C'est au tout début de 1989 que le centre de Saint-Gervais a été inauguré, le premier sesshin ayant eu lieu en janvier. Cela fait donc trente ans. Voici quelques échos de ces trente années écoulées en commençant par la première annonce faite par J Breton avant d'acheter la propriété, et des échos des premiers travaux d'aménagement.

 

 Les 30 ans d'activités d'Assise à Saint-Gervais

 1989-2019

 

I – En 1988, annonce de l'achat de la propriété de St-Gervais

 

1) Lettre de J. Breton intitulée "Assise, pour la création d'un centre de cheminement à St-Gervais".

Chers amis

Depuis une dizaine d'années, à la suite d'une formation reçue à Toodmos-Rütte auprès de K. Dürckheim, j'ai essayé de transmettre en France l'expérience que j'avais vécue en Allemagne : libération progressive des blocages, découverte de la profondeur de notre être et de l'unité enfin trouvée entre le corps, la psyché et le spirituel.

Il y a eu un commencement très discret à Évry, à Saint-Merri, à l'Agora Sèvres. Mais le nombre des participants augmentant, j'ai dû créer d'autres groupes d'ouvrir d'autres lieux, entre autres au 40 de la rue Quincampoix. […]

C'est pour répondre à la quête intérieure des hommes de notre temps que nous venons de créer une association : Assise. Elle a pour but d'élargir les possibilités d'accueil, grâce à une équipe d'animateurs. Elle permettra à tous ceux qui le désirent de participer au développement de ce projet.

Mais pourquoi, en plus, avoir décidé d'acquérir une grande maison près de Paris, alors que nous avons l'appartement de la rue Quincampoix où s'exercent déjà de nombreuses activités ?

Situé en plein cœur de Paris, proche du Châtelet, donc facile d'accès, il offre un cadre de silence assez agréable, avec une pièce suffisamment grande pour accueillir 40 méditants, 15 pratiquants d'exercice en mouvement, avec en plus un petit oratoire et des petites pièces aménageables par la suite.

Rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de l'abandonner. Cependant, il a aussi ses limites.

 Pour un véritable cheminement, d'autres conditions sont indispensables :

  • pour progresser de manière juste, il faut du temps. Un sesshin, un week-end, un séjour permettent d'aller plus loin dans la découverte de soi-même.
  • Le contact avec la nature est nécessaire pour retrouver l'harmonie avec le cosmos, pour purifier les sens, développer l'enracinement par le contact avec la terre.
  • La présence d'une communauté permanente[1] est importante pour mieux vous accueillir, animer les méditations et les rites, donner au lieu qui vous reçoit une certaine atmosphère.
  • Il faut un cadre qui soit adapté à ce que vous voulez vivre, avec du silence, un certain dépouillement, une maison qui incarne l'esprit propre à ce Centre.
  • Chacun doit pouvoir y être créateur, y apporter sa pierre, selon ses qualités propres, en particulier au moyen du travail manuel.
  • Enfin, à titre personnel, j'ai besoin d'un lieu où je puisse suffisamment me ressourcer pour être présent à tous ceux qui désirent me rencontrer pour cheminer.

 Ce lieu, nous l'avons trouvé. Nous avons même déjà signé la promesse de vente. Il s'agit d'une grande maison située dans un domaine de 27 ha, à St-Gervais près de Magny-en-Vexin (Val-d'Oise).

Elle présente de grands avantages :

  • elle est assez facile d'accès, pas très loin du terminal RER de Cergy-Pontoise, un car assure une navette.
  • La propriété est belle, vallonné, avec de grands prix et de très beaux arbres.
  • Cette maison se trouve tout près d'une très belle et vieille église. Les fondations ont appartenu à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
  • Nous sommes assurés d'un grand silence, étant donné l'étendue du domaine.
  • Elle est très fonctionnelle, ce n'est pas un château. Les quatre étages permettent d'aménager plusieurs grandes pièces, 25 chambres environ, et un oratoire dans une belle cave voûtée donnant sur le jardin.
  • Elle comporte plusieurs dépendances dont une grange et une maison de gardien.

Elle est relativement bon marché puisque, grâce à la revente d'une toute petite partie lotissable, elle nous reviendrait à 2 millions de francs auxquels il faut ajouter 1 million de travaux.

 Disposant actuellement de 2 millions de francs, il nous reste donc environ 1 million à trouver. C'est pour réunir ce complément que nous avons constitué une société civile immobilière qui va acheter le domaine et le mettre à la disposition d'Assise. […] Si donc vous êtes intéressés par ce projet, remplissez le bulletin de souscription ci-contre et renvoyez-le nous le plus tôt que vous pouvez.

D'avance, je vous remercie de tout cœur.

        Jacques Breton

 

centre Assise, St Gervais

2) Pourquoi un centre près de Paris ? (D'après le flyer de publicité du centre Assise)

Les Parisiens et même les habitants de la banlieue parisienne ont besoin plus que d'autres d'une aide humaine et spirituelle. Ils sont souvent déracinés de leur région d'origine et ont beaucoup de difficultés à retrouver un cadre de vie, un environnement humain, une communauté spirituelle.

Quels en sont les axes ?

1. Offrir dans un cadre accueillant, dans la nature, calme, la possibilité de vivre un silence, d'avoir des échanges humains.

2. Permettre un travail sur soi-même pour retrouver un équilibre de vie, une unité intérieure, pour développer les potentialités psychiques, apprendre à se libérer de toutes les tensions, crispations et blocages…, établir de meilleures relations avec autrui, découvrir sa véritable identité.

  • avec l'aide de thérapeutes spécialisés, formés dans le centre de Dürckheim en Allemagne par le dessin méditatif, le travail de l'argile, la leibthérapie…
  • ou bien par des méthodes qui nous viennent de l'Orient : kinomichi, taî ji quan, yoga, etc.

3. Ouvrir à la dimension spirituelle, au mystère que l'homme porte en lui par des exercices d'intériorisation et d'approfondissement dont la pratique du zazen reste l'essentiel, par un enseignement, des échanges, des entretiens particuliers, par la présence d'une communauté chrétienne avec sa prière et ses rites.

4. Le centre est ouvert à tous ceux qui ont une recherche spirituelle, quelle que soit leur religion, ou qu'ils soient sans religion. Il sera un lieu de rencontre de différents courants spirituels.

Régulièrement seront organisées des rencontres, des conférences, des visites de tels ou tels maîtres spirituels.

 

II – Les débuts du centre de Saint-Gervais

 

1) Article d'Agnès Watier (Voix d'Assise n° 0, Décembre 1993)

Que de changements, de transformations depuis ce premier été il y a cinq ans où quelques personnes ont débarqué, les unes après les autres, pour voir un peu de quoi il s'agissait. Il était question d'un samu, travail dans l'esprit du zen.

Le samu de cet été-là a consisté à restaurer les nombreux volets. Nous étions toujours une douzaine ; comme par un fait exprès, quand une personne partait, une autre arrivait.

À cette époque, la maison de Jacques Breton faisait office de cuisine, salle de méditation, chapelle, et son jardin faisait office de salle à manger.

Dans la grande maison il n'y avait pour électricité que des bougies et des lampes de poche, un seul point d'eau au rez-de-chaussée pour les commodités, quelques matelas et… de la poussière, beaucoup de poussière.

Le zendo et la terrasse étaient alors l'atelier de peinture où s'alignaient les volets.

La chapelle ?... Une cave à charbon où il ne manquait que le charbon.

Le potager ?... Un champ d'herbe. Il y a bien eu quelques essais pour y faire entrer un motoculteur… mais l'entrée était trop petite ou l'engin trop gros, et le motoculteur est resté à l'extérieur.

Le parc ?... Un genre de forêt vierge avec néanmoins quelques années praticables. Mais les chevreuils étaient déjà là à nous attendre, ils se signalaient par leurs cris.

