprise, un poste de chef de service alors qu’elle n’était qu’employée.

Si le zen nous aide à être tout entier présent à ce que nous faisons, l’Esprit nous donne ce dynamisme intérieur qui, en modifiant notre comportement, donne à notre quotidien une autre dimension. Il ouvre notre cœur, nous donne plus de sagesse, nous rend plus humble, plus vigilant et surtout il nous anime d’un dynamisme d’amour qui se transmet dans notre environnement.

              En toute amitié,

                                                           Jacques BRETON