Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Voies d'Assise : vers l'Unité
Voies d'Assise : vers l'Unité
  • Blog dédié à Jacques Breton (prêtre, habilité à transmettre le zen, assistant de K.G. Dürckheim, instructeur de kinomichi) et au Centre Assise qu'il a créé en le reliant à l'abbaye de St-Benoît-sur-Loire (France) et au monastère zen du Ryutakuji (Japon).
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 121 989
Archives
10 septembre 2026

Itinéraire spirituel de Gérard Rouzier acteur et formateur

Gérard Rouzier anime des ateliers sur l’art de dire des textes à caractère spirituel et aussi des stages de théâtre. Prochainement il animera le cycle Dire la Bible au Forum 104 de septembre à décembre 2026. Il est comédien, metteur en scène, auteur, compositeur et enseignant en art dramatique[1]. En particulier il a interprété l’évangile selon saint Jean et il est auteur du livre De la scène à la Cène, itinéraire spirituel d'un comédien (éd. Empreintes). Plusieurs de ses créations ont été données avec succès au Festival d’Avignon depuis plusieurs années.

C'est le Centre Assise qui organise Dire la Bible au Forum 104 à Paris, le mardi 16h 30 – 18h : atelier découverte le 22 sept ; puis cycle de cinq séances 6 oct – 3 & 17 nov – 8 & 15 déc 2026.[2]

Le Forum 104 propose lui-même le spectacle Lecture musicale : Elle venait de Magdala, avec Gérard Rouzier et Francesco Agnello le 8 oct 2026 à 19h30, ainsi que Atelier Dialogues avec l'Ange, avec Gérard Rouzier  de 19h à 21h30, mardi 29 sept, 13 et 20 oct, 10 et 24 nov, 8 et 15 déc.

 

Voici deux articles de la presse qui présente l'itinéraire spirituel de Gérard Rouzier, où l'on voit qu'il correspond aux trois piliers du centre Assise – spiritualité chrétienne, thérapie initiatique de K G Dürckheim, zen – ayant découvert ces deux derniers au Centre Dürckheim de Mirmande :

  1. "La parole biblique une tradition vivante", partie d'un article où figurent 5 témoignages, paru dans la revue Pèlerin, no. 7360-7361 du jeudi 21 décembre 2023[3]
  2. Gérard Rouzier Les planches du Salut, paru dans La Vie du 08 juin 2017 (n°3745) qui avait pour titre "Méditer et guérir"[4], d'autres articles étant consacrés à G Rouzier (Quatre conseils de Gérard Rouzier pour s'ouvrir à soi et à la présence de Dieu ; Marcel Légaut, figure spirituelle de Gérard Rouzier )

La photo de Gérard Rouzier publiée avec ce message est tirée du site de la "Compagnie du sablier" où sont annoncés certains de ses spectacles (http://www.compagniedusablier.org/archive/2007/11/21/bible-et-theatre.html )

 

 

I – La parole biblique une tradition vivante

 

Gérard Rouzier, acteur et formateur

 

Pèlerin du 21/12/2023

 

« Le Christ répond à ma quête de sincérité »

 

« Au commencement était le Verbe. » La haute stature et le visage rocailleux contrastent avec la douceur de la voix de Gérard Rouzier. Depuis soixante ans, l'homme a la passion de la parole portée sur scène. En effet, c'est à 9 ans, après avoir vu un spectacle, qu'il saisit que c'est là une passion qui fait une vie. « Tu es doué, mais tu manques de sincérité », l'avait interpellé plus tard un de ses professeurs. Mais comment trouver cette vérité dans le jeu de l'acteur ?

