Dans ce message figurent trois textes méditatifs de Françoise (dont deux ont été publiés dans la Voie d'Assise) et une grande partie des textes de la célébration d'au revoir.

Françoise en 2014Nous venons en effet d'apprendre que Françoise est née au ciel le samedi 15 février 2020 à Caen…
Née sous le nom de Françoise Touraille le 10 janvier 1941, elle venait d’avoir 79 ans..

Elle a été une figure marquante de notre association, l’ayant fréquentée dès ses débuts.

Son cheminement de vie fait montre d’une grande cohérence entre sa quête spirituelle avec les disciplines corporelles et l’équilibre psychique qui lui sont associés d’une part, et ses engagements sociaux d’autre part.

Les épreuves de sa vie, et en particulier lorsqu'elle était encore jeune, la mort de son mari et de ses deux enfants des suites de maladies successives, l’ont mise sur un chemin auquel elle n’était pas préparée.

Entrée à la Documentation Française au début des années 1970, elle avait la responsabilité des dossiers du Moyen Orient et préparait des fiches de lecture pour les étudiants qu’elle accompagnait.

La foi chevillée au corps, c’est ‘ce merveilleux ami’ - comme elle l’écrit dans son deuxième poème ci-dessous- qui l’a aidée à entreprendre une remarquable traversée vers la Lumière. D’abord une pratique assidue du Yoga pendant une vingtaine d’années, le soutien d’une thérapie, puis la pratique du Zen avec Jacques Breton. Longtemps présente au Centre Assise, notamment lors des sessions Zen, elle était devenue un pilier sur lequel ceux qui étaient chancelants pouvaient s'appuyer.

Parallèlement, ce sont ses engagements sociaux qui l’ont portée. Dans les années 70, elle avait rejoint des groupes militants dont le MAN (Mouvement pour une Alternative Non violente) où elle avait rencontré Michèle Rouche, une autre amie pratiquante d’Assise, également décédée peu de temps avant Noël dernier... Elle faisait aussi partie de l’ACAT (Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) dans laquelle elle avait eu un engagement actif.

Au tout début des années 1990, elle s’était investie dans l’association loi 1901 "Aux captifs, la libération" qui a pour mission de rencontrer et d'accompagner les personnes de la rue ou qui vivent de la rue, en allant vers elles les « mains nues » et dans la fidélité. Elle était rattachée à cette association par l’antenne parisienne de la rue St Denis près de la rue Quincampoix où les méditations Zen des mercredis soirs étaient pour elle un réel soutien avant ‘les tournées rue’ du soir.  Il y a dans cette association un pôle spirituel de prière qui, pour Françoise, était très important. En 1998, elle avait accepté de faire paraître dans la Voix d'Assise, le bulletin interne au Centre, deux textes qu'elle avait écrits en écho à ce qu'elle vivait alors.

Ce sont des textes magnifiques !

Ils sont en première et deuxième partie du présent message.

Un petit mot précisait à la fin du premier texte (Voix d'Assise n° 11) :

  • « Françoise effectue un travail de présence auprès des gens de la rue.
    La pratique du Zen lui a permis de dépasser le côté émotionnel (dégoût, colère,   apitoiement). Il rend possible de tenir dans la durée, lorsque apparemment rien ne bouge»

 

Son cheminement se faisant, elle s'était peu à peu éloignée du Centre Assise tout en restant en contact avec plusieurs de ses membres dans des groupes tels que ceux de Benoît Billot et de Bernard Sénécal, et en particulier ceux du groupe biblique "Zen et Évangile" qu’il avait créé avec Jacques Breton.

Ce groupe de partage de la Parole biblique, nourri de la pratique de la méditation silencieuse, est toujours actif. Son tout dernier partage de la méditation de l'évangile de Jean porte sur la grande prière de Jésus au ch. 17 et le texte de Françoise est reproduit ci-dessous en troisième partie.

En 2014 elle s’était rapprochée de sa sœur à Caen et avait continué à s'investir dans l'aide aux personnes défavorisées en accompagnant un couple de migrants par le biais de sa paroisse.

Le cœur fatigué, elle est partie très paisiblement, dans la nuit matinale du 15 février.

