De 1972 à 1976 Jacques Breton (à qui est dédié ce blog) est ermite en Sologne mais parallèlement il travaille avec G. Dürckheim. Sur ses conseils, quand il revient à Paris, il travaille l'Aïkido avec Maître Masamichi Noro. C'est le début d'une amitié qui durera jusqu'à la mort de Maître Noro en 2013. Dès 1979 Maître Noro crée ce qui deviendra le Kinomichi.

1998 fin de sesshin, Eizan Rôshi et maître NoroLe centre Assise repose sur trois piliers : le Zen, l’enseignement de G. Dürckheim et la tradition mystique chrétienne (mais ouvert aux autres traditions). J. Breton nommait le Kinomichi en plus des 3 piliers, souvent il l'intégrait au zen – le kinomichi c'est le zen en mouvement, cela permet aussi de pallier les dangers du zen–, mais il le mettait parfois dans le pilier Dürckheim puisque c'est par lui que J. Breton avait connu Maître Noro, du fait aussi que le kinomichi avait été influencé par G. Dürckheim.

Maître Noro – qui était un disciple de Maître Ueshiba le fondateur de l'Aïkido – avait en effet rencontré G. Dürckheim et le considérait comme très important pour lui : « Mon père, Maître Ueshiba et Graf Dürckheim ont vraiment compté pour moi. Au début des années 1970, j’ai rejoint Dürckheim au château d’Ambazac[1] et j’ai passé une semaine avec lui. Je cuisinais. Après les repas, il tenait à faire la vaisselle

Jacques Breton et maître Noro se voyaient souvent, et de ce fait maître Noro venait à Saint-Gervais à la fin des sesshin animées par Eizan Rôshi (cf la rubrique zen du blog), cette fin consistant en un moment convivial comme en témoigne la photo ci-contre.

Ce message[2] comporte cinq textes de J. Breton. Diverses notes donnent des explications ou des liens (programme du centre Assise, vidéos…)

 

 

J. Breton parle de Maître Masamichi Noro et du Kinomichi

 

1) Extrait de "Kinomichi et christianisme", un article de J. Breton[3].

Dans son centre en Forêt Noire, Graf Dürckheim m'aida à me réconcilier avec moi-même. À mon retour en France, un nom me fut donné pour poursuivre mon cheminement, celui de maître Noro.

Un jour, je me suis présenté rue des Petits Hôtels pour suivre son enseignement qui, en 1977, s'appelait "Aïkido". Je me suis trouvé face à un Japonais qui s'est tout de suite imposé à moi comme maître, tant par l'autorité qui se dégageait de lui, que par sa qualité de présence et sa compétence. Le travail m'apparut assez superficiel et je sortais des séances avec souvent mal au dos. Pourtant je persévérais, estimant que c'était, malgré tout, une bonne gymnastique.

C'est alors que maître Noro transforma entièrement son art et créa le Kinomichi[4], non sans remous chez ses élèves. Pour moi, cela était une réponse à ce que je cherchais depuis longtemps : la possibilité d'allier le corps et l'esprit dans le mouvement et dans la relation à l'autre.[…]

Étant avant tout un art du mouvement, le kinomichi favorise les gestes justes et les attitudes justes. […] Pour qu'un geste soit juste ou vrai, il faut que la personne tout entière, corps et esprit, l'exécute. Par exemple, si je tends la main pour serrer une autre main, cela peut n'être qu'un geste machinal, sans valeur ; mais si je veux en faire un geste de communion, tel que veut l'exprimer la poignée de main, toute ma personne doit être présente dans cette main.

 

2) Extrait de L'itinéraire singulier d'un prêtre catholique, un livre de J. Breton[5]

Jacques Breton et Françoise Paumard, kinomichiC'est grâce au Kinomichi, cet art japonais issu de l'aïkido que j'ai pu vivre mon corps comme lieu de rencontre avec l'autre. L'art du kinomichi, en effet, consiste à développer l'énergie interne et à la mettre au service d'un partenaire, dans une attitude de réceptivité et de transmission. Le corps participe activement à la rencontre de l'autre en créant une forme de communion à travers des exercices très programmés.

