On cite souvent de lui cette phrase : « Je suis parti chrétien, me suis découvert hindou et retourne bouddhiste sans avoir cessé  d’être chrétien. » (Le Dialogue intra-religieux) et c’est son itinéraire qu’il retrace dans Le Silence du Bouddha,

R Panikkar, site du DIMMIDIl est mort à 92 ans le 26 août 2010, cela fait donc presque dix ans. Le présent message a pour but de lui rendre hommage et de faire connaître sa pensée et quelques-uns de ses livres. Il a écrit plus de 80 ouvrages et 900 articles, rédigés dans plusieurs langues. Une mini bibliographie française figure en fin de message.

 

 

Introduction à la pensée et l'œuvre de R. Panikkar

 

R. Panikkar, philosophe, théologien, prêtre catholique, guru hindou… est né à Barcelone d’une mère catalane et catholique et d’un père indien et hindou. Le dialogue interculturel et interreligieux[1] a été l’axe sur lequel s’est construite et s’est articulée sa pensée au fil de ses pèlerinages en Inde et de ses séjours en Europe et en Amérique du Nord.

 

Dans son livre Entre Dieu et le Cosmos, un livre très accessible, il répondait aux questions de G. Jarcczyk. Voici trois extraits :

  • La vie éternelle n’a pas de durée … et cette vie infinie ne vient pas "après" la vie finie : elle est la dimension en profondeur de cette vie même. C’est pourquoi, si je ne vis pas maintenant ma résurrection, je ne la vivrai jamais. La vie éternelle n’est pas un futur (au sens temporel), elle est ici et maintenant, ou elle n’est pas. Il faut découvrir la Vie dans la vie. […] Penser qu'il y a une autre vie [après la mort] ? C'est possible. Je n'en sais rien, mais cela n'est pas la vie éternelle. Si je vis la vie éternelle ici et maintenant, cette vie, lorsque je mourrai, sera toujours la vie éternelle,
  • J'avoue être toujours quelque peu réticent lorsqu'on emploie ce terme d'Église, au singulier comme au pluriel ; et cela parce que je crois encore et toujours dans le “mystère cosmique de l'Église”, ainsi que le disaient les Pères grecs. L'Église ne possède pas de limites définies et parfaitement repérables. C'est pour cela que je me fais le défenseur – en cherchant toujours à mieux la comprendre – de cette proposition scandaleuse aux oreilles modernes et que Hans Küng a de son point de vue toute raison de critiquer : Extra Ecclesiam nulla salus, « En dehors de l'Église, pas de salut ». Mais je crois en la validité de cet adage pour la simple raison que l'Église dans laquelle je crois ne peut être définie que comme le lieu du salut. Le lieu du salut se trouve-t-il sur une plage ou dans une religion, ou encore dans tel édifice ou au sein de la famille, ou bien en suivant fidèlement une Église, alors ce sera l'Église. L'erreur en ce qui la concerne procède d'un quiproquo de type, disons, géographique et culturel. Mais l'Église a toujours entendu être le lieu du salut en quelque endroit du globe que celui-ci se trouve cherché et gagné. C'est après, pour des raisons historiques et culturelles, qu'on a presque perdu le sens mystique de l'Église, sacramentum mundi, « mystère du cosmos » […] L'Église, ce n'est rien de moins que le cosmos, dans son rassemblement et son unité vraie. En ce sens, et avec les Pères grecs, on peut dire que, au commencement, Dieu a créé l'Église. […] Si l'Église est la communauté constituée par le rassemblement de tous ceux qui cherchent avec droiture la vérité – et cela depuis Abel, le premier « homme normal » – il est évident qu'elle rassemble tous ceux qui ne s'exceptent pas du salut, fussent-ils en dehors de l'Église-institution. […]
  • R Panikkar, Entre Dieu et le cosmosAu cours des mille ans au moins qui ont suivi Constantin, à partir donc de la fin du IIIe siècle – car avec Constantin l'Église a vraiment changé de statut et de position sociale – la conscience de la majorité des chrétiens s'est reconnue dans ce qu'on appelle la "chrétienté", un système qui mariait politique et religion, […] Vu du dehors, ces mille ans d'histoire européenne forcent la critique, mais aussi l'admiration, car tout n'est pas négatif. L'Europe d'aujourd'hui se ressent encore de cet héritage. Il importe néanmoins de se rendre à l'évidence : pareille extension pouvait porter à des abus. […] Le christianisme est constitué de moments qui sont moins chronologiques que kaïrologiques – un néologisme qui veut signifier que le christianisme, en sa réalité profonde, procède d'une lecture d'une intelligence des « moments favorables » que l'Esprit inscrit dans l'histoire. Ces moments sont enchevêtrés les uns dans les autres et ne sont pas séparables comme s'il s'agissait d'en traiter de manière chronologique. […] Dans cette lumière, ma conviction ou ma lecture propre des "signes du temps" – une autre expression possible pour les kaïroï – est que la "chrétienté" est morte – même si certains continuent à rêver d'une "Europe chrétienne". Je pense que le "christianisme" institutionnel est moribond – il n'y a qu'à considérer les églises vides : le monde s'en va ailleurs. Mais la "christianie" est florissante, aussi vivante que jamais. […] Lorsque l'on a fait l'expérience de ce Christ ou de ce Jésus qui a été fait Christ… qui a affirmé que le sabbat était fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat, sans s'effrayer de tous les dangers d'anarchie qu'une telle attitude pouvait comporter ; un homme si plein de confiance dans l'Esprit qu'il pouvait affirmer : « Il vous est bon que je m'en aille, autrement l'Esprit ne viendra pas » (Jn 16, 7) – cet acte de confiance dans l'Esprit est proprement prodigieux, car il porte sur une confiance totale en l'homme parce qu'avec lui il y a l'Esprit. C'est cela la christianie. Cette expérience je la trouve partout, indépendamment des étiquettes de catholiques ou de chrétiens que l'on peut apposer ici ou là ou dont on se recommanderait…