Le jardin autour de la maison ?... Des tas de gravats qui atteignaient le premier étage, des herbes folles et du lierre qui recouvraient les murs et les escaliers.

Déjà à la fin de l'été, la maison avait meilleure façade avec ses volets repeints de neuf, mais surtout était semé un germe de vie. Cette vie qui n'a fait que croître depuis.

Ce samu s'est poursuivie au cours de l'automne. Et fin décembre, avec beaucoup d'acrobaties, la maison était fin prête pour accueillir la nouvelle année 1989. De nombreux sommiers s'étaient glissés sous les matelas, la poussière avait presque disparu, la cuisine était aménagée… c'était un semblant de luxe. Un petit chemin traversait même le tas de gravats !

Un groupe de méditants a veillé toute la nuit dans la chapelle terminée depuis peu. Ce fut la première "Nuit du jour de l'an".

Dès cette année 1989, le centre a accueilli les activités qui jusqu'alors se déroulaient dans des lieux extérieurs : les sesshins – le premier a eu lieu en janvier – la semaine sainte et les sessions d'été.

Puis l'année suivante, quelques week-ends ont été programmés. Leur nombre n'a fait que croître au cours des années.

 

2) Par J. Breton : la dure réalité des débuts (Itinéraire singulier d'un prêtre catholique p. 124-126)

 Dans l'enthousiasme du départ, une trentaine de membres d'Assise sont venus donner de leur temps pour restaurer la maison pendant l'été 1988 qui a suivi l'achat de la propriété. La peinture des 75 volets a suffi à nous occuper. Mais par la suite, je me suis retrouvé quasiment seul pour poursuivre les travaux. Ce fut pour moi une très rude épreuve. Dans cette maison abandonnée depuis plusieurs années tout était à refaire : toiture, chauffage, électricité, sanitaires… Il fallait aussi prévoir de restructurer certaines pièces, abattre des cloisons et en reconstruire d'autres. À part la cuisine qui fut conçue par deux membres d'Assise, tout le reste demeurait à ma charge. Je fus seul à prendre les décisions et, là, je reconnais que j'aurais dû davantage écouter certains membres de l'équipe fondatrice. Mais je me suis senti investi d'une mission que je pensais être seul à mener et me suis laissé séduire par un petit entrepreneur fortement recommandé par des voisins. Que de malfaçons a-t-il fallu par la suite réparer ! Je n'avais que des déboires avec lui ; il fut pour moi cause de bien des soucis et de peines que j'étais seul à porter, jusqu'au jour où il a dû déposer son bilan.

D'autre part, comme aucun membre responsable n'habitait sur place, j'ai dû accueillir des personnes pour m'aider à gérer le centre et travailler à l'aménagement du domaine, mais la bonne volonté ne suffit pas. J'ai manqué de jugement. Trop content d'avoir de la main-d'œuvre, je me suis peu soucié de l'état psychique et spirituel des personnes qui se présentaient. Si j'avais établi un petit règlement, je n'exigeais d'elles aucun engagement. […]

Certaines personnes me conseillaient d'arrêter ce projet et ce fut une véritable tentation. Beaucoup de souffrances, peu de résultats, aucun soutien de la part de l'évêché de Paris dont je dépendais, que de raisons d'abandonner ! Heureusement, quelques personnes me sont restées fidèles et m'ont aidé à poursuivre le chemin.

Finalement, pour sortir de cette situation devenue insoutenable, j'ai dû fermer le centre pendant plusieurs mois, exigeant le départ de tous. Ces mois d'arrêt me furent salutaires. Ils m'ont permis de prendre du recul et de mieux saisir les faiblesses de la situation. Au fond, je m'étais laissé piéger par mon tempérament trop solitaire, trop peu sûr de lui. Je peux dire maintenant que le centre a tenu grâce à l'Esprit qui n'a cessé d'agir malgré mes faiblesses et mon manque d'expérience. Il a été le vrai fondateur, je n'ai été que le simple organe de son action. C'est pour cela que je crois toujours à l'avenir d'Assise. Je mourrai un jour mais l'Esprit demeurera toujours et donnera à mes successeurs les moyens de poursuivre la tâche.

 

III – Les premières AG en 1989

 

1) À l'AG du 28 janvier 1989 (Extrait du compte rendu)

 Jacques Breton a d'abord fait le bilan des activités de l'association depuis un an. L'événement marquant en est évidemment la naissance du centre de Saint-Gervais qui, grâce à l'aide de nombreuses personnes, a pu démarrer officiellement dans la nuit du jour de l'an. Mais le centre de la rue Quincampoix n'est pas en reste, il est devenu plus fonctionnel et organise à présent deux conférences par trimestre[2]. Ce sont bien deux pôles complémentaires d'une même association. […]

En conclusion de son bilan, Jacques Breton rappelle les deux dimensions de notre spiritualité :

  • la dimension verticale qui est première : il s'agit pour nous de nous enraciner ;
  • la dimension horizontale : nous avons à vivre une véritable fraternité entre nous, un courant de confiance doit circuler dans cette association. Celle-ci n'est pas seulement un instrument juridico-financier, c'est un moyen de progresser sur le chemin spirituel, pour vivre une spiritualité incarnée.

 

2) À l'AG du 24 juin 1989 (Extrait du compte rendu)

 N B : À cette époque on distinguait les simples adhérents et les membres actifs. Assez vite des week-ends réservés aux membres se mettent en place (une personne garde les enfants pour permettre aux familles de venir).

 Une cinquantaine de personnes ont participé à cette rencontre qui se tenait à St-Gervais. Rappelons qu'il s'agissait de la première AG officielle de l'association, puisqu'elle réunissait uniquement ceux qui se sont engagés à être "membres" d'Assise. À noter également la présence de Sylvie Hartung, responsable du centre de Fleurier en Suisse et membre d'honneur de notre association.

Une dizaine de personnes ayant dû s'excuser, c'est actuellement une soixantaine de membres que compte notre centre.

En introduction Jacques Breton a rappelé que le Centre qu'il a voulu correspond à sa propre histoire. D'abord il repose sur les trois piliers de son approche spirituelle : sa rencontre avec Dürckheim, son cheminement dans la voie du zen, et son engagement comme prêtre catholique dans la tradition mystique chrétienne. Mais l'orientation d'Assise est aussi liée à son tempérament personnel, d'où trois principes essentiels :

  • le respect, par rapport à soi-même, par rapport aux autres. Plus que de tolérance, il s'agit d'accueil de l'autre.
  • l'image des "bœufs tirant la charrue" : on avance lentement mais on creuse, sans se décourager, toujours plus profond, dans le même sillon. Se dépouiller du fatras, ne pas se disperser.
  • L'ouverture : rester ouverts sur le monde, aux autres traditions, sans sectarisme.

Voulu par Jacques, ce centre n'en est pas moins voulu par l'Esprit Saint, qui nous porte intérieurement.

 

3) Lettre aux amis (dans le programme 1989-1990).

 Chers amis,

Notre Assemblée Générale s'est déroulée comme prévue le samedi 24 juin à Saint-Gervais dans un climat de bonne entente… Un grand nombre de sujets ont été abordés…

Nous avons redéfini l'esprit dans lequel ce centre veut vivre. Vous en connaissez les trois piliers : Graf Dürckheim, le Zen, la tradition mystique chrétienne. Nous avons pris conscience qu'un long temps est nécessaire pour que cet Esprit s'incarne dans notre réalité humaine. Si la maison de Saint-Gervais existe et est déjà bien accueillante, il y a encore beaucoup d'efforts à faire pour qu'elle devienne un véritable lieu de cheminement.

Je me rappelle encore durant la dernière guerre, quand il n'y avait plus d'essence, ces magnifiques attelages de bœufs qui avançaient très lentement, toujours du même pas, pour tirer la charrue. Mais ils creusaient très profondément la terre.