Maître Noro, le fondateur du Kinomichi, insiste beaucoup sur la présence à l'autre. Elle n'est ni possessive, ni fusionnelle, ni dominatrice et pourtant elle n'est pas passive du fait qu'il s'agit d'un mouvement qui engage toute la personne. C'est une communion d'énergie qui se réalise. Malgré leurs différences les deux partenaires ne sont plus en opposition ni en fusion. Ils se libèrent peu à peu de tout ce qui les oppose au mouvement de la vie : les tensions, les jugements, les peurs. Le mouvement n'est juste que si règne entre eux une parfaite harmonie.

C'est par le corps et dans le corps que se réalise cette transformation. Ainsi, le corps devient-il médiation et non pas seulement instrumentalisation. En laissant agir des énergies issues de notre fond, le corps se transforme et devient plus transparent, plus souple, plus vivant.

Ces pratiques m'ont permis de vivre la verticale, un des aspects essentiels de l'unité corps-esprit que j'avais déjà découvert à Rütte dans le dessin méditatif.

L'homme est à la fois de la terre et du ciel. Son lien physique avec la terre lui rappelle son origine animale, sa solidarité avec le cosmos, le rapport concret avec l'existence, mais en se détachant de la terre, il se coupe de la réalité. Le lien avec le ciel lui est aussi indispensable, sinon il se sépare de ce qui donne à l'homme toute sa dimension spirituelle. Et c'est dans son corps qu'il doit vivre sa verticalité terre - ciel. L'homme est un être debout.

Le pratiquant de la méditation zen doit sentir le contact avec la terre à travers ses ischions, son coccyx. En prenant appui sur cette terre, dans l'expiration, il laisse remonter l'énergie le long de sa colonne vertébrale pour s'ouvrir au ciel. C'est à cette condition seulement qu'il pourra être présent à sa respiration abdominale et finalement à son centre vital.

Je puis assurer combien la prise de conscience de la verticalité m'a aidé à exister en me donnant un équilibre, une grande confiance. Grâce à elle, j'ai pu m'ouvrir sans peine car je me sentais suffisamment solide pour ne plus me laisser ébranler par tout ce qui venait de l'extérieur. Cela me rendait plus disponible, plus à l'écoute de mon entourage.

 

3) Extrait de "Oui à l'inaltérable", un écrit de J. Breton

  • À un moment donné Jacques Breton avait comme projet un livre intitulé « Oui à l'inaltérable » rédigé pour moitié par lui et pour moitié par Lucie Halpille, philosophe, docteur en médecine, spécialiste en cancérologie, pneumologie, soins palliatifs[6]. J. Breton avait déjà écrit la majeure partie de sa propre contribution quand le projet a été abandonné[7].

Le zen m'avait aidé à me centrer, mais j'étais loin d'avoir découvert l'harmonie du mouvement et surtout du mouvement avec l'autre. Sous la direction de Maître Noro à mon retour de Rütte, l'initiation à l'Aïkido me fit comprendre que les exercices que je pratiquais jusque-là individuellement pouvaient se vivre à deux.

D'une manière générale, les Européens éprouvent beaucoup de difficultés à laisser faire le mouvement à travers leur corps. Cet exercice implique de vivre ce mouvement à travers la vigilance et au-delà de la pensée. Du fait de leur culture les Européens vivent souvent le mouvement comme un effort musculaire et un acte de volonté. De ce fait, leurs gestes sont brutaux, durs, lancés sans nuance. Or un mouvement "juste" est un mouvement qui part du centre dont il est l'expression.

Quand je donne une poignée de main, est-ce uniquement ma main qui rencontre l'autre ou est-ce ma personne tout entière ? Se laisser rencontrer l'autre (par une poignée de main) exige une conversion, le passage de la conscience rationnelle à la conscience intuitive. Cet éveil de conscience revient à poser la question : « Qui tend la main ? » Est-ce mon conformisme aux habitudes sociales ? Est-ce une décision de mon affectivité profonde ? Qui s'engage dans ce geste ?

Cette question ne peut se poser que si la main est en relation directe avec le centre vital, et ce n'est qu'à cette condition également que l'énergie interne pourra couler jusqu'à l'extrémité des doigts.