 

Comme le disait Claire Lesegretain (La Croix – 02/02/2012) :

  • les Éditions du Cerf ont entrepris en 2012 « la publication en français de son œuvre, soit 20 volumes au total répartis en 12 cycles. Dans le premier tome Pluralisme et interculturalité (en fait, le tome I du cycle VI), le théologien souligne la nécessité de rechercher “l'harmonie et la concorde sans tout réduire à un même dénominateur commun”. Il rappelle que, pour les cultures occidentales, l'homme est un être fondamentalement "historique" dont la vie se déroule dans un temps linéaire, tandis que pour les cultures asiatiques, l'homme est un être fondamentalement "temporel", dont la vie se déroule dans un temps sphérique. Pour que ces deux cosmologies puissent dialoguer, il faut éviter les critiques négatives et les erreurs d'interprétation. L'interculturalité demande donc d'entrer dans le dia-logos (passage à travers la parole) pour parvenir à ce que l'autre veut dire. Ce dialogue interculturel, que Panikkar qualifie de "dialogal" – en opposition au "dialogue dialectique" qui cherche à convaincre –, présuppose “une confiance réciproque pour s'aventurer ensemble dans l'inconnu”. En ce sens, le théologien refuse le terme d'“inculturation” (pour parler de l'implantation de la foi chrétienne hors du monde méditerrano-européen), préférant celui d'“interculturation” ».

 

Il était ami d'Henri Le Saux (Swami Abhishiktânanda) à qui sont consacrés plusieurs messages du blog (tag Henri le Saux). Il fit avec lui le pèlerinage aux sources du Gange. Il a préfacé plusieurs de ses livres en particulier le journal d'H. Le Saux, La Montée au fond du cœur.

  • « Abhishiktânanda conquiert son identité historique à la force du poignet, pourrait-on dire. Il ne fait pas de théories. Il n'écrit pas un traité de l'hindouisme et du christianisme. Il se sent prophète, et il vit dans sa chair les angoisses de cette vocation qui exige la transfiguration de l'Église, la purification de l'hindouisme et l'élimination de son ego. Au fond, il découvre aux Inde ses racines chrétiennes en même temps que les superstructures qui y sont attachées. Ou mieux encore, il arrive à discriminer entre la couche profonde d'un christianisme "pré-chrétien" et le niveau sociologique de la majorité des chrétiens. Mais il ne peut pas se débarrasser de ce qu'il "comprend" être une surimposition. En même temps, le sommet de l'hindouisme qui, comme les cimes neigeuses de l'Himâlaya, émerge de ce monde, l'attire et le fascine. Ce sommet est son lieu, il y parvient dans un envol sans emprunter aucun des chemins plus ou moins tortueux de la vallée (alors qu'il avait suivi ceux du christianisme). C'est à ce sommet que l'hindouisme lui apparaît comme un défi à sa foi chrétienne, même parfois comme un dépassement du christianisme. Mais il n'est jamais effleuré par la tentation d'apostasie. Il arrive à découvrir sa place dans le cosmos et dans l'ordre de l'histoire. Le moine breton devient Abhishiktesvarânanda (dont Abhishiktânanda est une forme abrégée), "Celui dont la Joie est l'Oint du Seigneur", pour collaborer à une mission : contribuer à donner à l'Homme une conscience de sa place dans l'univers » (Préface à La Montée au fond du cœur).

 

R Panikkar, Pélerinage au KailashC'est avec Miléna Carrara qu'il fit le pèlerinage relaté dans Pèlerinage au Kailash, Retour à la Source[2]. Comme le dit la présentation du livre : « En 1994, Raimon Panikkar et Milena Carrara partent pour le mont tibétain du Kailash. Ils en rapportent ce journal à deux voix qui relate un double pèlerinage, à la fois intérieur et extérieur. L'enjeu est de vivre, à chaque pas, la Vie. Ce voyage vers la montagne sacrée devient ainsi un parcours initiatique d'ouverture du troisième œil et du cœur. S'y noue aussi une délicate et profonde relation de disciple à maître, qui conduit Milena à s'abandonner avec confiance au Mystère.»

