• « L'Occident – plus particulièrement le christianisme – a beaucoup insisté sur la relation, en particulier la relation aux autres. C'est surtout là-dessus qu'on faisait porter notre effort et nos questions – “comment aider les pauvres ?”… –, mais en évacuant un peu ce qui est pourtant excessivement important, à savoir : “Qui suis-je ?” “Quelle est mon identité ?” Or il est paradoxal d'apprendre que la question “Qui suis-je ?” nous vient de l'Extrême-Orient et plus particulièrement de Ramana Maharshi… » (Jacques Breton, "Être soi-même face au monde, face aux autres")
  • « L'Évangile n'est ni une loi, ni un programme, ni une utopie. Il est la manifestation ultime des choses pour le regard illuminé de celui qui est mort en moi. Pour Dieu et pour ceux qui lui appartiennent en vérité, à chaque instant, il n'y a plus de frontière, mais un seul espace où, dans le rythme jamais interrompu du Souffle, tout intérieur ne cesse de se métamorphoser en un extérieur et vice versa. » (Bernard Durel)

En septembre 1995 Bernard Durel (dominicain qui pratique l'assise dans l'esprit du zen) a fait une série de de 4 conférences à l'abbaye du Bec Hellouin devant un public de 35 moines et moniales du DIM (Dialogue Interreligieux Monastique), le texte des conférences ayant ensuite été édité par le DIM. L'une des conférences s'intitulait "Qui suis-je ? Identité et éveil à soi" où B. Durel a mis en rapport la pratique de la méditation sans objet à la façon du zen et l'expérience de la foi chrétienne. Il a abordé la question "Qui suis-je ?" comme une recherche de fonds qui éventuellement passe par un travail d'ordre thérapeutique, et qui mène à une énigme, donc pas exactement comme Ramana Maharshi qui en faisait un travail permanent (chercher, en chaque instant, en chaque acte, qui en vérité est celui qui vit, pense et agit). En fait B. Durel a traité la question "Qui suis-je ?"  un peu comme le kôan zen qui fait l'objet du précédent message : “Quel est ton visage originel avant la naissance de tes parents ?”

C'est la deuxième partie de sa conférence qui figure ici. À la fin B. Durel a relu de manière neuve trois textes d'évangiles, en montrant que ces rencontres entre Jésus et ses disciples sont quasiment des kôans chrétiens.

 
 

La question “Qui suis-je ?” comme kôan

La rencontre du Christ comme dissolution de la question

D'après Bernard Durel[1]

 

La questionLa question “qui suis-je ?” nous accompagne toute la vie, on y répond d'abord socialement : “je suis le fils d'un tel, je suis de tels pays, je suis dans tel quartier, j'ai tel métier”, etc. Donc il y a d'abord les réponses dans le social, plus périphérique.

Puis si on fait un travail de connaissance de soi d'ordre thérapeutique par exemple, répondre à la question “qui suis-je ?” c'est reconnaître les structures de son psychisme, les blessures, les choses avec lesquelles peut-être j'aurais sans doute à vivre toute ma vie. Donc il y a une réponse au niveau du psychisme.

Mais la question rebondit… quand elle rebondit, car le drame c'est que parfois on s'arrête effectivement.

Lorsque la question rebondit, elle rebondit pour grandir. Au lieu de se transformer peu à peu en une réponse – même si sur le chemin nous rencontrons des réponses : “je suis le fils de un tel” qui est une réponse évidemment –, la question ne fait que rebondir. Et chacun peut en convenir, surtout les plus âgés d'entre nous, je crois, que l'énigme de notre existence – c'est-à-dire l'énigme exprimée par cette question “qui suis-je ?” –, au lieu, si nous sommes lucides, de se dissoudre ou de s'estomper, ne fait que grandir. C'est d'ailleurs là la difficulté des gens qui ne vivent que le niveau psychique comme trop de nos contemporains : ils dépensent beaucoup d'argent en psychanalyse et ça n'avance pas.

Cela veut dire dans les termes du zen – c'est là où je veux en venir –, au fond, et je dis bien au fond, que l'être humain, chacun, chacune d'entre nous est à lui-même un kôan. Vous savez, les kôans sont ces fameuses énigmes de la tradition du zen ; il y en a aussi dans le soufisme, il y en a plein les évangiles si nous voulons bien les voir. Ce sont des questions qui restent en suspens, qui sont posées et qui reste posées. Et s'il y a des kôans, au sens précis de telle formulation, c'est parce que nous sommes kôans.