Je pense que pour nous aussi il est préférable d'avancer très lentement pour que le centre prenne corps progressivement et reste fidèle à l'Esprit qui l'anime. À vouloir aller trop vite ne risquons-nous pas d'imposer notre volonté au lieu de nous mettre à l'écoute de cet Esprit qui seul peut faire de nous et de ce Centre une réalité vivante et spirituelle.

En toute amitié,

   Jacques BRETON

 

IV – Le bulletin interne "La Voix d'Assise" né en 1993

 

Premier éditorial de la Voix d'Assise, n° 0, décembre 1993

Signé par Michèle Vayron[3]

 

Voix d'Assise n° 0Si, entre nous, le lieu essentiel de la Rencontre est ce silence que nous avons choisi pour "revenir vers…", nous "mettre à l'Écoute" ; si, pour cela, il nous est possible de nous retrouver physiquement dans un même endroit – la rue Quincampoix, le centre de Saint-Gervais, celui de Rennes –, il apparaissait nécessaire depuis un certain temps déjà aux adhérents et aux membres d'Assise d'approfondir, de concrétiser cette union – cette communion du Souffle –, à la fois tissée au fil de notre pratique de zazen et naissante, renaissante, à chaque temps de méditation vécu seul ou en groupe.

Nous avions donc émis l'idée au cours d'Assemblées Générales de faire paraître un bulletin d'association qui soit un nouvel espace de rendez-vous, reflétant à travers la matière, la chair du mot, ce qui nous relie au sein d'Assise dans un "même point de Vie", sans pour autant nous lier, pieds et poings, à un même point de vue.

De l'idée à la réalisation, nous avons eu à parcourir l'immense distance du faire, sur laquelle surgit immanquablement l'obstacle du temps disponible qui, pour une action commune, devient la haie difficile à sauter ensemble… quelques-uns ont pu la franchir, sous l'impulsion dynamique d'Agnès Watier. Quelques-uns seulement… c'est pourquoi ce numéro est le n° 0, modeste murmure annonciateur de la et des Voix d'Assise qui donneront au n° 1 sa juste tessiture. L'essai devait être tenté… tout fleuve ne naît-il pas dans le murmure d'une source ?

Ce bulletin pourra donc être pour la Voix d'Assise une caisse de résonance d'où vibrera son esprit. Le message qu'elle laisse monter jusqu'à "l'ouïe" de notre Cœur n'étant ni une philosophie ni une idéologie mais une incitation à passer à l'Acte de la Connaissance Intérieure à travers l'Exercice – au sens d'Exercice initiatique –, nous resterons très… pratique. Les animateurs intervenant dans le cadre de l'association pourront nous présenter leur activité et les ateliers régulièrement proposés, d'une manière plus détaillée que ne peut le faire un programme annuel. Pour ce premier numéro, Bénédicte de Nazelle et Andrée Couet (De la Terre au Ciel) donnent l'harmonique. De plus, le centre Assise reposant sur le Hara et non sur le nombril, les "voix extérieures" – celles déjà entendue lors des soirées rencontre ou celles à découvrir– seront également invités à témoigner de leur propre cheminement.

Lorsque la Voix d'Assise s'atomise, elle retombe en fine rosée de Voix… les vôtres ; et nous attendons qu'elles nous parviennent de tous les petits bancs de bois ou zafus de France et d'ailleurs : Christiane Bourget a sauté du sien pour nous apporter des nouvelles du groupe de Rennes. Cependant, en prévision du phénomène bien connu d'hésitation à prendre la parole lorsqu'elle nous est offerte, Françoise Pontillon à préparer une gamme de tonalité en nous invitant à élargir de nos nuances, nous rappelant aussi que du plus matériel au plus subtil de notre quotidien, l'Être n'a pas de domaine privilégié.

Pour conclure cette présentation, souhaitons que ce bulletin trouve son… assise, qu'il nous permette de continuer ensemble sur la Voie.

Cette voix sur laquelle nous accompagne un homme – Jacques Breton – celui qui a, il y a quelques années, semé en terre une graine, cette association, dans la seule intention d'ouvrir notre Cœur à notre Profonde Nature, de nous amener à accueillir, à re-connaître au-delà des bruissements de l'existence l'Appel à la grande Vie, du Tout Autre. Par sa voix, recueillie par Catherine Brut, nous pouvons entendre qu'il peut être donné à chacun de vivre l'expérience de l'Être.

 

Quelques références correspondant à des choses dites dans cet éditorial :

Bénédicte de Nazelle et Andrée Couet (De la Terre au Ciel) animaient en collaboration et week-end au centre de Saint-Gervais, selon un travail lié à K Graf Dürckheim. Dans le numéro 0, André Couet (décédée depuis) présentait "Mieux être par la peinture", une méthode de peinture élaborée par Margarethe Hauschka, médecin anthroposophe ; Bénédicte de Nazelle présentait le travail avec l'argile "se laisser former, informer, transformer".

Le zafu est le coussin de zazen utilisé par de nombreux pratiquants de zen, il est en général rond et bourré de kapok. Il faut savoir que le zazen est la pratique commune à tous les membres de l'association.

À l'époque existait un groupe zen à Rennes, coordonné par Christiane Bourget, où Jacques Breton intervenait régulièrement lors de week-ends.

 

V – Assise en mutation dans les années 1994-97

 

1) Oct. 1994 : Week-end des membres, écho de Nicole Van Leer (VA n° 3)

 Nous avons commencé le week-end le samedi à 16 h par une méditation.

Ensuite, présentation des 30 participants. Beaucoup de nouveaux étaient présents à ce week-end. Jacques Breton a fait l'historique de la maison de Saint-Gervais, ancienne bergerie appartenant à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui a été agrandie par la suite.

Jacques Breton a parlé de la vocation d'Assise, et particulièrement de Saint-Gervais, lieu de silence, de paix. Il a rappelé la mission première d'Assise : centre de cheminement selon K. Graf Dürckheim, se référant au zen, enraciné dans la tradition chrétienne mais ouvert aux autres traditions spirituelles. Il se sent le canal, l'intermédiaire de l'Esprit qui anime ce centre.

Sur le plan de l'association, chacun doit se sentir responsable, ne pas être passif, s'impliquer tout en marchant ensemble. Lecture fut faite de la charte[4]. L'Esprit qui anime ce centre doit s'incarner pour permettre développement et croissance.

L'après-midi s'est terminée par l'Eucharistie.

 

Le dimanche, après la méditation du matin, les participants se sont à nouveau réunis pour aborder le thème et le questionnaire proposé : « Comment définissez-vous votre identité à partir d'un texte, d'un dessin, etc. ? Quelles sont les difficultés ressenties dans cette recherche ? »

Chacun a fait part de son témoignage et de son expérience. Les exemples de cette identification furent nombreux :

  • Un grain de blé qui doit éclore…
  • Un arbre, un chêne solide, enraciné dans le sol mais dont les branches sont parfois fragiles…
  • Un dessin représentant la conscience du corps…
  • Une thérapie par l'argile qui fut révélatrice…
  • La complexité d'une forêt faite d'arbres séculiers mais avec, aux pieds, des broussailles qu'il faut écarter.
  • Des enveloppes de toutes couleurs superbes, mais qui ne sont que le contenant, donc opposition du fond et de la forme, avec une priorité sur le fond…
  • Un orchestre : l'instrument à définir, afin qu'il y ait harmonie et cohésion…
  • Également identification très poétique à l'eau, au feu, à la pierre…
  • Des expériences de rêve, ils sont révélateurs de prises de conscience…
  • La lecture d'un texte définissant l'identité par l'identification des phrases choisies…

Beaucoup d'émotion, d'humilité, de franchise sont apparues dans ces témoignages. Lorsque le masque tombe, les découvertes sont extraordinaires. C'est la vocation d'Assise de se trouver, se retrouver ou se chercher.