La découverte et la pratique du zen vont constituer une première étape importante. « Ma vie allait mieux ! » Mais à force de faire des sessions dans divers monastères catholiques et orthodoxes, voilà que la figure du Christ vient déranger le bel équilibre. « Ou tu te manifestes ou on arrête les conneries », ose-t-il lui lancer un jour de 1993, dans ce qui était presque déjà une prière. Peu de temps après, un metteur en scène l'appelle pour lui proposer de jouer le rôle de Jésus dans un festival d'Art sacré à Vézelay (Yonne). Une nouvelle révolution intérieure s'annonce : la lecture du prologue de saint Jean retentit comme une « déflagration ». Comme un défi personnel, l'acteur apprend par cœur le texte de cet Évangile. On le rappelle : pourquoi ne pas mettre en scène ce texte ? C'est ce qu'il fait, à Vézelay d'abord, puis à Paris pendant six mois. Le public en redemande. Gérard se met à animer des ateliers pour transmettre cette lecture ruminée, patiente de la Parole jusqu'à ce que « quelque chose s'installe » en soi. L'Apocalypse, les Psaumes, le prophète Osée sont d'autres textes source pour lui.

« Quand la Parole irradie en nous, alors on se sent vivant et vrai. » Le Christ lui-même n'est plus seulement le « plus grand poète de tous les temps », comme disait Christian Bobin, il devient la réponse à sa quête personnelle de « sincérité ». Une unité devient possible entre l'élan dynamique d'un texte et la manière de l'exprimer dans le jeu.

 

***  

II – Gérard Rouzier Les planches du Salut

 

La Vie du 8 juin 2017

 

Sa vie est un long chemin de conversion. Comédien, il a intégré sa foi dans ses spectacles pour proclamer la Vérité qu'il a toujours cherchée.

Alexandre Sargos / Hans Lucas

 

Si je regarde mon parcours, l'émerveillement et la stupeur me viennent en premier. C'est comme si j'avais été conduit par un fil dans les méandres de mon histoire et que j'avais été appelé. De là où nous sommes, Dieu nous fait passer par des chemins nécessaires, parfois inconnus ou surprenants, pour nous mener à notre vocation.

Je suis né dans un climat familial dénué de toute spiritualité. La religion indifférait ma mère, juive, tout comme mon père, catholique, et la seule raison pour laquelle j'ai été baptisé tient sans doute à de vieilles peurs d'après-guerre. Jusqu'à mes 19 ans, Dieu n'existait pas et toutes les questions gravitant autour de lui relevaient pour moi de la bêtise. J'estimais avoir tout compris de la vie : l'homme a des désirs, des envies, des besoins qui, une fois assouvis, perdent de leur magie. Il s'échine donc indéfiniment à en trouver de nouveaux à satisfaire... pour finalement mourir. Aucun sens. Une absurdité totale à laquelle j'adressais un « non merci », du haut de mon mal-être et de ma résignation.

Puis il y eut ce jour où j'ai ouvert par hasard un livre de vulgarisation sur la magie. Une phrase disant en substance que l'homme, l'univers et tout ce qui existe était la manifestation du « Un », a éveillé quelque chose en moi. J'ai eu l'intuition qu'il y avait là une vérité. Dans la foulée, une amie de mon cours de théâtre m'a proposé de jouer le rôle de Dieu dans une pièce, m'expliquant que le personnage en question était « Ce qui est ». Je n'aurais rien compris au texte si je n'avais pas lu ladite phrase quelques jours auparavant. Pour la première fois, je sentis une adéquation entre ce qui allait être le centre de ma vie et mon métier. J'allais le revivre 20 ans plus tard.

Dès lors, j'ai embrassé différentes spiritualités et, parmi elles, la méditation transcendantale. Nous étions dans les années 1970, en plein boom ésotérique. Comme comédien, je n'étais ni très heureux ni très satisfait. J'avais touché à un essentiel avec cette lecture sur l' « Un » et je n'avais de cesse de le chercher. Entre 25 et environ 30 ans, j'ai sombré dans les ténèbres, la déréliction, la débauche. Certains épanchent leur manque existentiel dans la drogue ou l'alcool, moi je le faisais dans le sexe. Le jour était la nuit, la nuit était le jour, c'était terriblement violent. Le miracle est que je n'ai rien attrapé dans ces années sida. Seuls les cours de théâtre que je donnais et ma fille que je voyais une fois par semaine me tenaient. Dans ces interstices de quelques heures, je retrouvais mon énergie et ma lumière, pour dégringoler ensuite dans les griffes du mal.