Le cheminement, les détachements successifs, cette identification-désidentification par la pratique de l'assise, par les soutiens thérapeutiques et tous les chemins qui se proposent éventuellement à nous, nous conduisent vers cette énigme redoublée. Et je crois (sans exclure qu'il y ait des rencontres du Christ à des niveaux antérieurs, mais je me centre maintenant sur l'essentiel, le noyau), que la véritable rencontre du Christ, elle se fait justement lorsque, à la suite des lâcher prise et détachements successifs, je suis, plus qu'avant (ce n'est jamais fini) dans mon énigme.

 

SDF, J-F KiefferJe voudrais, pour illustrer cela, citer un petit texte de Nishitani, le philosophe japonais de Kyôto, profondément enraciné dans le zen, mais qui a consacré toute sa vie de philosophe à étudier la philosophie occidentale, la mystique occidentale, Heidegger, Maître Eckhart, Kierkegaard et bien d'autres. Nishitani, qui est mort il y a quelques années, disait à peu près ceci : Il n'y a pas de réelle rencontre avec le Christ – Nishitani ne se considérait pas comme chrétien, mais il s'était beaucoup approché du mystère de notre foi – s'il n'y a pas tout d'abord une descente jusqu'au niveau le plus profond de notre existence, c'est-à-dire jusqu'à ce point où chacun de nous n'a pas de lieu où reposer la tête[2], jusqu'à ce point où chacun de nous est homeless, SDF comme on dirait aujourd'hui, sans domicile fixe, dans les profondeurs du monde à l'état naissant.

Thomas Merton a dit exactement la même chose dans un dialogue, une comparaison avec le Tao : le lieu du Christ, c'est le lieu justement de celui qui n'a pas où reposer la tête.

Et on peut le comprendre, ceci rejoint notre expérience : c'est dans la mesure où – et ce n'est jamais fini – j'ai cheminé, où j'ai été conduit vers ce lieu où je suis homeless, c'est-à-dire la question “qui suis-je ?” est sans réponse, où je suis nomade, où je n'ai pas trouvé à me poser, où je suis question à moi-même, énigme à moi-même, c'est dans la mesure où je suis dans ce lieu-là un tant soit peu que le Christ peut vraiment me rejoindre. C'est cela que nous dit Nishitani. […]

Ce que j'essaie de dire ici, c'est que c'est dans le lieu du maximum de la question, du maximum de l'énigme, du maximum de la ténèbre et de l'incertitude, c'est là où le Christ peut nous rencontrer. Et ce qui se produit pour le croyant (croyant au sens du Christ, mais peut-être que le musulman en dirait autant) lorsqu'il pratique la méditation sans objet dans l'esprit du zen, c'est que des textes de l'Écriture, des épisodes, des récits prennent d'un seul coup une force, une profondeur, un relief sans précédent. Moi ça m'arrive quasiment tous les jours…

 

Je vais attirer votre attention sur quelques textes qui, d'un seul coup, dans la perspective que je viens d'esquisser de cette énigme et de cette ténèbre me sont apparus très importants. Probablement vous les avez découvert vous-mêmes. Je les prends dans n'importe quel ordre. Je ne prends que des textes du Nouveau Testament, mais il y a aussi dans l'Ancien Testament, notamment bien sûr toute la question du nuage, de la ténèbre...

 

●   « N'ayez pas peur, je suis » (Jn 6, 16-21)

En route vers l'autre rive, Voix d'Assise n° 94Le premier texte que je trouve est très frappant. Le chapitre 6 de l'évangile de Jean commence par la multiplication des pains, ensuite comme ils veulent le faire roi, Jésus part et se cache de l'autre côté du lac. Les disciples le cherchent et prennent une barque de nuit. Les vents sont contraires, ils rament pour traverser le lac, ils n'avancent pas. Lorsqu'ils sont au milieu du lac, au milieu de la nuit – tout cela est riche de sens – Jésus s'avance vers eux en marchant sur les eaux. Ils ont peur. C'est à ce moment-là que Jésus dit : « N'ayez pas peur… ». En général dans les traductions françaises vous avez : « N'ayez pas peur, c'est moi », mais vous savez qu'en grec ce qui est traduit par "c'est moi", égo éimi, veut aussi dire "je suis", et chez saint Jean ce "je suis" est une allusion au texte de l'Exode où Dieu dit « Je suis » à Moïse au buisson ardent. Et dès que Jésus a dit : « N'ayez pas peur, je suis », les disciples veulent le prendre dans la barque, et à l'instant même ils sont arrivés sur l'autre rive !

Je trouve que tout est dit dans ce récit : ces hommes qui rament, qui essayent d'avancer et n'avancent pas… justement dans la perspective que j'ai évoquée auparavant : chacun d'entre nous avec cette question “qui suis-je ?”, chacun d'entre nous : en route vers l'autre rive (the other shore) comme le dit l'Orient (le père Oshida le reprend volontiers) sans y arriver : c'est-à-dire dans nos questions, dans nos thérapies, dans nos exercices etc. Jésus arrive, dit : égo éimi (Je suis) et il monte dans la barque : aussitôt ils sont à l'autre rive ! Autrement dit, je vais en donner d'autres illustrations, cet événement, cette rencontre, c'est l'accomplissement du voyage vers la terre ferme. Il ne pouvait pas avoir lieu ailleurs que dans cette détresse où ils étaient de ne plus pouvoir avancer.