Cette matinée fut riche en partage avec une confiance totale en l'autre. Elle se termina par l'Eucharistie célébrée tout particulièrement à l'occasion des 40 ans de sacerdoce de Jacques Breton. Là aussi, l'émotion fut partagée par tous, nombreux dans la chapelle.

 

L'après-midi de ce dimanche fut consacrée à certains problèmes pratiques concernant Assise, à savoir : organiser des week-ends de samu (pour l'entretien du parc et de la maison, le travail dans le potager…), faire appel de plus en plus aux bonnes volontés, chacun selon ses compétences.

La journée s'est terminée par une promenade dans ce beau parc, aux couleurs automnales où nous avons surpris deux chevreuils.

Ce week-end des membres fut une réussite grâce à l'implication de chacun et à la prise de conscience individuelle et collective.

 

2) Juin 1995 : Assise en mutation, par Frédéric Delarge (VA n°5):

 Depuis cinq ans l'énergie d'Assise s'est investie dans la gestion de la grande maison et de son parc achetés par Jacques Breton à St-Gervais. Mais acheter ne suffit pas. Il a fallu tout d'abord transformer matériellement la maison, organiser un secrétariat, prévoir et gérer les sessions, imaginer une organisation et financer l'ensemble. C'était le temps des bases à jeter, des fondations à creuser. Cela ne se fit pas sans difficulté ni erreurs… parfois lourdes. Ce fut donc aussi un temps d'apprentissage.

Cependant ce temps d'apprentissage se fit toujours dans « le but d'aider ses membres à devenir ce qu'ils sont fondamentalement, enracinés dans leur profondeur d'être et ouverts à leur véritable dimension qui est spirituelle » (cf. la charte d'Assise[5]). Le centre de Saint-Gervais est là pour le service de développement des membres et rien d'autre.

Depuis un an nous avons cependant pris conscience que si nous voulions rester fidèles à l'esprit de la charte, il fallait réfléchir à une profonde réorganisation qui serait en même temps un approfondissement du projet. En effet le fonctionnement interne du centre laissait à désirer et certains objectifs que Jacques Breton lui avait donnés étaient presque oubliés. Il nous a fallu faire un bilan matériel mais aussi moral et spirituel.

Pour ce faire le travail d'analyse réalisé par Maurice et Victoria a été d'une exceptionnelle richesse. Je ne soulignerai ici que les principales difficultés, en particulier organisationnelles (mais cela n'est pas sans conséquence sur l'esprit de la maison) qu'ils ont décrites :

– Le but de tous est l'amélioration et le développement de l'accueil à St-Gervais, mais pour certains plus dans une logique d'entreprise avec une équipe de salariés dont le souci principal est l'efficacité matérielle ; pour d'autres dans une logique de vie communautaire, la communauté partageant une pratique spirituelle et matérielle qui serait la garantie de la qualité de l'accueil. Or cette seconde conception, plus proche de l'intuition de Jacques, n'est pas partagée par tous.

– Chacun s'accorde pour être satisfait de travailler à Assise (quatre salariés[6]) mais le constat d'ensemble est un manque général d'harmonie et de sérénité.

– L'organisation générale est défaillante par manque de hiérarchie claire et forte, d'une difficulté de fonctionnement des instances de décision, d'un manque de clarté dans l'attribution des compétences, de l'éloignement entre permanents et structures de décision, d'une communication institutionnelle et interpersonnelle défaillante, de procédures administratives complexes, opaques, inefficaces, voire absurdes, d'une coordination souvent assez absente.

– Enfin la politique des salaires n'existe pas et génère un état d'esprit préjudiciable à l'esprit de travail.

Par ailleurs le rapport souligne, à côté de ces dysfonctionnements majeurs, qu'aucune politique de développement d'Assise n'est mise en œuvre. Il manque une politique de communication externe pour faire connaître le centre, il manque une réflexion sur les multiples pistes pour élargir le nombre et la qualité des activités proposées.

 

Il semble qu'il faille prendre trois grandes directions, ce que le Conseil d'Administration et le bureau depuis un an cherchent à concrétiser :

  • tout d'abord faire vivre la maison matériellement et donc dans un souci d'équilibre financier ;
  • ensuite développer la dimension d'accueil, de ressourcement, aider à la transformation intérieure, bref donner au centre un cadre et une atmosphère propice à l'épanouissement du spirituel ;
  • enfin bâtir progressivement une vie communautaire, comme Jacques Breton l'a toujours souhaité, afin de garantir la primauté et la qualité de la dimension précédente.

 C'est donc dans cette triple perspective que depuis un an le conseil d'administration et le bureau ont longuement réfléchi, puis commencé à mettre en œuvre des restructurations parfois importantes à St-Gervais.

Bien entendu on a privilégié une clarification des comptes financiers (mise en place d'une comptabilité informatique) et un assainissement progressif (développement d'une politique active de dons auprès des membres, adaptation de la masse salariale).

Par ailleurs l'outil informatique permettra de mieux gérer le fichier des membres et sympathisants et de renforcer ainsi par divers moyens (dépliant de présentation du centre, lettre d'information) la communication interne et externe du centre, d'améliorer nos liens avec vous tous qui soutenez la vie de l'association.

À côté de ces moyens informatiques nous avons décidé de modifier les statuts et règlements de l'association pour clarifier les instances de décision et l'organisation d'ensemble de Saint-Gervais.

Enfin il paraît impératif de modifier "la politique du personnel". Nos besoins changent, nous ne sommes plus au temps des "bâtisseurs" qui transforment matériellement le centre, mais au temps des animateurs qui le rendent accueillant. Il faudrait donc un gérant qui, membre de la communauté, saurait organiser, animer et développer la vie de Saint-Gervais, en fonction des possibilités financières futures.

Cela supposera cependant des modifications profondes : revoir l'ensemble du fonctionnement administratif qui tourne trop sur lui-même et pas assez au service d'Assise, et par ailleurs mettre sur pied une réelle et efficace politique d'appel au bénévolat.

Ce dernier point mérite quelques explications car chaque lecteur de La Voix d'Assise peut se sentir concerné. Certes, faire appel au bénévolat, chose courante dans toute association, a des raisons financières. Ainsi une partie des tâches de secrétariat ou d'accueil peut être prise en charge. Mais il nous semble qu'il existe une raison plus fondamentale que l'on pourrait résumer dans une formule simple :

« Assise nous fait vivre, faisons vivre Assise »

 En tant que membres nous sommes engagés dans un cheminement spirituel. Dans cette mesure Jacques Breton, le centre, les salariés, le conseil d'administration et le bureau nous épaulent. Mais ce chemin vers une vie plus pleine et ouverte n'est possible que si la solidarité s'exerce dans les deux sens. Les membres sont donc invités à leur tour à épauler l'association. Une solidarité respectueuse de chacun et en particulier des possibilités contributives (les dons) ou des compétences pratiques et de ressources en temps (bénévolat) des adhérents.

Je crois que nous pouvons dire que nous avançons, lentement parfois par manque de moyens matériels ou humains, mais avec la volonté d'être au service du centre et de l'Esprit qui y souffle…

Certes ces avancées sont parfois lentes et incertaines, mais il y a un véritable approfondissement du projet, et le Centre devrait, dans les années à venir, devenir plus qu'aujourd'hui ce pourquoi il est vraiment né : un centre de cheminement spirituel.

 

3) Mai 1996 : Lettre aux amis, par J Breton (VA n° 7)

 Chers amis,

Que devient le centre Assise de Saint-Gervais ? Créé il y a sept ans, il passe par une année quasiment sabbatique, année certes difficile tant sur le plan financier que sur la vie même de notre association. Toutes les subventions reçues de l'État nous ont été supprimées. Et une baisse importante du nombre de participants nous a contraints d'annuler des week-ends. Sans doute cela provient-il en grande partie du contexte social et politique dans lequel nous nous trouvons.