Très nombreuses ont été les personnes présentes pour un ultime ‘au revoir’ à Françoise.

Une partie des textes lus lors de la cérémonie du 21 février 2020 figure en quatrième partie.

 En annexe il y a des renseignements sur "Aux captifs la libération" ainsi qu'un lien vers la vidéo d'où est tirée la photo du I.

 

 

I – Méditation de Françoise (Voix d'Assise n° 11, juin 1998)

 

Aller par les rues deux par deux

Dire à ceux qui y survivent, les exclus, les réprouvés
quelque chose de la tendresse du Père.
Quelle audace ! Quelle folie !

 Allez rencontrer ceux que l'on refuse de voir, le plus souvent parce qu'ils dérangent : le clochard effondré sur un banc, le groupe de jeunes zonards qui provoquent par leurs tenues et leurs propos, les personnes soumises à la prostitution.

 Prendre le temps de s'arrêter,
de s'intéresser à ceux qui ont été poussés en dehors du tourbillon de la ville.

 Dans la cacophonie proposer un espace d'écoute
à ceux dont on parle de façon collective et anonyme mais auxquels on donne si peu la parole comme personne.

 Se risquer dans cette aventure, les mains vides et le cœur ouvert,
sans rien proposer d'autre que respect, désir d'entrer en relation.

 Se rendre proche de ceux qui sont mis à l'écart
pour accueillir ce qu'ils sont tels qu'ils sont
avec leur densité d'être, bien au-delà de ce qu'un regard hâtif ne peut voir.

 Un chemin de vérité commence alors.
Les bonnes intentions confrontées au poids du réel vont être salutairement éprouvées.

 

Une série de renversements s'opère :

– Nous voulions tourner le regard vers les oubliés et nous avons à nous laisser regarder par eux.
Avec quelle acuité nos faux-semblants sont repérés !

– Nous désirions accueillir et c'est nous qui sommes accueillis.
Lorsque C. déploie ses cartons pour nous faire asseoir, nous avons vraiment le sentiment d'être reçus "chez elle".

– Ils nous édifient par le courage, l'endurance dont ils font preuve face à tant d'adversités et d'humiliation apportées.

– Ils nous enseignent la vraie générosité, celle qui donne de son nécessaire.
J. C. partage toujours avec les copains les fruits de sa manche.

– Avec simplicité, ils nous confient leur vie intérieure.
B. Nous parle de sa prière lorsqu'il est à bout de force. « Je l'appelle, Il vient, alors mon cœur est tout chaud. »

– Ils nous évangélisent.
F. Musulman : « Je ne suis pas sur terre pour faire de grandes choses, mais pour apprendre à aimer. »

 

Aux captifsLa rencontre de l'autre nous surprend, nous déconcerte. Elle nous apprend beaucoup sur nous-même, sur ce qu'on n'ose pas trop reconnaître, notre part d'ombre.

démarche altruiste ? Vouloir aider l'autre, c'est bien une façon de s'aider soi-même.

démarche fraternelle ? Nous sommes tout de même du "bon côté", en situation dominante.

démarche désintéressée ? On aimerait bien être utiles, efficaces ! Avoir des résultats visibles, qu'ils arrêtent de boire… ou la fameuse "réinsertion".

démarche de foi ? Nous risquons d'être dans le fantasme de toute-puissance ou dans l'attitude magique… avoir la parole qui relève, qui met en marche…

notre écoute ? Elle est brouillée, encombrée de nos projections, de nos filtres déformants.

 

Alors devant tant de lourdeur, d'opacité :
désespérer ? renoncer ?
Ou faire le passage d'une véritable acceptation du réel ?
Consentir à notre impuissance (charte de notre association)
profondément, paisiblement.
Accepter de ne pas avoir (la bonne écoute, la parole…)
Accepter de ne pas savoir qui est l'autre, il est autre.
Accepter de ne pas vouloir pour lui, à sa place.
ÊTRE
simplement une pauvreté qui rencontre une autre pauvreté,
dans la nudité fondamentale de tout être humain.

