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Voies d'Assise : vers l'Unité
Voies d'Assise : vers l'Unité
  • Blog dédié à Jacques Breton (prêtre, habilité à transmettre le zen, assistant de K.G. Dürckheim, instructeur de kinomichi) et au Centre Assise qu'il a créé en le reliant à l'abbaye de St-Benoît-sur-Loire (France) et au monastère zen du Ryutakuji (Japon).
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24 juin 2026

Deux histoires zen tirées du "Miroir vide"

Sous leurs dehors enfantins ou exotiques, les histoires zen transmettent un savoir initiatique très subtil. En voici deux : "Savoir faire des choses étonnantes" ; "Histoire de l'homme suspendu au-dessus d'un gouffre". Elles sont tirées du livre de Janvillem Van de Wetering Le Miroir vide. Dix-huit mois dans un monastère zen (Seuil 1978). La première est commentée par l'auteur et la deuxième n'a pas de commentaire de l'auteur, une réflexion de Bernard Durel a été ajoutée, elle est tirée d'un autre livre.

Ces deux histoires sont proches de celles que le roshi Eizan a raconté lors de sesshin au Centre Assise. 

 

 

Deux histoires zen

 

Janvillem Van de Wetering

 

1°) Histoire de l'homme suspendu au-dessus d'un gouffre (Le miroir vide p. 63-64).

 

On m'avait raconté l'histoire bien connue de l'homme suspendu au-dessus d'un gouffre.

Il s'est accroché à une petite branche qui poussait entre les rochers, il pourrait se rétablir l'aide de cette branche, mais au-dessus de lui un tigre montre ses dents luisantes et grogne. S'il se laisse tomber, il se rompra les os, et puis en bas aussi, il y a un tigre affamé. Et tandis qu'il reste suspendu dans cette pénible situation, deux souris s'approchent de lui, une blanche et une noire, et elles commencent à manger la branche à laquelle il est accroché.

 

Commentaire de Janvillem Van de Wetering :

Tout homme qui étudie le zen connaît tôt ou tard une situation identique. Il doit faire quelque chose, tout en abandonnant autre chose. Il lui est impossible de ne rien dire, car il se trouve dans une situation intenable. Et pendant qu'il hésite et réfléchit, angoissé, les souris du "oui" et du "non", du "ceci" et dû "cela", du "bien" et du "mal" continuent à grignoter la branche.

 

2°) Savoir faire des choses étonnantes (Le miroir vide p. 36-37).

 

En Chine, un maître zen se dirigeait en compagnie de quelques disciples vers la capitale. Ils campaient au bord d'une rivière.

Un moine d'une autre secte demanda à l'un des disciples si le maître zen connaissait aussi des tours de magie. Son propre maître, expliquait-il, était un homme très doué et très instruit. S'il se mettait d'un côté de la rivière avec quelqu'un en face de lui sur l'autre rive, et si on lui donnait un pinceau et à l'autre un morceau de papier, le maître écrirait dans l'air des mots qui apparaîtraient sur le papier.

Le moine zen dit que son maître était également un homme très doué et très instruit. Et lui aussi savait faire des choses étonnantes. S'il dormait, par exemple et bien il dormait ! ; et s'il mangeait, il mangeait !

 

Réflexion de Bernard Durel

« La pédagogie du zen est pour moi incontournable, mais elle n’est d’aucune façon réservée au zen japonais. Qu'est-ce que le zen ? L'esprit ordinaire de l’homme ordinaire. Qu'est-ce que l’esprit ordinaire de l’homme ordinaire ? Quand je marche, je marche ; quand je mange, je mange ; quand je dors, je dors... En dire quelque chose, mettre en mots l’expérience, c’est tourner le projecteur vers les illusions, les malentendus, les fausses pistes, et elles ont toujours été nombreuses. »

(Réflexion extraite de l'article "Le voyage le plus long est le voyage vers l’intérieur" du livre Le besoin de méditer recueil d'articles rassemblés par Aude Zeller, publié en  2015 chez Labor et Fides, collection "La chair et le souffle")

 

 

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