Quelle leçon devons-nous en tirer? Le centre Assise n'échappe pas à cette morosité dans laquelle se trouvent beaucoup de Français. Je crois aussi que nous vivons sur le plan social ce que chacun est appelé à vivre sur le plan personnel. Une transformation n'est possible qu'en passant par une certaine mort. Or cette mort ne peut devenir vie nouvelle que dans la mesure où nous l'acceptons à tous les niveaux où elle se nous atteint, tant sur le plan de notre sensibilité que sur le plan personnel ou matériel.

J'ai la ferme conviction que ce Centre a été voulu par l'Esprit qui, depuis le début, n'a cessé de l'animer au travers même des faiblesses et des erreurs des responsables. Un magnifique travail a été accompli auprès de beaucoup de personnes, j'en ai reçu de précieux témoignages. Et même maintenant l'Esprit ne cesse de souffler.

Mais, pour qu'une renaissance puisse se faire nous devons à tout prix repenser, recréer de nouvelles structures en meilleure conformité avec l'esprit d'Assise, trouver de nouvelles activités et faire mieux connaître le Centre.

Le plus important, me semble-t-il, est que les membres d'Assise se sentent davantage responsables de la bonne marche de l'association.

Je vais partir prochainement au Japon passer une quinzaine de jours. Ce sera pour moi l'occasion d'un ressourcement.

Une bonne nouvelle cependant, le livre que j'ai écrit va paraître au Centurion en janvier prochain sous le titre probable : Vers la lumière : expérience chrétienne et bouddhisme zen. Il sera préfacé par Dennis Gira[7].

Sans doute aussi paraîtra à la même période chez Albin-Michel un ouvrage collectif, La voie de l'homme relié dans lequel j'ai écrit un chapitre sur le corps[8].

 

4) Mars 1997 : Lettre aux amis, par J. Breton (VA n° 8)

 Chers amis,

Après un long temps d'hibernation due à la fermeture momentanée du Centre, la Voix d'Assise paraît.

Au cours de l'Assemblée Générale de novembre, j'ai redéfini les orientations du centre. Elles ont été agréées par l'ensemble des participants.

J'ai rappelé l'urgence d'œuvrer aujourd'hui pour la paix. En effet Assise doit son nom à ce lieu d'Italie où s'est tenue il y a dix ans la rencontre des différentes religions dans le but d'une réconciliation. Aussi cette approche des deux traditions, bouddhiste zen et chrétienne, qui se vit ici, est-elle une petite pierre dans la construction de cette humanité nouvelle.

Et si nous avons maintenu les sesshins (temps forts de méditation en zazen), nous proposons aussi des week-ends et des sessions plus ouverts au christianisme.

De plus il est important de devenir nous-mêmes des artisans de paix. Pour cela nous offrons des stages dans l'esprit de Dürckheim afin d'apprendre à mieux nous connaître.

Au niveau du zen nous avons la chance d'être pris en charge par un excellent Rôshi (maître spirituel zen), Eizan Goto. Au niveau du travail thérapeutique et spirituel, deux personnes de grande valeur par leur compétence et leur rayonnement, toutes formées auprès de Dürckheim, acceptent de se mettre au service d'Assise. Elles viennent compléter le groupe des autres animateurs : Marie-Charlotte Aussedat, Marie-Aleth Lagente, Denis Marquet, Bénédicte de Nazelle, Françoise Paumard, Ania Schier, Françoise Trillot… qui eux aussi ont fait la preuve de la qualité de leur travail.

Déjà j'ai reçu beaucoup de lettres de personnes me disant combien Assise était important dans leur existence. Mais Assise ne vivra que dans la mesure où un certain nombre de membres s'engagent à participer régulièrement aux différentes activités et en encouragent d'autres à le faire.

Je souhaiterais aussi qu'Assise devienne un lieu de formation continue pour des personnes désirant entrer davantage dans l'esprit du Centre. Si vous êtes intéressé par ce projet, écrivez-moi. Je vous remercie d'avance.

Enfin je tiens à remercier tous ceux qui sont venus le mardi 11 février 1997 à la présentation du livre Vers la lumière. J'ai été touché par l'ambiance si sympathique, si familiale qui y régnait.

 

VI – En 2002-2003 Assise se fait connaître

 

1) Extrait du CR de l'AG de nov. 2002 (VA n° 22)

Jacques Breton ouvre l'AG en rappelant que l'association vit grâce à la participation de tous. Elle a besoin de se renouveler, et c'est le bouche-à-oreille qui permet ce renouvellement.

Merci aux animateurs qui font vivre le Centre. Ils sont très compétents pour nous permettre de cheminer et d'avancer.

Merci aux ouvriers de l'ombre qui assurent l'administration, les finances, la cuisine... Ils sont moins reconnus mais essentiels.

Le Centre se porte bien, surtout à St-Gervais. Le fait de proposer une continuité dans le travail, en s'engageant pour des cycles de week-ends, est très positif et permet une progression.

J Breton a été récemment interviewé par des journalistes (articles parus dans la revue "Terre du ciel" et dans des journaux diocésains). Il semble que l'Église commence à s'intéresser vraiment au centre Assise qui relie christianisme et bouddhisme.

L'association compte 313 adhérents contre 300 en 2001.

Pour La Voix d'Assise, 193 abonnés contre 177 en 2001.

 

2) Assise se fait connaître (VA n° 22, janvier 2003).

Ces derniers temps, des articles ou interviews consacrés à Assise ont été publiées dans diverses revues ou bulletins[9].

Vers le Christ intérieur, présentation d'Assise dans le hors-série n° 68 de la revue PRIER (prie de tout son corps), p. 24.

Vers la source intérieure, interview de Jacques Breton, dans le bulletin diocésain Église en Val-d'Oise, octobre 2002.

Association Assise, présentation par C. Montenat, dans Écho des vallées, bulletin du secteur pastoral du Vexin Ouest.

J'ai découvert l'unité, entretien de Jacqueline Kelen avec Jacques Breton dans la revue Terre du Ciel, novembre décembre 2002.

Rétablir enfin l'unité corps-esprit, article de Jacques Breton dans Sulivan et l'intériorité - Rencontres avec Jean Sulivan n° 13.

Le 14 décembre, les journalistes de la revue Panorama sont venus passer une journée à St-Gervais pendant un week-end de méditation : de cette visite, il résulte un reportage de 7 pages sur Assise qui paraît dans le numéro de février 2003 de Panorama : Qui sont ces chrétiens qui pratiquent le zen ? (mis sur le blog sous le titre : Enquête sur un sesshin zen au centre Assise)

Enfin la chaîne KTO devrait diffuser dans les prochaines semaines (date non précisée) une "table ronde" sur les liens entre bouddhisme et christianisme, à laquelle Jacques Breton a participé.

 

VII – En 2004-2006 : une évolution contrastée

 

 

J Breton Jubilé 20041) 26 juin 2004 : Le jubilé de Jacques Breton.