Souvent Maître Noro crie : « Trop dur ! Vous êtes trop dur ! » Il entend par là que le mouvement n'est plus en harmonie avec l'être profond, que l'énergie ne circule plus librement. L'Aïkido (ou le Kinomichi) est donc un véritable "art de vivre".

L'Aïkido et le Kinomichi – modification de l'Aïkido créé par Maître Noro – sont des dérivés des arts martiaux[8]. Dans la culture japonaise, ils représentent un enseignement, c'est-à-dire une méthode de discipline et de maîtrise de soi.

Jacques Breton en 2004L'un des buts de ces arts est d'enseigner à être tellement présent à toutes choses que l'on devient invulnérable. Une mauvaise utilisation de ces disciplines telle qu'on peut parfois la rencontrer en Occident est susceptible d'engendrer l'inverse de ses objectifs fondamentaux, à savoir : la violence, l'orgueil, la compétitivité. C'est pourquoi Maître Noro enseignant ces arts en Europe a été amené à les transformer pour que leur objectif primordial soit toujours respecté. L'Aïkido comme le Kinomichi sont en effet des arts au service du développement de la personnalité. Toute idée de compétition, ou de grade[9] ou d'esprit de guerre est donc exclue.

L'enseignement du Kinomichi commence par la pratique d'exercices réalisés très lentement, ce qui exige de la précision. Puis le mouvement est accéléré afin de stimuler le dynamisme et mettre en œuvre le contrôle de soi[10]. Grâce à divers exercices, toutes les articulations du corps sont sollicitées successivement jusqu'à ce que le corps entier participe à cet éveil de conscience.

La pratique du Kinomichi est à mon sens une préparation et une ouverture à la vie spirituelle[11], car il oblige à mettre en œuvre ce qu'il y a de plus profond en nous-mêmes : l'attention, le respect de soi-même et de l'autre, le lâcher-prise de nos tensions, l'abandon de notre moi dominateur. Ces attitudes sont indispensables pour s'ouvrir à une autre dimension de vie.

Les points qui me paraissent fondamentaux dans l'art de Maître Noro sont les suivants :

  • apprendre à accueillir la force de l'autre pour la faire passer en soi, puis la restituer à l'autre ;
  • développer le yin de notre nature, pour redevenir yang l'instant suivant ;
  • s'harmoniser avec l'autre au point qu'on ne sait plus qui impulse le mouvement et qui le reçoit ;
  • habiter sans cesse sa verticale afin de se donner à l'autre sans se perdre soi-même ;
  • apprendre à faire vivre le mouvement à la fois dans la spirale et la sphère : la spirale permet à l'énergie de s'écouler selon son mouvement naturel ; la sphère est la forme véritable du corps, instrument de l'énergie qui circule ;
  • conduire un contact juste, ni dominateur, ni timide, qui accueille l'autre dans ce qu'il est.

Par les exercices, peu à peu nous apprenons à vivre une relation plus équilibrée avec un partenaire. Nous nous éveillons aux possibilités et à la personnalité de l'autre. Par cet éveil nous retrouvons en nous comme en miroir toute la gamme des possibles que nous décelons chez l'autre.

Par son enseignement, Maître Noro participe donc à l'éveil de l'esprit. Car plus notre corps devient vivant, présent, plus il s'ouvre à la vie intérieure. L'apprentissage de contrôle de soi enseigne à ne pas se laisser emporter par la colère, l'agressivité, la possession, les diverses pulsions. Rechercher l'harmonie en soi et avec l'autre est une préparation à vivre ce qui est essentiel dans la vie spirituelle : la paix et l'amour[12].

 

Maître Noro, photo du livre de R Murcia4) L'apport du Kinomichi dans le cheminement qui se vit au Centre Assise[13].

  • En novembre 2012 Jacques Breton a commencé d'expliciter la charte d'Assise[14]. Il a repris chacun des trois piliers (Zen,  enseignement de K. G. Dürckheim...) mais il a ajouté un paragraphe sur le Kinomichi entre "Zen" et "enseignement de K. G. Dürckheim". Le voici.

Le Kinomichi peut être un très bon complément du zen : il est le zen en action et permet aussi de pallier les dangers du zen.