  • « Ce journal de voyage raconte une histoire cosmo-théandrique depuis une petite perspective humaine. C'est une histoire personnelle, mais elle a valeur d'archétype. […] Dans cette narration, nous avons revécu l'itinéraire suivi pendant le pèlerinage au Kailash ; maintenant, du sommet que nous avons atteint, on voit seulement un horizon infini dans un ciel illuminé depuis le couchant, empli non de l'espoir d'une nouvelle aurore, mais de la beauté du présent. Il n'existe plus de chemin. Il nous reste seulement à regarder le ciel. Mais nous entendrons alors, comme les hommes de Galilée, le reproche des anges. Il ne nous reste plus qu'à voler. […] La vie ressuscitée n'est ni une utopie ni un rêve. Le Christ ressuscité parle, mange et montre le même corps qu'il avait auparavant. La vie ressuscitée n'est pas l'existence désincarnée ou, pire encore, déshumanisée d'une perfection théorique. L'homme "réalisé", si nous préférons ce mot à "ressuscité", n'est pas un ange, mais un homme qui vit en percevant pleinement les trois dimensions de la réalité : humaine, cosmique et divine. Ce récit pourrait être lu comme une quête du Graal, c'est-à-dire de l'amour incarné, de Dieu incarné, de la vie concrète dans sa plénitude ; plénitude relative, naturellement, à notre capacité, mais plénitude quand même. Et c'est de cette plénitude que nous avons tous reçu, dit le prologue de Jean » (Prologue de Pèlerinage au Kailash)

 

 *   *   *   *

 

Voici maintenant des extraits de la conférence que R. Panikkar a donnée en anglais à la clôture du congrès missionnaire de Baltimore (17-21 mars 1983) sur l'avenir de la Mission[3]. Cette année-là, il vivait en partie en Californie. En effet, « en 1966, il est appelé à Harvard en qualité de Visiting Professor et durant toute la période de 1966 à 1987 il a alterné son enseignement aux Etats-Unis pour un semestre avec sa recherche en Inde. De 1971 à 1987, il a occupé la chaire de Philosophie Comparée des Religions à l’Université de Californie, à Santa Barbara, dont il reste professeur émérite.» (Cf. http://www.raimon-panikkar.org/francese/home.html)

 

Regard de R. Panikkar sur le Dialogue et la Mission aujourd'hui

et retour sur les vingt siècles écoulés

 

R Panikkar, L'inévitable dialogue[R Panikkar parle des documents publiés sur le dialogue interreligieux avant 1983]... je vous dirai que je n'ai jusqu'à présent entendu que des monologues ; même durant les vingt siècles de l'Église chrétienne. Certes Vatican II a constitué un déblocage parce que, pour la première fois dans l'histoire de l'Église, des termes positifs et élogieux ont été utilisés à l'égard des autres traditions religieuses. Mais malgré tout, cela constitue à nouveau un signe du même syndrome : ni vous, apparemment, ni les Pères de Vatican II, de toute évidence, n'ont senti la nécessité que pour parler du judaïsme, du communisme, du shintoïsme et d'autres traditions, ils devaient se mettre à l'écoute, entendre et inviter les représentants de ces traditions. Certes, tous les experts peuvent dire bien des choses, mais ce n'est pas pareil […].

Je pense que je vais tâcher de simplifier le plus possible… permettez-moi de mettre mes lunettes professorales durant vingt minutes afin de résumer vingt siècles de christianisme […].

Faisons ici l'effort de synthétiser ce que j'appellerai les cinq moments kaïrologiques de l'auto-compréhension chrétienne. "Kaïrologiques" au lieu de "chronologiques" parce que ces moments ne se présentent pas simplement dans un ordre chronologique linéaire, ce qui constitue une des obsessions de la pensée occidentale ; kaîrologiques parce que le terme constitue beaucoup plus une qualité qu'une quantité, et que les temps se recoupent, que nous ne vivons pas dans un temps synchronique mais dans une existence diachronique, etc., etc. Exprimer en cinq moments kaïrologiques la compréhension de soi du christianisme est plus qu'un simple exercice académique puisque pour se lancer dans le futur, il faut connaître la dynamique de la source du souffle dans laquelle nous nous inscrivons.

Les professeurs d'histoire de l'Église me pardonneront si je simplifie mais je pense que ces moments constituent les cinq perceptions de soi fondamentales. Les voici.

 

1. Témoignage.

Le premier [moment] peut s'exprimer en ce mot…

Les chrétiens des premières communautés n'avaient absolument aucune idée qu'ils constituaient une religion, qu'ils étaient une nouvelle religion ; ils ne formaient même pas une secte puisqu'ils avaient même aboli la circoncision et tout le reste. Le mot "religion" tel qu'utilisé alors avait une signification complètement différente de celle qu'on lui donne aujourd'hui.

Être chrétien signifiait être un martyr, un témoin d'étranges événements, en se souciant d'être fidèle interprète. On témoigne d'un événement jusqu'au point même de devenir un martyr et de verser son sang. Les premiers chrétiens avaient la conscience d'être des témoins et rien d'autre.