Le deuxième virage a eu lieu à 33 ans, à la lecture des Leçons de K.G. Dürckheim, de Jacques Castermane. Je voyais dans ce livre traitant de la méditation zen une promesse. Sur-le-champ, je me suis rendu au centre Dürckheim à Mirmande[5]. Moi qui ne supportais pas de m'asseoir en silence, j'espérais trouver de l'aide pour m'immobiliser. Ce que j'avais lu me laissait envisager aussi que ce qui m'habitait allait pouvoir exploser, être libéré. Là-bas, quelque chose s'est ouvert en moi. C'est comme si je me reconnectais à ce « Un » et que je trouvais ce Vrai toujours cherché. Tout était en ordre, faisait sens. J'ai eu des rechutes à mon retour, mais ce n'était plus pareil. J'étais désormais un sujet pouvant dire oui ou non. L'assise pratiquée dès lors quotidiennement m'apportait une verticalité, une certaine qualité de présence et un espace de plénitude.

Dans les sessions de zen, je rencontrais des chrétiens, avec qui j'aimais à discuter, échanger des livres. Je devais bien reconnaître qu'ils ne s'inscrivaient en rien dans un catéchisme béat. Saint Jean de la Croix me parlait d'un goût, d'une qualité d'être, d'une présence mystérieuse. J'aimais dans ses écrits cette expérience vivante de quelque chose qui m'échappait. J'adhérais au « Un » et ressentais cette réalité. En revanche, qu'un bipède soit Dieu n'était pas dans mes schémas et le scénario de Jésus m'était plutôt antipathique.

Au fil du temps, ce Christ est venu me chatouiller l'esprit, me déranger dans mon assise. Mon espace intérieur devenait de plus en plus « pollué » de pensées à son égard. Je n'étais plus tranquille. Un jour, je suis parti dans la forêt et je lui ai adressé une prière, même si je ne croyais pas en lui. Je lui ai dit que je n'en pouvais plus ; soit il faisait quelque chose, soit il me fichait la paix. De retour chez moi, j'ai voulu faire comme Bouddha sous son arbre avant l'illumination. Installé devant une icône achetée lors d'une retraite, je n'ai plus bougé. Moins de cinq minutes plus tard, le téléphone a sonné et un certain Djamel Guesmi, comédien et metteur en scène, qui avait vu ma photo, me proposait de jouer le rôle de Jésus dans une pièce. Cette coïncidence extraordinaire ne m'a pas converti mais m'a mis en route.

En me plongeant dans le texte, je retrouvais l'évidence vécue à 19 puis à 33 ans. Mais quelque chose manquait dans mon jeu d'acteur. Alors, pour la première fois de ma vie, j'ai ouvert la Bible. Le prologue de l'Évangile de saint Jean a été une déflagration. J'ai eu l'impression de comprendre qui était Jésus. Je n'ai pas dit « Ça y est j'ai la foi » - contrairement à Claudel ma foi a éclos dans la durée -, mais j'ai vu dans le texte de Jean le cœur de ma vie et j'ai décidé d'apprendre son Évangile en entier, par cœur. Je voulais le manger, l'avoir en moi. En parallèle de cette manducation, je me rendais dans les églises lorsqu'elles étaient vides. Ma démarche était très intime. J'adhérais à ce que Jean disait du Christ. Au bout de quelques années, j'ai compris qu'il fallait bien que cet Indicible se manifeste d'une manière ou d'une autre et que les religions tentaient de dire dans différents langages cette réalité.