Alors il se peut que dans cet acte de dessaisissement
(jamais acquis, toujours à opérer avec persévérance)
sans que nous le voulions, naisse entre nous
comme un souffle de libération.
Rien de prévu, rien d'obligé
mais un espace qui ouvre du possible.
Engendrement mutuel
où l'un et l'autre accueillent, en eux-mêmes et entre eux,
une unité qui les dépasse infiniment,
qui les précède…

 

Voix d'Assise n° 12

II – Méditation de Françoise (Voix d'Assise n° 12, décembre 1998)

 

Mouvement de tout l'être qui se rassemble, pour se donner
Aspiration au silence, à la rencontre

Rien ne peut y faire obstacle
ni la fatigue, ni le tourment, pas même le doute
Tout ce qui m'habite en constitue la matière première

 Être là, ici et maintenant, présent
Posé avec mon poids d'existence, en toute pauvreté
Tourné vers Celui qui me fait être, me fonde

 

Quel merveilleux ami que le corps, en cette pratique
il me révèle tel que je suis (tensions, peurs, distractions)
il me guide pour entrer dans une attitude d'ouverture, de vigilance, de veille
C'est le corps tout entier, fibre à fibre, qui rentre dans la confiance
Ne rien attendre, être disponible, présent au souffle
y revenir sans cesse, avec recueillement
comme si c'était la première inspiration, ou la dernière…
Se laisser creuser, ouvrir, enraciner dans un au-delà de soi-même
Se laisser défaire, comme de vieux vêtements trop étroits
des émotions, des représentations mentales, des rôles
Être une liberté qui s'engage,
pour se laisser transformer, recréer de l'intérieur
se recevoir de Celui qui est pur Don, continûment offert
s'enraciner en Celui qui est origine première
se laisser unifier en Celui qui récapitule tout en Lui
vers qui tout converge
Naître en Celui qui est éternelle Naissance

 Mais qui me dit que je ne suis pas dans l'illusion ?

 Le lieu où se vérifie l'authenticité de la méditation
C'est la rencontre du frère : suite nécessaire, continuation naturelle
Aller à la rencontre de l'autre, c'est aussi
– accepter de quitter ses préoccupations, ses catégories,
les représentations dans lesquelles je peux l'enfermer
– s'exposer, se livrer
beau risque, sans garantie de réciprocité
acte de foi et espérance
– accepter d'être changé par la rencontre
C'est cette déprise même qui me fait devenir humain

 Alors
si le mouvement de la méditation m'a simplifié, désencombré
– je peux espérer aller vers l'autre
avec un cœur qui sache écouter
un cœur qui se laisse surprendre, enseigner
– j'accueille plus véritablement le frère dans son originalité
sa différence, son irréductible altérité

 Parce que je sais le mystère que je suis à moi-même
je peux respecter le mystère d'autrui
je deviens témoin de l'être profond de l'autre

 C'est dans cet "entre-nous" que l'Immense se donne
Il est cet "entre-nous" qui donne à chacun d'être Vivant

 

 

III – Partage sur Jn 17, la grande prière de Jésus au Père

20 janvier 2020

 

Le Fils, dès l’origine et tout au long de sa vie terrestre, est tourné vers le Père. Il se prépare à remonter vers Lui, après avoir semé des germes de vie éternelle dans le cœur de ceux qui l’ont accueilli.

L’œuvre de Résurrection que le Fils opère dans l’humanité est désormais commencée par la Parole de vie qui est donnée et reçue.

Le Fils est le témoin fidèle du Père, il sait que tout vient de Lui,

le Père ne retient rien pour lui, il donne tout :

     le pouvoir sur toute chair v.2,
     l’œuvre à accomplir v.4,
     les hommes confiés au Fils v.6-9,
     les paroles de vie v.8,
     le Nom v. 11-12
     la gloire v.22-24

Avant de rejoindre le Père, Jésus intercède pour ses disciples. Son départ ne peut être une séparation. Il prie pour que ses disciples puissent vivre de la vie même qui l’unit au Père et connaître sa joie ; ainsi, même au milieu des vicissitudes, les disciples ont la certitude profonde d’être rejoints par l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ.

Consacrés par la Parole de vérité, transformés intérieurement, les disciples peuvent alors témoigner dans le monde.