Et puisque je vous ai parlé de moment kaïrologique, permettez-moi de faire un saut jusque l'an dernier et de décrire la question qu'un maître zen, dans un monastère bénédictin d'Europe, avait posé au maître des novices du monastère au cours d'un sesshin, c'est-à-dire une des séances de zazen où l'on s'assoit longuement ensemble au point où vos os en sont presque cassés par l'immobilité, après quoi le maître vous donne un "kôan" c'est-à-dire une sorte d'énigme. Le maître zen dit au maître des novices : « Je t'en prie, montre-moi ta résurrection. Si tu peux montrer ta résurrection, par tes mouvements, par un sourire, par tes réactions, par ta façon de manger, par ton sommeil, par ta façon de vivre, alors tout le reste des théories sur la résurrection de Jésus est futile, sans valeur. »

  • Les premiers chrétiens avaient la conscience d'être des témoins, et rien d'autre. Ils témoignaient de la résurrection du Christ en témoignant leur propre résurrection.

« La science gonfle », dirait saint Paul. « Montre-moi ta résurrection, tout le reste n'importe pas. » Le témoignage est un élément fondamental, même aujourd'hui, de la compréhension propre d'un chrétien. Les premiers chrétiens témoignaient de la résurrection du Christ en témoignant de leur propre résurrection. Et peut-être qu'aujourd'hui, d'un point de vue sociologique, le fait d'être chrétien en ce pays commence-t-il à représenter quelque danger plutôt qu'une situation privilégiée dans la hiérarchie de la société.

 

2. Conversion.

Quelques siècles plus tard, quelque chose survient. Les théologiens parleront d'Arius, les historiens parleront de Constantin et les cyniques diront que Constantin ne s'est pas converti au christianisme mais que le christianisme s'est converti à Constantin, etc. Mais le fait demeure qu'à ce moment, un nouveau courant est apparu dans la conscience chrétienne. Les chrétiens commencent à vivre partout, ils commencent à former une majorité, à avoir du pouvoir, on les trouve dans les villes et non dans les champs, etc. Qu'arrive-t-il aux chrétiens devenus grande foule ? Un nouveau moment survient : pour être chrétien, il faut la conversio morum,  la conversion des mœurs. La "conversion" est maintenant le mot-clé. Le chrétien n'est pas l'opposant des autres religions et c'est pourquoi les chrétiens n'ont pas hésité à emprunter aux Romains, aux Latins, à n'importe quelle source qu'ils croyaient leur être utile. Mais il faut une conversion : transformer et non pas simplement suivre le courant. Le chrétien est celui ou celle qui s'oppose à la conscription – plusieurs ont refusé de joindre l'armée – ou qui commencent à réaliser sérieusement qu'on ne doit pas encourager ou se soumettre à une loi injuste, et même l'appuyer par l'argent des taxes, etc. Un chrétien est la personne qui se convertit constamment à partir de ce centre qui, comme les médiévaux le concevaient, provenait de l'une des plus belles définitions de Dieu (que l'on croyait venir du corpus hermétique des Égyptiens) ; celle que Dieu est un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. Métanoïa, conversion, changement de vie. Le chrétien et le cinq, celui qui résiste au monde, à la mondanité.

  • Plus tard, un nouveau moment survient : pour être chrétien, il faut la conversio morum, la conversion des mœurs. La conversion est alors le mot-clé.

 

3. Croisade.

Puis, un autre phénomène est apparu quelque siècle plus tard ; cela a commencé dans l'Est et s'est poursuivi dans l'ouest.

713, Gaudalete : les musulmans envahirent l'Espagne ; puis de 1212 à 1453 et ainsi de suite, Lepanto, etc. Les musulmans se dirigèrent vers Byzance et Vienne et "toutes les places saintes" qui furent saccagées. Ce fut un choc. Les chrétiens vécurent, du VIIIe au XVe siècle, avec une plus grande obsession des musulmans que les Américains, aujourd'hui, des Russes. Ils se sentaient en danger partout.

Un autre terme à alors caractérisé la conscience du chrétien : la "croisade". Les chrétiens partent en croisade spirituelle ou réelle. Qu'on pense aux "Militia Christi", aux supérieurs des ordres nouveaux qu'on nommait "généraux". Et le doux saint Bernard au XIIe siècle ose prétendre que celui qui tue un musulman au combat ne tue pas un homme mais le mal ; il fait même un jeu de mots en latin : « Non est homocida sed malicida. » Une obsession qui peut nous aider à comprendre nos obsessions contemporaines : le chrétien est un "militant" ; un militant de l'action catholique, généraux des ordres majeurs, et le reste…

La croisade ! Lisez la littérature du temps, le mysticisme espagnol, etc. et vous verrez que c'est vraiment cela. Ce fut un fait historique très important.

  • Du VIIIe au XVe siècle, un autre terme allait alors caractériser la conscience du chrétien : la Croisade. Être chrétien est synonyme d'avoir un esprit de croisade.

 

4. Mission.

Puis plus tard, à la fin du XVe siècle et plus pleinement au début du XVIe siècle, advient un autre événement capital. Vous vous doutez bien que je me réfère ici à l'an 1492, grâce auquel nous sommes ici aujourd'hui. Quelque chose de nouveau se développait dans la conscience chrétienne ; on découvrait "le nouveau monde".