 

●   “Qui suis-je ?” et “Qui dis-tu que je suis ?” (Mt 16, 13-23)

Pierre et JésusDeuxième texte en Matthieu 16.C'est un texte qui est malheureusement colonisé puisqu'on l'utilise pour l'histoire du pape et de la primauté romaine. Dieu merci il y a autre chose dans Matthieu 16. Vous vous souvenez : « qui dites-vous que je suis ? » demande Jésus ; alors les uns disent ceci, les autres cela… et vous, qui dites-vous que je suis ? Pierre répond : Tu es le Christ ; et à ce moment-là, on a la parole du Christ à Pierre : Heureux es-tu Simon, car cette parole n'est pas venue de la chair et du sang, mais de mon Père. Désormais tu es Pierre et sur cette pierre… Donc Simon devient Pierre.

Je vous invite à méditer ce texte dans notre perspective. C'est un entrecroisement de deux problématiques. Il est bien évident que Simon, comme tout être humain sur la terre, passe sa vie à se poser la question de “qui suis-je ?”, et quand je dis la question “qui suis-je ?”, ce n'est pas abstrait, c'est la question de la vie. Il est sur son chemin à lui du “qui suis-je ?”. Jésus croise son chemin – pas simplement ce jour-là bien évidemment, mais là, c'est une journée décisive –, Jésus croise son chemin, Jésus pose la question : « Qui dis-tu que je suis ? ». C'est en répondant à la question posée par Jésus que Simon fait place à Pierre… et Pierre, c'est celui qui ne parle plus à partir de la chair et du sang.

Ce que je dis dans cette histoire – je me suis approché de cela à partir de l'expérience de ce qu'est le kôan –, c'est qu'il y a deux questions. Il y a la question “qui suis-je ?” et il y a la question que le Christ adresse à chacun d'entre nous : “qui dis-tu que je suis ?”. Il y a deux questions, il y a une seule réponse. C'est au moment où Simon répond en disant « tu es le Christ, le fils du Dieu vivant » qu'il s'éveille à son Pierre. D'ailleurs il reste aussi Simon, il s'appellera Simon-Pierre, parce que les noms s'ajoutent.

L'histoire continue, vous vous en souvenez, ce jour-là, c'était une rude journée. En effet Jésus annonce qu'il doit souffrir, et Pierre : Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera pas !, à quoi Jésus rétorque : Retire-toi ! Derrière moi, Satan !... car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes, c'est-à-dire : Pierre, tu n'es pas toi-même, tu viens d'être le porte-parole de Satan !

Le matin, quand il prend son petit déjeuner, il s'appelle Simon, un peu plus tard il s'appelle Pierre, et un peu plus tard il s'appelle Satan ! Je crois que c'est ça la réalité : nous sommes simultanément Simon, Pierre et Satan ! Dans l'assise, il y a des moments où on est Satan, il y a des moments où on est Simon – Simon c'est notre identité habituelle sociale… –; puis il y a des moments où on est Pierre – Pierre c'est notre identité profonde dans le Christ[3]. Dans la dynamique immanente de la vie humaine, de “qui suis-je ?”, le Christ vient, nous croise comme tout à l'heure il croisait la barque, et en posant une nouvelle question, il nous fait nous éveiller, naître à la réponse complète.

 

●   Jésus descend aux enfers de la question sans issue avec ses deux compagnons (Lc 24, 13-33)[4]

les disciples d'EmmaüsTroisième texte, le récit des pèlerins d'Emmaüs dans l'évangile de Luc. C'est un récit extraordinaire. Les deux pèlerins discutent entre eux de leurs déceptions. Ils sont là sur le chemin. De quoi discutez-vous ? leur dit Jésus qu'ils ne reconnaissent pas. Enfin, tu es bien le seul à ne pas être au courant de ce qui s'est passé à Jérusalem ! C'est prodigieux, l'ironie du texte, mais c'est l'ironie de chaque jour parce que c'est comme ça que nous sommes. Sans arrêt, nous reprochons au Seigneur de ne pas s'occuper de nous, de ne pas être au courant de ce qui se passe, dans nos vies, dans le monde. Donc ils sont là dans leur cheminement et Jésus les accompagne. Jésus les "accompagne", je dirais en termes psychologiques, puisqu'ils sont en train de retourner à Emmaüs d'où ils sont partis un beau jour, que c'est ce qu'on appelle une "régression" : regredere, ils régressent, ils retournent à la case départ. Jésus les accompagne non pas avec des réponses d'abord, mais il les interroge, il se fait questionnant avec eux.