La prière du Fils s ‘élargit à tous ceux qui, de générations en générations, auront à cœur d’écouter la Parole et de la mettre en actes.

v. 24 «  Je veux que là où Je suis,  ils soient avec moi afin qu’ils contemplent ma gloire »

 C’est tout l’être divin qui veut partager sa vie divine, de façon plus intérieure et intime que sur le mont Horeb.

Jésus a été envoyé dans le monde, il a  envoyé ses disciples dans le monde, son désir profond est que le monde croie et que le monde sache qu’il est envoyé du Père. Toute l’humanité est conviée à la communion d’amour avec le Père et le Fils.

C’est par son Esprit Saint de Ressuscité que le Fils continue de faire connaître l’amour qu’il reçoit du Père et qu’Il  communique à ceux qui se tournent vers Lui.

 

IV – Extraits de la célébration du vendredi 21 février 2020

 

Françoise à Sauzon en 2014CHANT. Ta nuit sera lumière de midi

 1 - Si tu dénoues les liens de servitude
Si tu libères ton frère enchaîné
La nuit de ton chemin sera lumière de midi (bis)
Alors, de tes mains, pourra naître une source,
La source qui fait vivre la terre de demain
La source qui fait vivre la terre de Dieu.

 2 - Si tu partages le pain que Dieu te donne,
Avec celui qui est ta propre chair,
La nuit de ton amour sera lumière de midi (bis)
Alors, de ton cœur, pourra sourdre une eau vive
L'eau vive qui abreuve la terre de demain
L'eau vive qui abreuve la terre de Dieu.

 3 – Si tu abats les murs entre les hommes
Si tu pardonnes à ton frère ennemi
La nuit de ta passion sera lumière de midi (bis)
Alors de ton pain pourra vivre une Église,
L'Église qui rassemble la terre de demain
L'Église qui rassemble la terre de Dieu.

 

Lecture de la première lettre de Jean (3, 14 et 16-20)

Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort.
Voici comment nous avons reconnu l'amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères.
Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s'il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l'amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ?
Petits enfants, n'aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.
Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ; car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses

 

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu (5, 44-48)

Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.

En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait

 

           Prière universelle

Dieu de miséricorde et de clémence,
Donne-nous, pour te prier, un cœur pur,
libére-nous de nos péchés,
écoute notre prière.

Seigneur, Père de tous les hommes,
nous te prions pour tous nos frères de la terre
et d'abord pour ceux qui ne te prient pas.
Montre-leur ta lumière,
montre-nous ta lumière,
pour qu'elle nous éblouisse tous de son éclat.

Seigneur, nous te prions pour nos frères les pauvres,
ceux qui manquent d'argent,
ceux qui manquent d'éducation,
ceux qui manquent de tendresse.
Rends-nous attentifs à leur misère,
à leur désespoir ou à leur révolte.
Apprends-nous, Seigneur, à partager

Souviens-toi spécialement, Seigneur, des chômeurs,
des jeunes qui cherchent du travail
et parfois leur premier travail.
Souviens-toi de ceux qui se sentent menacés,
ou qui n'ont plus la force de tenir le coup.
Aide-nous à les aider,
pour qu'ils trouvent place dans notre société.

Nous te prions, Seigneur, pour les malades,
ceux qui ne cessent de souffrir,
ceux qui ont perdu tout espoir de guérir,
ceux qui approchent de la mort.
Soutiens-les, soulage-les, console-les,
Donne-leur la patience et l'apaisement

Souviens-toi, Seigneur, des victimes de la guerre
civile ou étrangère,
et des conflits qui ne cessent de surgir.
Abaisse l'arrogance des nations,
sauve les opprimés, relève ceux qui tombent,
accorde-nous ta paix.
Souviens-toi, Seigneur, des absents,
des prisonniers et des otages,
des réfugiés, des exilés,
des persécutés et torturés :
que chacun puisse réintégrer sa maison.

Seigneur, maître de l'impossible,
une fois de plus nous te prions pour l'Unité
avec nos frères de toutes les confessions
et pour l'amitié avec toutes les religions.
Aie pitié, Seigneur, de nos divisions,
et rassemble-nous tous dans ton amour.

Nous te prions, Seigneur, pour notre Église,
pour les militants et pour les priants,
pour les moines, pour les missionnaires,
pour les ermites, pour les religieuses,
pour les prêtres et tous les évêques,
pour ton serviteur le pape François.
Accorde à ton Église d'être vivante et pure, servante et pauvre,
et garde-nous dans l'entente et la fidélité.