De toute évidence les musulmans, quoi qu'ils soient – je pense quant à moi qu'ils sont des gens très bien – étaient pressentis comme une menace, mais les Indiens d'Amérique ne menaçaient rien, ni personne, n'est-ce pas ? Il ne pouvait plus être question de croisade pour justifier l'action des chrétiens. On y allait alors pour civiliser, pour coloniser, pour faire quoi que ce soit, mais pas dans un esprit de croisade. Alors apparut l'autre mot-clé qui nous est demeuré jusqu'aujourd'hui ; les Salmanticenses, Vittoria et même Bartolomé de Las Casas et tous les noms que nous ne mentionnerons pas commencent à découvrir que ce dont l'Église est investie, c'est d'une "mission". Vous êtes missionnaire ; vous ne voulez pas détruire les Indiens, vous avez une mission. Vous êtes envoyé, vous êtes ambassadeur. Alors commence l'époque missionnaire.

  • Avec la découverte du "nouveau monde" apparut l'autre mot-clé qui nous est demeuré jusqu'à aujourd'hui ; on commence à découvrir que ce dont l'Église est investie, c'est d'une Mission.

 

5. Le cinquième moment : Dialogue

Qu'est-il donc arrivé à la Mission ? Elle se poursuit jusqu'à ce que surgisse un nouveau phénomène. À la fin de la guerre mondiale je ne me rappelle pas exactement des chiffres, mais à peu près 80 % de la surface de la terre appartenait à l'Europe. On comptait tout juste une douzaine de nations représentées à la Société des Nations ; aujourd'hui on en compte 160 et le nombre croît encore. La période de colonisation semble être, théoriquement à tout le moins, terminée.

La Mission est liée à la période coloniale de la conscience européenne et occidentale. On peut commencer à se demander si cette idée, pour prédominante qu'elle fut, est en voie de devenir dépassée.

 

J'ai parlé de moment kaïrologiques : le témoignage, la conversion, la croisade, la mission. Tous ont toujours un sens encore aujourd'hui, mais peut-être doivent-ils être combinés de façon plus harmonieuse.

Permettez-moi d'exprimer quelques pensées sur ce qui est advenu à l'idée de la mission aujourd'hui. Et permettez-moi d'être un peu Indien. N'ai-je pas rendu hommage aux Latino-Américains ? Permettez-moi donc d'être ce jeune homme qui, avec une lettre dans les mains et des larmes aux yeux, raconte : « Ça fait deux ans que j'écris une lettre quotidienne à ma bien-aimée et voilà qu'elle vient de me répondre qu'elle a épousé le postier. » Durant trois siècles, les chrétiens ont envoyé des lettres d'amour aux peuples du monde par l'intermédiaire d'un postier : la technique, les technologies, les hôpitaux, les écoles, le développement et tout le reste. Et nous découvrons aujourd'hui que tous ces peuples du monde ont épousé l'intermédiaire, qu'ils sont tombés amoureux de tous ces "gadgets" que nous pensions être simplement les instruments de nos lettres d'amour à notre fiancée. Tous ces intermédiaires – et qu'est-ce donc que la technologie sinon le monde des moyens ? – ont créé cette transe technologique, ce fait d'être hypnotisé par les moyens et de n'avoir aucun temps pour les fins et les buts de la vie humaine ! Absolument aucun temps…

Aujourd'hui il y a peut-être un complexe de supériorité habillé d'un syndrome de culpabilité ; et ce syndrome est aussi la globalité… Nous commençons peut-être à accepter plus sérieusement ce que signifie le pluralisme. Le pluralisme n'implique pas la présence d'un super-système, d'une organisation parapluie ; il n'implique pas non plus que je puisse maîtriser les systèmes pluralistes dans un tout plus élevé sur lequel je ou nous aurions un certain contrôle. Il ne s'agit pas de cet unitarisme qui se présente sous la forme d'universalisme.

Il y a une grande propagande, par exemple, en faveur de l'alphabétisation universelle. L'Unesco en fournit un exemple. Et les gens semblent oublier que dans les deux tiers du monde (et, entre parenthèses, je suggère qu'on cesse d'utiliser le terme offensant de "Tiers-Monde" et qu'on l'appelle au moins "Deux-Tiers Monde" ; et c'est une insulte que d'utiliser le PNB comme critère décisif de l'avancement d'un peuple) être illettré signifie être unilingue. Un illettré est une personne qui ne connaît qu'une seule langue, quelqu'un qui pense que Dieu est seulement ce qu'il saisit de lui quand il en parle, qu'un homme est seulement ce qu'il en comprend quand il en parle, que la justice est exclusivement ce que le mot français suggère, etc. Être illettré c'est être unilingue ; c'est lorsque nous n'avons qu'une fenêtre à travers laquelle percevoir la réalité, lorsque nous n'avons aucune perspective pour voir et que nous voulons, évidemment que cette perspective soit universelle.