Le 26 juin 2004, Jacques Breton célébrait avec Assise ses 50 ans de sacerdoce : Eucharistie à l'église de Magny en présence de Mgr Pierre d'Ornellas, évêque auxiliaire de Paris. La cérémonie achevée, ce sont les joyeuses retrouvailles sur le parvis où beaucoup s'attardent, puis à St Gervais où, après un apéritif, le repas va réunir plus de 150 convives ! Les tables ont été dressées en contrebas de la maison, vers l'étang. Un podium a été installé pour l'occasion avec une bonne sono. La soirée débute par un petit concert d'un groupe de musiciens : flûte, viole de gambe, et chant. Dans la résonance de cette musique assez envoûtante viennent prendre place une dizaine de pratiquants du kinomichi, vêtus de leur kimono. Avec Françoise Paumard et Jacques ils offrent une démonstration très harmonieuse, accompagnée par la viole de gambe qui s'accorde au mieux à l'enchaînement des mouvements. Un deuxième groupe musical, d'un style très différent, plus "jazzy", vient ensuite occuper la scène. Au micro, Isabelle Parent interprète avec brio des arrangements de chansons, de gospels… La soirée se poursuit avec des haïkus, que viennent lire à tour de rôle ceux qui les ont composés. Quelques morceaux encore et la musique se tait. Plus loin a été allumé un grand feu, autour duquel ceux qui le désirent prolongeront un peu la soirée, dans le silence retrouvé. Beaucoup sont repartis, mais un certain nombre logent sur place. Le lendemain, la fête continue : eucharistie en plein air, buffet pour déjeuner, lâcher de ballons…

Cette fête fut un grand moment de joie, de ferveur, de rencontres chaleureuses. Ces deux jours exceptionnels ont été une occasion privilégiée d'exprimer à Jacques notre amitié et l'importance pour notre vie de sa mission de prêtre et de responsable d'Assise.

Bon nombre sont venus, mais beaucoup aussi, regrettant de ne pouvoir être là, se sont manifestés par de multiples signes.

 

2) Extrait de l'introduction de J. Breton à l'AG de nov. 2004, (VA n°  29)

Mon jubilé en juin dernier, avec la présence d'un évêque auxiliaire de Paris a été une belle fête. Je croyais que cela allait donner à Assise une nouvelle impulsion. Or depuis la rentrée, la fréquentation diminue.

À côté d'organisation plus importante comme Terre du ciel, nous avons notre place : une capacité d'accueil restreinte qui permet un cheminement commun dans une bonne connaissance mutuelle. Nous avons à nous faire connaître davantage et à nous renouveler.

La valeur de notre démarche est maintenant reconnue par l'Église, ce n'était pas le cas il y a quelques années.

Je suis heureux d'avoir été invité à donner des cours à l'École cathédrale.

Nous avons en projet la création d'un noyau de responsables et d'animateurs d'Assise qui prendront du temps pour se former et cheminer plus intensivement.

N B : J. Breton a donné en 2004/2005 et 2005/2006 une série de cours à l'École Cathédrale[10] sur le sujet : « Voie bouddhiste et voie chrétienne ».

 

2) À l'AG de nov. 2005 (VA n° 33)

J Breton accueille les 40 personnes présentes puis aborde la Charte d'Assise. Créée il y a 10 ans dans un climat de dialogue et d'enthousiasme, la Charte exprime l'esprit dans lequel doit se vivre Assise. En tant que responsable spirituel, J. Breton veille à ce que chacun soit fidèle à cet esprit.

Le bilan des activités 2004-2005 montre une baisse de 20 % des participants par rapport à 2003-2004. Plusieurs sessions ont dû être annulées, dont les quatre week-ends du groupe de cheminement qui existe depuis 7 ans. Mais on a introduit plusieurs nouveautés en 2005-2006 et on signale que deux de ces sessions ont été bien remplies.

Le local de la rue Quincampoix est remis à neuf après l'importante inondation de cet été. Le montant des dégâts (couvert par l'assurance) s'élève à 13 600 €.

Le déficit global s'est donc accentué cette année alors que des dépenses incompressibles (chauffage) sont en augmentation. Les dons ont sensiblement augmenté, mais cela ne suffit pas.

 

3) Introduction par Jacques Breton à l'AG du 26 nov. 2006 (VA n° 37)

 Jacques rappelle l'importance pour l'association d'être capable d'évoluer, l'immobilisme étant pour elle facteur de mort. Assise doit rester vigilante face aux changements constants dans notre société : mondialisation, évolutions technologiques, mouvements sociaux… Tous ces changements entraînent nécessairement des changements de mentalité et de perception.

La question centrale est donc de savoir si Assise est à même de répondre aux personnes d'aujourd'hui, aux aspirations et aux recherches actuelles.

À travers ses trois "piliers" : le christianisme, le Zen et le travail psychique selon Dürckheim, la raison d'être d'Assise est d'aider à l'épanouissement de l'humanité qui est en chacun de nous, pour construire un monde plus juste, plus fraternel, au service de l'homme. Désirons-nous vraiment développer cette humanité qui est en nous ? Le monde actuel travaille-t-il à cette recherche ? Il est frappant de constater que la devise de la République – liberté, égalité, fraternité – est de moins en moins mise en avant par le politique, au bénéfice de la seule sécurité.

Le développement spirituel et humain est un combat difficile à mener à notre époque, compte tenu de la prépondérance accordée à l'économique.

Être homme, c'est accepter profondément l'idée qu'on est tous frères et apprendre à recevoir la Vie. La Vie n'est pas à prendre mais à accueillir, s'accueillir soi-même, accueillir l'autre. Dans le deuxième récit de la Genèse, le mal intervient dès lors que l'humain prend de lui-même le fruit de l'arbre de la connaissance, au lieu d'accueillir ce qui lui a été donné.

Il s'agit d'avancer sur ce chemin : accueillir la Vie pour développer la vie en soi, développer tous ses talents pour les mettre au service des autres.

Aujourd'hui, Assise est davantage soutenue car son travail est reconnu comme étant profondément conforme à la ligne mystique de l'Église ; dorénavant, une lettre de mission engagera à la fois l'évêché et le responsable spirituel d'Assise, afin que l'esprit d'Assise tel qu'il se définit aujourd'hui soit maintenu.

L'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, viendra dans un mois à St Gervais.

Pour autant, Assise reste ouverte à tous, y compris aux personnes non chrétiennes.

Extrait du bilan.

L'association compte environ 300 adhérents (chiffre stable) participant en moyenne à 2 sessions par an. En moyenne les sessions durent 3 jours. La fréquentation de l'exercice écoulé est redevenue normale après une année 2004-2005 faible.

Les activités d'Assise rue Quincampoix sont trop faibles pour assurer l'équilibre financier de ce lieu. Les méditations du mercredi soir sont très peu suivies (3 personnes). Seules les activités du kinomichi et de Françoise Trillot attirent un nombre juste suffisant de personnes.

 

Sesshin2006_0184) Les 20 ans d'Eizan Rôshi au centre Assise.

  • 1986 : 1er sesshin animé à Montargis
  • 2006 : dernier sesshin animé à St-Gervais.

Le numéro "de rentrée" de La Voix d'Assise est paru plus tard que prévu, mais c'est pour une bonne cause ! L'Esprit, qui souffle à son heure, a suggéré de souligner   l'importance de 2006 pour Assise. En effet, en 1986, il y a 20 ans avait lieu le premier sesshin de sept jours animé par le Roshi Eizan en France. Et le sesshin d'août 2006 a été annoncé comme étant le dernier qu'il animerait à St Gervais. Une grande part du numéro 36 est donc consacrée à l'évocation de ces 20 années, à travers des témoignages, souvenirs, photos...

Que nous ayons ou non participé aux sesshins et rencontré Eizan Rôshi, nous bénéficions tous de son rayonnement, et nous savons ce que l'expérience du zen à Assise doit à son accompagnement fidèle.

VIII – 2009-2011 : Les liens du centre Assise avec l'Église se renforcent

 

1) Février 2009 : Lettre de Mgr Riocreux, évêque de Pontoise (VA n° 44)

 Depuis quelques mois une véritable relation s'établit entre le Centre Assise et l'évêché de Pontoise. Dans une lettre adressée à Jacques en février dernier, Mgr Riocreux écrivait :

« Suite à nos diverses rencontres nous nous connaissons mieux et je veux, par cette lettre, vous exprimez la joie que nous avons de vous accueillir de manière plus effective dans le diocèse de Pontoise.