  1. En développant le mouvement de spirale, il supprime le risque de durcissement, de raideur que peut provoquer le zen.
  2. Dans le kinomichi tous les exercices se font à deux dans un mouvement relationnel de don, d'accueil et d'union. Il s'oppose au risque d'individuation.
  3. Il va développer les énergies internes, surtout grâce à la canne et au bokken (sabre de bois)[15].

 

5) Hommage à Maître Noro par Jacques Breton, le 14 mai 2013.

Maître Noro, fondateur du kinomichi vient de nous quitter (le 13 mars). Je l'ai bien connu comme disciple et comme ami, et j'ai toujours eu beaucoup d'estime pour lui. J'affirme qu'il fut pour moi comme un Maître sur mon chemin de réalisation. Il a été formé au Japon  par Maître Ueshiba, le fondateur de l'aïkido, qui l'a envoyé en France pour enseigner cet art martial. Il eut beaucoup de disciples, mais victime d'un grave accident de voiture cela lui a permis de connaître d'autres méthodes qui l'ont aidé à retrouver la santé. Cela l'a conduit à modifier son art. Ayant vécu ce changement, j'en ai apprécié les bienfaits. Moins dépendant de la technique acquise, il s'est rendu plus présent à ses disciples. Son intelligence du corps, son attention à ce qui est juste, sa disponibilité ont donné à son art une autre dimension. Inspiré par K. Graf Dürckheim, il a compris qu'une technique n'est vraie que si elle s'adapte au "corps qu'on est", si le geste engage la personne tout entière dans une dimension terre / ciel. Il a énormément insisté aussi sur la juste relation avec le partenaire pour ni le posséder, ni le dominer, mais lui être présent. Le mouvement pour lui doit partir du fond pour lui donner souplesse et harmonie.

Au fond, l'art qu'il nous enseignait nous aidait à être plus humain, plus vrai, plus fort, plus juste. Comme nous lui sommes reconnaissants, et puisse son art se poursuivre comme un trésor merveilleux qu'il nous a laissé !

 

ANNEXE

 

Livres parus sur le Kinomichi.

  • 1992 La pratique du Kinomichi avec maître Noro, Daniel Roumanoff, Editeur Criterion, Collection L'homme relié, 381 pages.
  • 1996 Le Kinomichi, du mouvement à la création. Rencontre avec Masamichi Noro. Raymond Murcia, Editeur Dervy-Livres, Collection Chemins De L'harmonie, 160 pages.
  • 2014 Le Kinomichi - Un art martial sans combat, Bernard Hévin, éditions DERVY.

 

Informations historiques.

Le terme "kinomichi" a été créé par Maître Noro, c'est une marque déposée par ses soins en 1983  qui est tombée dans le domaine public en 2017.

La Fédération Française d'Aïkido, Aïkibudo et Affinitaires (FFAAA ou 2F3A)  a été créée en 1983. C'est en 2001 que le groupe Noro-kinomichi la rejoint. Elle regroupe trois disciplines : l’Aïkido, l’Aïkibudo et le Kinomichi et est agréée par le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports; c'est là que les pratiquants de kinomichi prennent leur licence. Aïkido-magazine est la revue de la FFAAA.

Dans la foulée de l'intégration du Kinomichi au sein de la FFAAA, Maître Masamichi Noro a créé la K.I.I.A (Kinomichi International Instructors Association) qui regroupe les instructeurs internationaux du kinomichi (Cf. www.kinomichi-kiia.com ).



[1] En 1969, il y a le décès de Maître Morihei UESHIBA. C'est en 1970 que Maître Masamichi NORO rencontre K. G.DÜRCKHEIM, qui devient son père spirituel occidental.

[2] Un message ultérieur parlera du Kinomichi pratiqué au centre Assise où il est enseigné par Françoise Paumard. On peut déjà voir ce qu'en dit Le programme du centre Assise en 2017-2018  (ou même http://www.centre-assise.org/) ou aller voir sur son site personnel https://www.kinomichi-resonance.fr/.

[3] L'article de Jacques Breton "Kinomichi et christianisme", sera un jour publié en entier sur le blog.