  • Le cinquième moment, vous l'avez sans doute déjà deviné. Et ce congrès constitue la preuve la plus tangible que je ne suis pas complètement dans l'erreur, que le mot-clé est le dialogue.

Donc : témoignage, conversion, croisade, mission et maintenant dialogue.

Le dialogue n'est certainement pas une stratégie visant la conversion ou une stratégie pour attraper des gens…

 

Permettez-moi de faire une remarque, probablement dérangeante, mais tellement évidente qu'on ne saurait l'éviter. Il n'y a rien, absolument rien au niveau doctrinal, dans l'Évangile qui soit original. L'Évangile ne nous dit absolument rien de nouveau, ou pour la première fois.

Aimez vos ennemis ? On l'avait dit, il y a 500 ans en Inde, 700 ans en Chine. « Ce que vous n'avez pas fait pour ce plus petit, vous ne l'avez pas fait à moi » disait le Seigneur Bouddha. Le Mahabharata donne – et si vous savez ce que signifie vivre en pays tropical – ce magnifique exemple : « Bénis lorsque tu es maudit, réponds au mal par le bien, imite ce gros arbre qui offre plutôt son ombre à ce même homme qui vient avec sa hache pour l'abattre et qui toujours protège et bénit. »

Il n'y a absolument rien, du point de vue doctrinal, dont on pourrait dire qu'il soit une doctrine spécifiquement chrétienne. Dans les doctrines de l'Est comme dans celle de l'Ouest, avant et après le Christ, toutes ces choses ont été dites. Et si vous dites qu'il n'y a pas eu beaucoup d'amour dans ces cultures, alors nous devrions également examiner notre propre histoire.

  • Il n'y a absolument rien, du point de vue doctrinal, dont on pourrait dire qu'il soit une doctrine spécifiquement chrétienne.

 

Mon temps s'épuise ; laissez-moi donc dire brièvement ce que je veux vous transmettre dans mon propos.

Si la mission est dépassée et que le dialogue n'est pas une stratégie, quelle est la fonction chrétienne ? Permettez-moi de l'exprimer à partir d'une blague qui courait dans la Chine de Mao Tsé Toung. Je vais essayer de vous traduire cet humour profondément chinois.

Vous avez ici le camarade Chou et voilà que passe Chow, le camarade de haut rang : « Hey ! camarade Chow, viens boire un verre de vin de riz avec nous. » Et l'orthodoxe de la ligne du parti, le communiste zélé attaché à ses racines maoïstes, de répondre stupéfié : « Mais je n'ai pas le temps, je dois aller faire la révolution. » Et l'autre de répondre : « Mais pourquoi faites-vous la révolution ? Dans le but de remplacer les mandarins par une autre clic qui fera pire ? Pourquoi faites-vous la révolution ? Dans le but de changer toutes les structures par de nouvelles qui ne feront pas grande différence substantielle ? Nous savons nous administrer plus ou moins avec ceux qui sont là, mais ces nouveaux, qui sait ce qu'ils feront ? Pourquoi fait-on la révolution, sinon simplement pour rendre possible que deux amis puissent prendre le temps de consommer ensemble un verre de vin sans se soucier du reste ? »

Voilà le sens de la contemplation.

Encore, si vous voulez, je vous en donne une version chrétienne.

Il est fort intéressant, en effet, de remarquer combien la révélation, cet extraordinaire document qui cristallise la sagesse humaine, a été souvent manipulé pour satisfaire nos propres buts. Tout le monde le sait : toute lecture des Écritures est une lecture qui transforme les Écritures. L'ancienne version comportait cette phrase magnifique : « Le royaume de Dieuest en vous » – dans notre intérieur. Les nouvelles versions "savent mieux" et disent : « le royaume de Dieu est parmi vous ». Mais si vous examinez la version grecque, vous découvrez une chose à nouveau incroyablement simple : « Le royaume de Dieu est entre vous », dans l'interrelation la plus fortement ressentie, personnelle, intime, irréversible, irrécupérable, qui transcende l'espace et le temps.

Prendre un verre de vin ensemble, c'est le sens de la vie. L'acte contemplatif est cet acte qui est fait pour lui-même et qui ne se soucie de rien d'autre parce que fait en sachant que l'espace et le temps et tout le reste ont été transcendés, assumés et transformés dans cet acte particulier.

« Regardez les lis des champs ! » Et si nous mettons simplement entre parenthèses "amour, mysticisme, dépassement des apparences", nous n'aurons jamais les mains libres pour passer à d'autres tâches qui doivent aussi être exécutées mais sans pour autant laisser les premières inachevées.