Je considère que dans ce récit d'Emmaüs il y a là comme une manifestation de la descente aux enfers. Jésus descend aux enfers avec ses deux compagnons, les enfers de la question sans issue, les enfers du désespoir.

Il parle et à la fin il pose un signe : c'est à la fraction du pain qu'ils sont éveillés - et alors on peut dire que c'est le satori chrétien, car la fraction du pain c'est comme lorsque le Bouddha lèvre une fleur et qu'Ananda sourit, le seul du groupe qui, en voyant la fleur, est éveillé –. À ce moment-là ils disent : Nos cœurs n'était-il pas tout brûlants… ?, c'est le vocabulaire de la Bible. Ils se rendent compte a posteriori que le fonds contient tout.

 

Traductions des trois textes d'évangile

 

Jn 6, 15-21, traduction de Sœur Jeanne d'Arc « Comme le soir venait, ses disciples descendent à la mer. Ils montent en barque pour aller de l'autre côté de la mer, à Capharnaüm. Les ténèbres déjà étaient là et Jésus n'était pas encore venu vers eux ! Et la mer, avec un grand vent qui soufflait, se réveillait. Ils avaient donc ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marchant sur la mer : il est proche de la barque. Ils craignent. Mais il leur dit : « Je suis. Ne craignez plus ! » Ils veulent donc le prendre dans la barque... Et aussitôt la barque est à terre, là où ils allaient ! »

 

Matthieu 16, traduction TOB. « 13Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus interrogeait ses disciples : « Au dire des hommes, qui est le Fils de l’homme ? » 14Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » 15Il leur dit : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » 16Prenant la parole, Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » 17Reprenant alors la parole, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. 18Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la Puissance de la mort n’aura pas de force contre elle. 19Je te donnerai les clés du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux. » 20Alors il commanda sévèrement aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.

21A partir de ce moment, Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter. 22Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander, en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera pas ! » 23Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Retire-toi ! Derrière moi, Satan ! Tu es pour moi occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

 

Luc 24, traduction TOB : « 13Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem. 14Ils parlaient entre eux de tous ces événements. 15Or, comme ils parlaient et discutaient ensemble, Jésus lui-même les rejoignit et fit route avec eux ; 16mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. 17Il leur dit : « Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? » Alors ils s’arrêtèrent, l’air sombre. 18L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : « Tu es bien le seul à séjourner à Jérusalem qui n’ait pas appris ce qui s’y est passé ces jours-ci ! » – 19« Quoi donc ? » leur dit-il. Ils lui répondirent : « Ce qui concerne Jésus de Nazareth, qui fut un prophète puissant en action et en parole devant Dieu et devant tout le peuple : 20comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié ; 21et nous, nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël. Mais, en plus de tout cela, voici le troisième jour que ces faits se sont passés. 22Toutefois, quelques femmes qui sont des nôtres nous ont bouleversés : s’étant rendues de grand matin au tombeau 23et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu’elles ont même eu la vision d’anges qui le déclarent vivant. 24Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ce qu’ils ont trouvé était conforme à ce que les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » 25Et lui leur dit : « Esprits sans intelligence, cœurs lents à croire tout ce qu’ont déclaré les prophètes ! 26Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et qu’il entrât dans sa gloire ? » 27Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

28Ils approchèrent du village où ils se rendaient, et lui fit mine d’aller plus loin. 29Ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. » Et il entra pour rester avec eux. 30Or, quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. 31Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent, puis il leur devint invisible. 32Et ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures ? » 33A l’instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem. »



[1] Le texte qui figure ici est par endroits différent du texte publié par le DIM. En effet, Bernard Durel s'adressait à des moines et moniales qui connaissaient tous les évangiles et a donc raccourci les histoires. Donc, dans le résumé qu'il a fait des textes d'évangile son récit a été un peu complété pour aider les lecteurs qui n'auraient pas connaissance des textes. Les textes eux-mêmes ont été ajoutés en fin de message. Les trois sous-titres pour les passages d'évangile ont été ajoutés.

[2] Les rencontres avec Jésus n’ont pas de lieu, ou plutôt, tout a lieu dans la rue! Ceux qui veulent le rencontrer sont ceux qui ont perdu pied ! Quand quelqu’un veut suivre le Christ, Jésus répond toujours « Le fils de Dieu n’a pas où reposer la tête

[3] Dans un autre enseignement, après avoir parlé de la réponse de Pierre qui laisse parler Satan à travers lui,  Bernard Durel disait : « quand nous ne faisons pas obstacle à la source profonde, se dit une parole qui nous dépasse, comme le sont certaines paroles extraordinaires d'enfants.»