[4] Voir ce que Maître Noro dit du passage de l'Aïkidô au Kinomichi au début du II. On peut voir les mouvements de base du Kinomichi réalisé par Maître Masamichi Noro sur https://www.youtube.com/watch?v=HcX6Zsg1Pzs  

[5] L’itinéraire singulier d’un prêtre catholique. La traversée de l’obscur, L'Harmattan 2011. Cet extrait se trouve p.98-99.

[6] Lucie Halpille est venue le 6 octobre 1993 donner une conférence à la salle de la rue Quincampoix « Approche de la mort et accompagnement spirituel » dans le cadre des rencontres d'Assise. À l'époque il y avait 1 ou 2 rencontres par trimestre le mercredi soir à 20 h 45.

[7] L'extrait qui figure ici se trouve p.31-33 du manuscrit. C'est dans la deuxième partie : « L'histoire personnelle comme théophanie », dans le A de cette partie intitulé « Les attitudes corporelles : du corps que l'on a au corps que l'on est » qui comprenait trois chapitres (le corps, le cœur, le souffle) ce qui figure ici est à la fin du premier chapitre après des réflexions sur le zen. Aucune date ne figure sur les pages de ce projet. L'ensemble de ce qu'a écrit J. Breton figurera un jour sur le blog.

[8] "Arts martiaux" est la traduction courante du terme japonais budô (武道) où bu (武) signifie "guerre" et (道) signifie "voie".

[9] Alors qu'en Aïkidô il y a des grades (les "kyu" puis les "dan"), à l'intérieur même du Kinomichi il n'y avait à l'époque aucun grade, seulement des étapes, l'étape principale étant celle où le pratiquant est autorisé à porter le HAKAMA (jupe-culotte traditionnelle ou éventuellement jupe simple). Des grades ont été introduits en 2018 car pour les enseignants la législation française le réclame.

[10] « La richesse technique se décline sur différents degrés de rapidité, de difficulté et de liberté. Chaque niveau n'est en rien inférieur au suivant, mais prend sens comme transition progressive vers ce qui se découvre par la suite, comme un appel à avancer. » (http://www.kiia.net/fr/2-Maitre-Masamichi-Noro.html )

[12] « Après avoir construit son art sur le Ki, le souffle, et sur les techniques de l'Aïkido, Maître Masamichi Noro forme ses enseignants à orienter aussi la recherche sur l'étude du Shin, le cœur, qui illustrent l'ensemble de la création de Maître Moriheï Ueshiba.» (http://www.kiia.net/fr/2-Maitre-Masamichi-Noro.html ) « Au-delà du KINOMICHI, j’aimerais créer le KISHINDO, l’énergie du cœur. Ce sera la deuxième étape. Nous chercherons ce qu’est le cœur. Le monde entier parle du cœur mais personne ne sait répondre. Difficile de répondre intellectuellement à cette question. » (Interview de Maître Noro)

[13] Le Kinomichi lui-même est enseigné au Centre Assise, voir note 2.

[15] Le (杖) est une canne et le mot bokken (木剣) signifie littéralement "sabre de bois". On peut voir le travail avec jô et bokken dans le cadre des mouvements de base du kinomichi sur https://www.youtube.com/watch?v=xmp1jqcSy3g mais le travail avec le jô est aussi celui des kumijô qu'on peut voir sur https://www.youtube.com/watch?v=ei1tt7ij7js  dans le cadre de l'aïkidô. Maître Noro a très vite proscrit le terme "armes" pour désigner le jô et le boken  car le terme s’apparentait, pour les occidentaux à la notion d’attaque, d’agression, mais comme le dit François Forni, Maître Noro décrivait le bokken (ou la canne) comme « outil de réalisation de soi…outil incontournable pour une bonne pratique du Kinomichi… ». Ces pratiques, seul ou avec partenaire, permettent « de développer davantage le souffle et l’espace du mouvement ». Le jô et le bokken sont enseignés presque dans toutes les sections de Kinomichi.

Il existe aussi la pratique du sabre dont parle Maître Noro dans le II. Le Iaïto (居合刀) est un sabre en métal. Maître Noro lui-même l'enseignait, et lors de certaines cérémonies il en faisait une démonstration. « Le sabre est d'une beauté parfaite. Il est le miroir de l'âme. Il faut le tenir fermement pour qu'il ne tombe pas des mains mais en même temps, il faut sentir toute la lame et au-delà. »