Je suis vivement intéressé par ce que vous avez mis en œuvre au centre Assise car je pense que ce que vous y proposez aide les personnes à réaliser leur unité intérieure et à grandir en liberté. Je souhaite que cette proposition continue même si, à l'heure actuelle, il est encore difficile de savoir comment et avec qui. Peut-être qu'une première étape pourrait consister à voir quelle(s) personne(s) du diocèse pourrai(en)t intégrer l'équipe existante.

Mon souhait est que le Centre Assise soit plus connu dans le diocèse […] »

Jean-Yves Riocreux, évêque de Pontoise

 

2) Novembre 2009 : Lettre aux amis,  par J. Breton (VA n°45)

 Chers amis,

Dans ce temps d'incertitude, beaucoup d'entre nous sont troublés et s'inquiètent pour l'avenir. Ceci est vrai aussi pour "Assise". Le conseil d'administration vieillit, Léon notre président se retire, la mise aux normes de la grande maison de Saint Gervais pose des problèmes financiers importants, votre responsable spirituel prend de l'âge. Et dans quelques sessions, notamment les sesshins, il est constaté une diminution du nombre des participants.

Si nous en restons au plan purement terrestre, tous ces signes ne sont-ils pas comme un avertissement de la fin de cette aventure qui a eu son temps comme bien d'autres projets ? Mais tout chemin spirituel passe par des hauts et des bas, des temps de désert ou de mort pour renaître. Si le Centre Assise est réellement un centre spirituel, il ne peut que se développer, grandir. Pour vivre il doit se transformer, c'est-à-dire quitter certaines formes d'existence pour s'ouvrir à d'autres, tout en restant fidèle à son esprit et à sa dynamique.

Assise est-il voulu par l'Esprit ou n'est-il que l'expression d'une volonté toute humaine de quelques personnes désireuses d'aider d'autres personnes ? En tant que fondateur je puis affirmer que la création d'Assise répondait à un appel intérieur très fort. Et toutes les épreuves et les difficultés que nous avons rencontrées m'ont bien signifié que ce combat nous dépasse. Il est le reflet de la lutte entre les mauvais esprits et l'Esprit divin qui à la fin se montre victorieux.

 Si dans les débuts d'Assise l'Église se montrait très prudente, tout en nous laissant une grande liberté d'action, actuellement quatre évêques et non des moindres reconnaissent Assise comme une œuvre spirituelle très importante. Cela me laisse plein d'espérance et déjà des signes visibles confirment cette reconnaissance. Après plusieurs années de pourparlers avec les diocèses de Paris et de Pontoise, l'avenir matériel d'Assise est assuré. Par suite du lien très fort qui existe depuis bien des années avec l'Abbaye de St Benoît-sur-Loire, le Père Abbé de ce monastère sera mandaté par l'archevêque de Paris pour garantir la fidélité d'Assise à son esprit. Une lettre de mission de l'archevêque rattache le Centre à l'apostolat de l'Église tout en lui laissant sa spécificité. […]

Dans quelques jours nous fêterons la Toussaint. De tout cœur notre prière s'unira à la vôtre pour tous les morts de vos familles et amis. Nous le savons, elle est aussi la fête de tous les saints. Elle nous rappelle que notre vie se poursuit bien au-delà de la mort et que nous sommes créés pour être heureux. En cette période troublée nous aurions tendance à en douter. Or, le message du Christ dans l'Évangile de saint Matthieu commence par les Béatitudes : "Heureux…". Ce bonheur, nous affirme le Deutéronome dans la Bible, est un choix : "Choisis la vie pour que toi et ta postérité vous viviez et soyez heureux" (Dt 30,19). Puissent le zen et la prière chrétienne vous ouvrir au bonheur véritable.

En toute amitié.

Jacques BRETON

 

3) Extrait du bilan donné à l'AG de novembre 2009 (VA n° 46)

 Assise compte 300 adhérents. De manière générale, les sessions "Dürckheim" rencontrent leur public ; la baisse de la participation concerne surtout les sesshins (11 participants en moyenne contre 18 il y a deux ans).

Le détail selon les sessions : deux nouvelles sessions ont été proposées en 2008/09 : "L'émotion créatrice", qui n'a pu avoir lieu faute de participants ; "Zen et prière chrétienne" prévue sur deux week-ends, dont un a été annulé. Les sessions de "L'unité" ont été suivies par 12 personnes en 2008/09 ; 18 personnes se sont inscrites pour l'année 2009/10. Les sessions "Naître" et "Pâques" ont été très suivies comme chaque année avec respectivement 26 personnes et environ 20 personnes. La session "Chant" a très bien marché cette année. La session à Hurtebise a eu lieu mais avec moitié moins de participants qu'habituellement. Les chantiers d'été et "Travail dans l'esprit d'Assise" : ces sessions se déroulent mais sans grand intérêt pour l'entretien réel du domaine, les participants manquant de compétence en bricolage ; cela étant, les participants sont globalement satisfaits et apprécient leur séjour. La session "Clown et foi" a eu lieu à Saint Gervais avec 9 participants seulement (au lieu de 12) ; habituellement cette session attire beaucoup plus de monde dans d'autres lieux.

Léon rappelle que l'association jouit d'une situation exceptionnellement favorable grâce à Jacques ; sans son aide, pour maintenir une situation financière positive, il faudrait doubler les prix des sessions.

 

4) Introduction de Jacques Breton à l'AG de nov. 2011 (VA n° 50)

Jacques nous fait part de la donation de la propriété de St Gervais et des appartements à Paris, dont il est le propriétaire, au diocèse de Pontoise, à la fin de l'année 2011, avec une convention où le diocèse s'engage à mettre le domaine de St Gervais et les revenus des appartements de Paris au service d'Assise. De plus l'Archevêque de Paris et l’Évêque de Pontoise donnent mission au "responsable spirituel" - actuellement Jacques Breton – de maintenir le centre Assise dans son esprit.

 

Lettre de mission

A Monsieur l'Abbé Jacques Breton, prêtre du diocèse de Paris, responsable spirituel du Centre Assise.

En concertation avec l’Évêque de Pontoise, vous êtes confirmé dans votre fonction selon les modalités d'organisation arrêtées par les statuts de l’association du 21 novembre 2009, dont copie ci-jointe, à compter du 1er janvier 2010, pour une durée de trois ans [...]

L'association Assise ne peut modifier ni les statuts ni la Charte sans l'assentiment de l'Archevêque de Paris. La finalité d'Assise est d'aider ses membres sur un chemin d'intériorisation et d'unification de la personne : corps, psychique et spirituel. Sa spiritualité s'enracine dans la tradition catholique en ouverture aux autres traditions.

En tant que responsable spirituel vous devez rendre compte des activités de l'association à l'Archevêque de Paris ou à son représentant qui en informera l’Évêque de Pontoise.

L'Archevêque s'assure du maintien de l'esprit du centre en donnant au Père Abbé de Saint-Benoît-sur-Loire mandat de faire une visite canonique régulière. Son rapport sera adressé à l'Archevêque qui pourrait retirer la mission au responsable spirituel en activité et veiller à trouver un successeur.

 

IX – Évolution du centre Assise après 2011

 

1) Quelques chiffres.

Extrait du bilan fait en novembre 2011. Assise compte 241 adhérents pour l'année 2010-2011, soit une très légère baisse. Sur les 49 sessions proposées, 14 ont été annulées, soit environ un quart des sessions. Les raisons d'annulations sont diverses. Le nombre moyen de participants par session maintenue est de 12 personnes. Rue Quincampoix, une nouveauté : Alexis anime le zen du mercredi soir, un groupe vient régulièrement. L'activité globale a encore diminué cette année (cela fait trois ans qu'elle baisse), on maintient quand même l'équilibre financier.

