« Ici on pratique la méditation entre Jésus et Bouddha »

Au-delà de toutes les thérapies, la méditation est d'abord un chemin de maturation spirituelle.

Fondé par Jacques Breton, un prêtre, le Centre Assise propose une démarche d'unification intérieure[1].

Un reportage de Laurent Grzybowski, La Vie  n° 3047[2], 22 janvier 2004 (les notes ont été ajoutées), cf. http://www.lavie.fr/.

 

Le zen, entre Jésus et Bouddha

 

Bienvenue dans le monde du silence !

Ce soir-là, au premier étage du n°40 de la rue Quincampoix, dans le vieux quartier du Marais à Paris, ils sont une dizaine d'hommes et de femmes à avoir quitté le bruit et l'agitation de la ville pour « faire le vide » et partager un moment de calme et de sérénité. Assis en lotus[3], les yeux mi-clos, il pratique la méditation zen devant un petit bouddha, une statue de la Vierge Marie et une croix faite de bout de bois.

Le maître des lieux, Jacques Breton est un prêtre catholique. Après avoir vécu quatre ans en ermite, il a découvert le zen, puis est parti se former dans un centre spirituel en Allemagne, auprès du grand Graf Dürckheim, connu pour avoir créé des ponts entre les spiritualités occidentales et orientales.

Après plusieurs séjours dans des monastères japonais, dans le cadre d'échanges entre moines chrétiens et moines bouddhistes, Jacques Breton a créé, il y a 25 ans, le centre Assise qui organise des « thérapies initiatiques », des stages de kinomichi (danse énergétique[4]) ou de chant sacré et autres « temps forts » de méditation (sesshin).

« Il s'agit d'aider les gens à s'unifier, à être plus présents à eux-mêmes et aux autres. Le zen aide à entrer dans un véritable silence intérieur, dans une disponibilité qui permet de lâcher prise. » Permettre à chacun d'être « plus libre, plus vivant et plus profondément soi-même, tout en se libérant de ses conditionnements », telle est la vocation du Centre Assise.

 

Qu'ils soient chômeurs, ingénieurs, étudiants ou retraités, tous ceux qui viennent ici trouvent une nourriture qui leur permet de vivre intensément.

« Le zen m'apporte un bien-être et me permet de prendre de la distance face aux inquiétudes du quotidien », confie une participante.

« Le grand ennemi, ce n'est pas le stress, mais la peur, commente Jacques Breton. Elle nous paralyse et nous empêche de goûter la vie. Face à cela, je ne connais qu'un antidote : la confiance. » Une confiance qui, pour lui, est intimement liée à la foi. Le prêtre médite plusieurs heures par jour et lit fréquemment la Bible. « Tout cela m'aide à vivre l'instant présent. Avec le zen, j'ai appris à être plus actif et plus efficace dans tout ce que je fais au quotidien, à développer une grande énergie intérieure, à ne pas me mettre en colère sans raison. »

 

Le zen serait-il aussi un moyen de rester jeune ? À 79 ans, Jacques Breton en paraît dix de moins. On sent chez lui une grande sérénité, qu'il cultive en se rendant fréquemment à l'abbaye bénédictine de Saint-Benoît-sur-Loire où une cellule lui est réservée. « Les moines me demandent de les former à la méditation. Je le fais avec joie, en n'oubliant pas que le zen n'est qu'un outil. La tradition chrétienne, avec les Pères de l'Église, est un véritable trésor pour celui qui veut trouver la paix et le bonheur au fond de son être. »

 

le zen entre Jésus et Bouddha, La Vie 2004



[1] Jacques breton est décédé en 2017 mais le centre Assise continue sa route ! Voir Le programme du centre Assise en 2018-2019  et les autres messages du tag centre Assise.

[2] Ce numéro de la vie était consacré au « Stress » avec en sous-titre « Le boom des nouvelles thérapies » : la Vie a enquêté sur ces méthodes qui redonnent espoir aux surmenés et aux déprimés. Le dossier central avec pour titre « bien-être »

[3] Tout le monde n'est pas nécessairement assis en lotus, certains sont en semi-lotus, certains sur un zafu (coussin bourré de kapok) et d'autres sont sur des petits bancs avec les genoux touchant terre.

[4] Le kinomichi (chemin de l'énergie) est en fait issu de l'aïkido. Il est du côté des arts martiaux plus que de danses énergétiques. Voir les messages du tag kinomichi.