 

Ma prétention est que le dialogue lui-même constitue une recherche spirituelle ; que le dialogue lui-même représente l'école de l'humilité qui nous révèle que personne n'est suffisant en soi, qu'il n'y a aucun monopole dans ce vaste monde où le soleil brille tout autant pour les pécheurs que pour les justes. Le dialogue en soi n'est pas un moyen d'atteindre l'autre mais un moyen de se découvrir soi-même d'une façon plus profonde. Un moyen de sortir dans le monde, d'aller à la rencontre de cet être humain aliéné, que la civilisation de technologie moderne a tellement asphyxié, que nous ne savons pas comment parler lorsque nous n'avons pas un sujet à discuter ; que nous ne savons pas nous rencontrer lorsque nous n'avons pas quelque chose à faire ensemble ; que nous ne savons pas aimer parce que nous pensons constamment au sexe et à toutes ces choses dont on nous a bombardé l'esprit, le cœur et le corps ; que nous ne savons pas vivre dans une joie totale où nous pouvons ressentir l'espace et le temps, sans nier en même temps son contraire. Ce que je vois, c'est un énorme potentiel humain et une grande générosité, pour transformer le monde ; ce monde qui est le nôtre et celui de nos voisins. Et peut-être avons-nous aujourd'hui cette occasion extraordinaire de mettre en pratique ce que plusieurs traditions spirituelles ont appelé le grand renoncement. Je comprends très bien qu'un tel démantèlement et changement d'orientation dans la douceur de l'amour ne soit pas chose facile.

  • Se lancer dans le futur, c'est d'abord bien connaître le passé mais c'est ensuite sauter dans l'inconnu. Cela, me semble-t-il, est la foi, cela est la confiance et cela est, si je veux utiliser à nouveau l'ancien mot, la Mission.

 

L'avenir de la mission.

Je n'affirme pas que nos ancêtres aient été dans l'erreur ; chacun est fils de son époque ; je dis que de répéter le passé, c'est le rendre suranné. Se lancer dans le futur c'est d'abord bien connaître le passé – et j'ai parlé des cinq grands moments – mais c'est ensuite sauter dans l'inconnu.

Et si nous parlons de confiance et de foi alors que nous voulons déjà tout savoir d'avance et où tout cela nous mènera, ce n'est pas la foi.

Grégoire de Nysse commentait ce passage de l'Ancien Testament où Abraham, le père des croyants, répondant à l'appel de Dieu, quittait Ur : « Et à ce moment, Abraham savait qu'il allait dans la bonne direction parce qu'il ne savait en rien où il allait. » Voilà ce qui est maintenant demandé de nous tous. Cela, me semble-t-il, est la foi, cela est la confiance et cela est, si je veux utiliser à nouveau l'ancien mot, la Mission.

Les cinq moments peuvent peut-être être toujours valides dans notre vie. Mais la situation, je pense, est nouvelle ; ce que nous devons élargir, c'est peut-être cette dichotomie qui a subrepticement tout pénétré : celle du "nous" et du "eux".

À nouveau, il est effarant de constater combien des phrases toutes simples de l'Évangile ont été transformées par l'idéologie démocratique et par des visions individualistes. Il est dit : « Aime ton prochain comme toi-même » et nous comprenons « Aime ton prochain comme un autre toi-même » : comme une autre personne qui a les mêmes droits et les mêmes choses ; comme une autre personne que tu dois respecter et imiter et admirer, mais "comme un autre" et non pas "comme toi-même" ! Nous sommes toujours enfermés dans notre petite coquille, que nous appelons ego, et lorsqu'on nous dit d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, nous ne pouvons nous imaginer que notre "soi" doive exploser et embrasser sans étouffer, parce que je dois me laisser embrasser également.

Aime ton prochain comme toi-même. Les trois mots-clés de la parabole de la théologie de la mission : le sel, la lumière, le levain. Mais ne devons-nous pas nous rappeler que le levain est subversif et que le levain ne désire pas tout convertir en levain ? Ne devons-nous pas nous rappeler que le sel est amer et qu'il ne désire pas convertir tout en sel, tout convertir en chrétien, mais plutôt que l'omelette soit une meilleure omelette, et que le steak soit un meilleur steak, et que l'hindou soit un meilleur hindou, et que l'humaniste soit un meilleur humaniste ? Et dans cette lutte collective, nous devons cheminer ensemble et valoriser la sagesse qui consiste à convertir les tensions destructives en des polarités créatrices. Voilà un cheminement spirituel. Et ne devons-nous pas nous rappeler que la lumière est invisible ? Qu'au moment où je crois voir la lumière, je vois en réalité un objet éclairé et non pas la lumière elle-même. La lumière n'est éclairante que lorsqu'elle frappe un objet opaque. Entre le soleil, la lune et la terre, il n'y a que la noirceur ; la lumière n'est lumière que lorsqu'elle arrive ailleurs.

Nous touchons ici à des questions fondamentales qui nécessitent, comme nous l'avons mentionné, une réflexion théologique fondamentale qui doit cette fois-ci être effectuée avec les autres en tant que partenaires. Avec les pauvres, nous commençons à le comprendre, et nous dépassons la tendance à théoriciser, à aider ou quoi que ce soit. Avec les peuples du monde, je pense que nous ne l'avons pas encore compris. Et nous ne l'avons pas compris, non pas par mauvaises intentions ou à cause de souvenirs douloureux d'antan, mais parce que nous ne pouvons pas comprendre ; et nous ne pouvons pas comprendre parce que l'on peut comprendre seulement de l'intérieur, en prenant le risque de tout perdre. Je ne peux comprendre de l'extérieur ; je ne peux prétendre comprendre la phrase hindoue : « Durga est la mère de la rougeole » qu'en y croyant de l'intérieur.