 Extrait du bilan fait en novembre 2012. Nous constatons un arrêt de la tendance à la diminution de l'activité et du nombre d'adhérents. Pour 2011-2012 Assise compte 257 adhérents. Sur les 40 sessions proposées une seule a été annulée. Le nombre de participants par session est de 12 personnes. Pour la 1ère fois Ryôsan est venu animer un sesshin, envoyé par Eizan Goto. Jacques lui reconnaît une présence extraordinaire. Rue Quincampoix la soirée zen du mercredi animée par Alexis fait parfois salle comble.

 Extrait du bilan fait en novembre 2013. Assise compte 278 membres pour l’année 2012-2013, ce qui représente une légère hausse par rapport à l’exercice précédent. Sur les 45 sessions proposées 3 seulement ont été annulées. Le nombre de participants par session est d’environ 10 personnes.

 Le groupe de Nantes est supprimé en 2014.

 Extrait du bilan fait en novembre 2014. Des travaux de mise aux normes ont eu lieu pendant l’hiver 2015 et le diocèse de Pontoise a organisé une visite de la commission de sécurité pendant la session de Pâques. De ce fait des sessions ont été annulées (surtout en mai) et certaines sessions comme le jeûne ont eu lieu ailleurs. Assise compte 170 membres pour l’année 2014-2015. Sur les 36 sessions proposées 15 ont été annulées et les 21 qui ont été maintenues ont eu moins de participants que l'année d'avant.

En 2015-2016 Assise compte 178 membres. Sur les 42 sessions proposées à St Gervais, 12 ont été annulées et 30 ont eu lieu.

En 2016-2017 Assise compte 179 membres. Sur les 38 sessions proposées à St Gervais, 16 ont été annulées et 22 ont eu lieu.

 A partir de février 2017, après la baisse dans la participation aux activités des dernières années, l’association vit le processus de deuil de Jacques Breton, fondateur, pilier. Beaucoup venaient aussi pour le rencontrer, lui et ce qu’il transmettait.

 À l'AG extraordinaire de septembre 2018 le nombre de membres en ordre de cotisation est de 156 personnes. Plusieurs articles des statuts ont été modifiés avec 30 personnes présentes, et 26 personnes représentées.

 

L'AG statutaire concernant les activités de 2017-2018 va avoir lieu le 2 février 2019 à 15h au 40 rue Quincampoix à Paris.

 

2) Les derniers mots de Jacques Breton, février 2017.

Jacques est parti paisiblement au petit matin du dimanche 19 février 2017 ! Il était souffrant depuis plusieurs mois. Ses forces ont fortement décliné pendant la dernière semaine.  Le dernier mardi il a encore trouvé l’énergie pour dire :

« C’est une chose extraordinaire : j’ai une foi à déplacer les montagnes ! …
Vous savez je suis consacré à La Vierge Marie ! Je ne crains rien ! …
Je prends un peu de recul ! … C’est un passage ! …
J’ai confiance pour Assise ! …
Je vous transmets mon énergie et mon dynamisme !…»

 

3) Les trois piliers d’Assise en 2018-2019.

Assise est en partenariat avec des espaces créés par des membres dans le même esprit et avec l’aval de Jacques : en Suisse, à Montpellier, à Nantes.

De plus le lien très personnel de Jacques avec St Benoit-sur-Loire et le Ryutakuji semble se transformer en un lien qui transcende son absence.

Les activités ont lieu à St-Gervais (95420) et 40 rue Quincampoix à Paris, quelques rencontres ont lieu au Forum 104 à Paris (cf. Le programme du centre Assise en 2018-2019 et d'autres propositions ailleurs)

 

Le pilier zen

- Le zazen, pratique quotidienne commune à tous les membres, s’approfondit aussi dans des temps de pratique partagée avec d’autres : zazen hebdomadaire et journées de découverte (dans les deux lieux), sesshin de 2, 3 ou 5 jours (St G.) et sesshin annuel de 7 jours animé par Ryôsan, un moine bouddhiste du Ryutakuji (St G.).

- Le zen comme tradition spirituelle fait l’objet d’enseignements par Ryôsan lors du sesshin de 7 jours. La rencontre interreligieuse est au cœur d’Assise comme un appel à la rencontre féconde de l’autre. Elle se vit dans les échanges individuels, dans des temps d’exposés et dans des moments privilégiés comme les trois jours passés après la sesshin à l’abbaye de Fleury avec Ryôsan pas mal de participants.

 

Le pilier Dürckheim et des activités dans le même esprit (kinomichi et autres)

- Ce pilier rassemble les activités en vue d’un « travail d’intériorisation et d’unification de la personne, corps, psyché et esprit, pour permettre à ses membres de se découvrir, ombre et lumière, leur apprendre à se connaître, à grandir en liberté et à s’unifier pour mieux vivre en communion avec les autres et en harmonie avec le monde ». Il s’agit de séances ou de stages de deux ou trois jours (travail de la voix, de l’argile, sabre, danse, contes etc.) issues de ou liées à la pratique mise en place par Durckheim à Rütte et de la pratique du Kinomichi, art du mouvement créé par Maître Noro à partir de l'aikidô de Maître Ueshiba Morihei et de pratiques occidentales. Ces activités ont lieu à St Gervais et à Paris

 

Le pilier spiritualité chrétienne

- Des activités sont proposées aux personnes souhaitant approfondir davantage le pôle spirituel chrétien : les week-ends de l’unité (avec un thème pour l’année) — la session « Naître à la nouvelle année » — la session « Chemin de Pâques ».

- Dans beaucoup de sessions et dans les sesshins sont proposés pour ceux qui le désirent un temps journalier consacré à la prière chrétienne, lectio divina, là où avait lieu auparavant l’Eucharistie avec Jacques Breton.

 

Chaque pilier est pris en charge et en responsabilité par quelques personnes organisées entre elles se référant au Bureau d’Assise.

 


[1] Jacques Breton souhaitait l'existence d'une communauté permanente, avec des gens qui vivraient à St-Gervais, c'était prévu au moment de l'achat, mais ça n'a pas eu lieu.

[2] De nombreux conférenciers connus sont venus le mercredi soir rue Quincampoix, par exemple en 1991-92 sont venus Jean-Yves Leloup, Maître Masmichi Noro, Odette Baümer, Arnaud Desjardins, Raimon Panikkar…

[3] Michèle a assumé les débuts, mais la maladie l'a rattrapée, elle décède début janvier 1995.

[6] Frédéric parle de 4 salariés : à l'époque, semble-t-il, il y avait Chantal chargée de la maison (depuis au moins 1990), Peter chargé de l'extérieur (Peter habitait avec Michèle dans la petite maison attenante, Neil étant né en 1993), Agnès secrétaire et…

[8] La voie de l'homme relié est un  numéro de "Question de" est un ouvrage collectif établi sous la direction de Jean Mouttapa. Albin-Michel 1997. Inspiré de l'œuvre de Daniel Pons (1932-1986), ce numéro est fait d'articles de Jacques Breton, Jean Onimus, Christiane Singer, Alphonse Goettmann, Annick de Souzenelle, Ysé Tardan-Masquelier, Julien Riès, Jacques Brosse, Lama Denis Teundroup. L'article de J. Breton : "Le corps, centre de la relation" par Jacques Breton dans "La voie de l'homme relié", Question de n°109  

[9] La plupart de ces articles sont sur le blog dans le tag articles de presse.

[10] Les Cours Publics de l'École Cathédrale sont ouverts à tous, sans condition. Ils offrent la possibilité de suivre une réflexion sur des sujets variés : Bible, Père de l'Église, anthropologie, philosophie, morale, littérature, musique, peinture (https://www.collegedesbernardins.fr/formation/cours-publics )