Je ne savais pas encore où je me dirigeais, mais à chaque fois que j'avançais dans ma quête spirituelle, une coïncidence faisait que j'avais la possibilité de vivre ce moment sur scène. Mon « oui » au Christ, je l'avais dit et j'écoutais ses signes. Trois mois après avoir commencé à apprendre l'Évangile de Jean, il m'a été proposé de le dire sur les planches. Après m'avoir vu sur scène, une comédienne a souhaité travailler l'Apocalypse avec moi. Deux jours après, c'était un metteur en scène qui m'appelait pour me dire la même chose. Le dimanche suivant, la pasteure du temple que je fréquentais avec mon épouse m'annonça qu'elle devait me présenter une compositrice qui venait d'écrire un oratorio sur... l'Apocalypse !

Aujourd'hui, je vis comme une grâce de pouvoir, par mon métier, témoigner et partager l'essentiel de ma vie. Non pas parler des dogmes ni de la religion, mais de la foi, de la prière, de l'expérience personnelle, du cœur de l'homme et des transformations qu'il peut vivre. Je crois que là est ma vocation car la vie me le propose sans arrêt et c'est là que je me sens à ma place. Il m'est arrivé de penser que si je n'ai pas trouvé la mort dans les années 1980, c'était peut-être pour que je fasse cela aujourd'hui. J'aime aussi à penser que le Christ m'a porté dans mes ténèbres, sans que je le sache.

À l'âge de 19 ans, je cherchais le Vrai dans ma vie. Aujourd'hui, je n'ai de cesse de chercher et de goûter à la Présence. Je n'appelle plus zen mes temps d'assise quotidiens puisque je ne m'inscris plus dans cette tradition, mais je goûte toujours à cette pratique. Simplement, ce temps précède désormais une prière, la relation, un dialogue avec le divin.

 

Les étapes de sa vie (situation en 2017 date de l'article de La Vie)

1955 Naissance à Paris.

1974 Cours de théâtre.

1977 Joue le rôle de "Ce qui est" (Dieu) dans Le Seigneur des Andes.

1980 Naissance de sa première fille.

1982 Dépression. Plusieurs années de « ténèbres ».

1993 Découvre l'Évangile de Jean. Joue Jésus dans Lazare d'André Obey.

1996 Naissance de sa troisième fille.

1999 Création des ateliers Dire la Bible.

Depuis 1994 A joué en France, en Suisse, en Belgique L'Évangile selon saint Jean, L'Apocalypse selon saint Jean, Ce matin j'étais lépreux, Vincent Van Gogh la quête absolue, Au nom de la mère, etc.

 

[1] Voir la liste d'une partie de ses interventions au théâtre, au cinéma ou à la télé sur https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Rouzier

[2] Inscription et information auprès de Gérard Rouzier, tél 06.84.05.56.09 / gerardrouzier776@gmail.com

[4] Les grands thèmes du dossier : 1/ L'entrée de la méditation à l'hôpital : Le dossier explore comment la méditation (notamment le protocole MBSR de réduction du stress par la pleine conscience) s'est imposée dans les structures de soin. Elle est désormais utilisée pour accompagner les thérapies conventionnelles, notamment dans les centres anti-douleur, les services de cancérologie ou pour la prévention des rechutes dépressives.2/ Les validations scientifiques : L'article met en avant les nombreuses études en neurosciences confirmant l'impact biologique réel de la pratique : réduction des marqueurs d'inflammation, renforcement du système immunitaire et ralentissement du vieillissement cellulaire. 3/ Le rôle de Christophe André : Figure incontournable de la démocratisation de cette discipline en France, le médecin partage ses conseils pratiques pour intégrer des respirations et des moments de "pleine présence" au cœur d'une vie quotidienne souvent agitée. Un des articles est en accès libre : Christophe André : Comment la méditation nous aide à moins souffrir.

Commentaires