J'étais témoin, il y a de cela quelques semaines, de deux monologues tragiques entre des ingénieurs, ceux du Canyon Diablo en Californie où ils construisent un emplacement nucléaire, et des Amérindiens. Ceux-ci d'objecter : « Mais ce sont nos ancêtres qui sont ici et la relation avec eux sera détruite. » Et les ingénieurs ne comprenaient pas un mot de cela. De fait, on ne peut s'empêcher de voir les ancêtres et les esprits et tout cela comme un non-sens absolu à moins que nous ne soyons prêts à faire le vide, à entrer dans cette kénose dont j'ai parlé. Sans quoi, nous ne sommes pas prêts pour le dialogue. Le dialogue ce n'est pas d'offrir l'hospitalité, c'est peut-être de demander l'hospitalité, et la demander sans sandales, sans argent, sans idées préconçues, faisant en sorte que la main droite ne sache pas ce que fait la main gauche. En ne pensant pas à l'avance à ce qu'on doit dire mais en le recevant avec son cœur, comme vous l'avez fait avec moi aujourd'hui.

  • Le dialogue ce n'est pas d'offrir l'hospitalité, c'est peut-être de demander l'hospitalité, et la demander sans sandales, sans argent, sans idées préconçues, faisant en sorte que la main droite ne sache pas ce que fait la main gauche.

 

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BIBLIOGRAPHIE

  • Le Christ et l’hindouisme, une présence cachée, Le Centurion,1972.
  • Le dialogue intrareligieux, Albin Michel, 1985.
  • Éloge du simple : le moine comme archétype universel, Albin Michel, 1995.
  • Entre Dieu et le cosmos : une vision non-dualiste de la réalité (entretiens avec Gwendoline Jarczyk), Albin Michel, Paris, 1997.( cf réédition 2012)
  • Une christophanie pour notre temps, Traduction Anne Deriaz, Actes sud, 2001
  • L'expérience de Dieu Albin Michel, 2002
  • La Trinité : une expérience humaine primordiale, Cerf, 2003
  • Initiation aux veda, Actes sud, 2003
  • L'inévitable dialogue, : Dieu, Yahweh, Allah, Bouddha... Le relié, Poche, 2003, réédition 2008
  • Le silence du Bouddha : une introduction à l'athéisme religieux (traduit de l'espagnol par Jacqueline Rastoin), Actes Sud, 2006.
  • La plénitude de l'homme Actes Sud, 2007
  • Paix et désarmement culturel, Traduit par Jacqueline Rastoin, Actes sud, 2008
  • Pèlerinage au Kailash, Cerf, 2011 (de Raimon Panikkar et Milena Carrara)
  • Entre Dieu et le cosmos  (entretiens avec Gwendoline Jarczyk), réédité par Albin Michel, 2012 (coll. « Spiritualités vivantes », 275 p., 8,90 €).
  • les Œuvres complètes de Panikkar sont éditées par Le Cerf : Pluralisme et Interculturalité (2012) ; Mystique, plénitude de vie (2012) ; Vision trinitaire et cosmothéandrique : Dieu-Homme-Cosmos (2013) ; Pluriversum - Pour une démocratie des cultures (2014)

Plusieurs  films figurent sur le site dédié à R Panikkar (http://www.raimon-panikkar.org/francese/home.html),

Des articles en anglais figurent sur le site du DIMMID d'où est tirée la photo du début (par ex. https://dimmid.org/index.asp?Type=B_BASIC&SEC=%7B256B094D-B961-40AB-9DA5-615DBFC1ACC0%7D)



[1] Le dialogue n’était pas pour lui une option, mais une nécessité. Il en parle dans L'inévitable dialogue, : Dieu, Yahweh, Allah, Bouddha... Le relié, 2008.

[2]  « Dix ans après avoir parcouru ensemble en vingt-cinq jours, en septembre 1994, la dangereuse route vers une montagne sacrée dans le lointain Tibet. « Un vrai pèlerinage représente le chemin vers son propre centre, la mort de son petit soi et l'union avec le Soi universel », écrivent-ils. Au fil de leur parcours, passant par Katmandou et divers cols à plus de 5 000 mètres d'altitude, celui que Milena appelle "Lui" raconte sa vie par bribes : son enfance à Barcelone ; sa mère profondément catholique ; sa fuite avec elle en Allemagne pendant la guerre civile (1936-1937) ; son retour en Espagne à vélo ; ses études de chimie puis sa formation et son ordination au sein de l'Opus Dei ; son enseignement d'histoire des religions à Rome, en Inde et aux États-Unis ; sa quête interculturelle depuis 1982, à Tavertet, dans sa Catalogne natale » (Claire Lesegretain, La Croix – 02/02/2012)

[3] Elle a été traduite et publiée dans le "Bulletin de l'Entraide missionnaire" à Montréal  en septembre 1983, puis reprise dans "Eglise et Mission", Février 1984, p. 12-21, Montréal.