Ô Toi, Dieu de tendresse et de pitié,
Dieu de justice et de miséricorde, accueille nos demandes.
Illumine notre espérance,
pour que nous puissions construire ton Royaume
sur la terre comme au ciel.
Amen.

 

fleurNous trouverons la route qui conduit au cœur des autres

● Heureux les croyants, chrétiens, juifs ou musulmans,
      en recherche de vraie communion avec le Dieu Unique.

● Heureux ceux qui ne s'enferment pas dans l'Église
      comme en un ghetto.

● Heureux ceux qui vont à la rencontre
      de ceux dont l'Église est loin
      non-croyants, croyants d'autres traditions religieuses,
      pauvres et étrangers,
      hommes et femmes d'autres cultures.

● Heureux ceux qui cheminent avec les autres
      et se rappellent la lenteur de leur propre cheminement.

● Heureux ceux qui se croyaient exclus
      et qui se sont sentis écoutés et accueillis.

● Heureux ceux qui savent ouvrir les oreilles
      après se les être longtemps bouchées.

● Heureux ceux qui savent écouter
      la richesse inédite des autres. 

● Heureux ceux qui, en parlant des pauvres et des exclus
      quand ils sont lointains,
      ne restent pas sourds à leurs cris et à leurs paroles
      quand ils sont proches.

● Heureux ceux qui entrent en communication
      avec les immigrés tout proches
      et le Tiers-Monde plus lointain
      sans les rendre encore plus dépendants.

● Heureux ceux qui cherchent d'autres langages que les mots
      pour entrer en communion avec les autres.

 ● Heureux ceux qui ne fuient pas les conflits
      mais qui cherchent à les gérer
      en refusant toujours de tuer, mépriser,
      avilir ou humilier leurs adversaires.

● Heureux ceux qui acceptent d'aimer
      même ceux qui refusent de les aimer.

● Heureux ceux qui acceptent d'exposer leurs idées
      tout en acceptant que les autres n'y adhèrent pas.

 Heureux ceux qui ne se prennent pas
      pour le centre de l'humanité.

● Heureux ceux qui suscitent dans l'Église et la société
     des lieux et temps
     où chacun puisse être reconnu
     et prendre librement la parole.

● Heureux ceux qui, sans craindre les épreuves,
     s'enracinent dans la durée et la patience,
     sans jamais se lasser de faire des petits pas
     pour rencontrer enfin les autres.

● Heureux ceux qui ont un souci de cohérence
     entre leur propre vie et les combats qu'ils mènent,
     entre leur attention aux personnes
     et leurs actions sur les structures.

● Heureux ceux qui s'en remettent à Dieu
     chaque jour dans la prière :
     ils seront efficaces par la grâce de Dieu.

● Heureux les humbles, ils aimeront comme Dieu.

● Heureux ceux qui espèrent toujours :
     ils trouveront la route
    qui conduit au cœur des autres et de Dieu.

                            Mgr Jean-Charles Thomas

 

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ANNEXE.

 "Aux captifs, la libération" est une association loi 1901, implantée au début à Paris, créée en 1981 et agréée par les pouvoirs publics. Elle a pour mission de rencontrer et d’accompagner les personnes de la rue. Son nom est inspiré de la Bible : « [L'esprit du Seigneur] m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la libération et aux prisonniers la délivrance » (Isaïe 61). Son action s’articule autour de tournées-rues, de permanences d’accueil où s’effectuent un travail d’écoute approfondi, d’un suivi social et sanitaire, et de programmes de dynamisation. Mêlant à la fois inspiration chrétienne et action professionnelle, l’association travaille en étroite collaboration avec le Diocèse de Paris et les paroisses où sont situées ses antennes locales. L’association propose, dans le respect de la liberté de chacun, des temps de partage, des pèlerinages, des célébrations, des retraites permettant d’abreuver la soif intérieure des participants.

    http://www.captifs.fr/ 

et aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Aux_captifs_la_lib%C3%A9ration

La photo mise dans la deuxième partie provient de de https://www.youtube.com/watch?v=mzrFQGtDCNg