Henri le Saux devenu Swami Abhishiktânanda (1910-1973) était prêtre, moine, ermite, sannyâsi, écrivain, correspondant, conférencier, voyageur… Il est l'un des pionniers du dialogue interreligieux. Sa démarche intérieure et le pont qu'il a fait entre christianisme et hindouisme séduisent des lecteurs venus de tous les horizons. À la fin de sa vie, à la suite d'une expérience bouleversante il dira « J'ai trouvé le Graal », mais les expériences qu'ils vivaient lui ont posé des questions au début de son parcours : « Si dans l'advaita (la non-dualité) c'était moi seul que je trouvais et non Dieu ? Et pourtant, ce n'est que depuis la découverte de l'advaita à Arunâchala que j'ai retrouvé paix et joie de vivre. » (Les yeux de lumière, 1953). Très engagé dans la mise en œuvre des orientations du concile Vatican II en Inde, il n'était pas qu'un contemplatif mais a sillonné l'Inde, et s'il était disciple de gourous (Ramana Maharshi puis Gnânânanda), il est devenu lui-même gourou à la fin de sa vie.

Au centre Assise en février 1991, Odette Baumer-Despeigne (1913-2002) a animé un week-end en présence de Jacques Breton (1925-2017) le fondateur du centre Assise. C'est pourquoi une suite de messages figure sur ce blog des Voies d'Assise :

  • Le 1er message donne une première approche d'Henri Le Saux à travers le séjour de Jean Sulivan à son âshram : extraits de lettres, extraits d'un article de Guy Deleury etextraits du Plus petit abîme, livre de J. Sulivan. Séjour de Sulivan chez Le Saux en Inde
  • Le présent message donne des références sur Henri Le Saux et contient deux parties : I – Bibliographie et II – Biographie avec une carte des principaux lieux où a vécu Henri Le Saux en Inde.
  • Le 3ème message contient la première partie de l'intervention d'Odette Baümer en février 1991 (avec en début une présentation du week-end) : topo sur "Henri le Saux et l'expérience d'advaita" suivi d'histoires concernant la relation de Le Saux et de Marc Chaduc. Partie 1 du week-end
  • Le 4ème message contient la deuxième partie de l'intervention d'Odette Baümer en février 1991 : topo d'O. B. à partir de l'échange de lettres inédites (à l'époque) qu'elle a eu avec le Saux suivi de questions des participants et réponses d'O. B. Partie 2 du week-end

Plus tard d'autres messages sont prévus être publiés, en particulier le Notre Père en ordre inversé qu'Odette Baümer a élaboré à partir des écrits d'Henri Le Saux et qu'elle a lu en soirée.

 

I – BIBLIOGRAPHIE

 

Henri Le Saux, La montée du fond du coeur1) LIVRES D'HENRI LE SAUX

Guhântara : au sein du fond (écrit en 1952-53 mais seuls des extraits ont été publiés : L’introduction est dans "Pour une intégration chrétienne de la tradition monastique de l'Inde," Contacts  XV/1 (1963), 41-51; plusieurs parties sont dans Initiation à la spiritualité des Upanishads, p. 41-47 et p. 57-64 et dans la première partie d’Intériorité et Révélation, p. 41-126. La préface écrite par J Monchanin figure dans  Mystique de l'Inde, mystère chrétien p.269-273).

Ermites du Saccidànanda, Un essai d'intégration chrétienne de la tradition monastique de l'inde. (avec J. Monchanin), Casterman 1956 ;

Swami Parama Arubi Anandam : Fr. J. Monchanin 1895-1957.  A Memorial publié par Saccidananda Ashram, Tannirpalli, 1959. (Version élargie de “Le père Monchanin”,   La vie  spirituelle, no 98 (1958), 71-95), avec ‘A Garland of Memories’ and selected writings).

Sagesse hindoue, Mystique chrétienne, éd. du Centurion 1965 (rédigée en 1961-62, cette première version est parue en 1965 avec le sous-titre "Du Vedânta à la Trinité") réédité en 1991, une deuxième version intègre des retouches faites par H le Saux à l'édition anglaise.

La rencontre de l’hindouisme et du christianisme, Paris le Seuil 1966 ;

Une messe aux sources du Gange, le Seuil 1967 (c'est une révision de The Mountain of the Lord, Delhi, ISPCK, 1966, par Le Saux);

Gnânânanda, Un maître spirituel du pays Tamoul, éd. Présence 1970 ; Préfaces de Swami Atmananda et Swami Nityananda Giri. amis d’Henri Le Saux.

Éveil à soi – Éveil à Dieu, Centurion 1971; Rééditions, Paris, Le Seuil, 1984, Oeil, 1986. (Édition révisée par l’auteur à partir de Prayer, 1972, avec addition de l’essai « Le chrétien en vérité »).

Souvenirs d’Arunàchala, Epi 1978 ;

Initiation à la spiritualité des Upanishads, éd. Présence 1979, importante introduction d'Odette Baümer-Despeigne ;

Intériorité et révélation, éd. Présence 1982, 333p. Importante introduction de Jacques Dupuis. (La première partie contient des essais de Guhantara et “Esseulement”; la deuxième partie, des essais et notes de 1961-1972.)

Ecrits choisis, par Marie-Madeleine Davy, Ed. Albin Michel, 1991

Les yeux de lumière, Présentation d’A. Gozier et J. Lemarié, éd. du Centurion 1979. Édition révisée et élargie, Paris, Oeil, 1989.  (Contient 7 articles, avec correspondance et extraits du Journal.)

La montée au fond du cœur : le journal intime d'un moine chrétien sannyâsi hindou, 1948-1973, O.E.I.L., Paris, 1986, importante préface et notes de R. Panikkar. (NOTE : sur les 900 feuillets recto-verso du manuscrit du journal, seule une version expurgée a été publiée).

Secrets de l'Inde (reprend Gnânânanda et Souvenirs d’Arunàchala comme H le Saux l'avait prévu), Les Ateliers du Bec, 2014, Introduction et notes par Frère Antoine Desfarges.

Plénitude de l’être : vie et enseignement de Sri Gnanananda, Témoignage d'Henri Le Saux, Textes présentés par Patrick Mandala, Préface Sawami Atmananda Udasin, Paris, Ed. Accarias-L’Originel, 2015.

NOTE : Lors du week-end de février 1991, Odette Baümer conseillait comme premier livre  Éveil à soi – Éveil à Dieu.

 

2) LETTRES D'HENRI LE SAUX.

Lettres à Odette Baumer-Despeigne dans l'article « Cheminement spirituel d'Henri Le Saux (Textes inédits) », in La Vie spirituelle, 144, 1990, p. 535

Le bénédictin et le grand éveil. La vie en Inde et le cheminement spirituel du P. Henri Le Saux (Swami Abhishiktânanda) - 1910-1973, à travers ses lettres, par James Stuart, Paris, R.M Salen - J. Maisonneuve, 1999.

Lettres d’un Sannyasi chrétien à Joseph Lemarié, Présentation de J. Lemarié et F. Jacquin. Le Cerf 1999.

Henri Le SAUX (Swâmi Abhishiktânanda), Vers l'expérience intérieure. Lettres à Sœur Thérèse Le Saux (1952-1973), publié en novembre 2018.

 Remarque : Du 19 au 26 février 2012, Frère Daniel Pont de l’Abbaye d’En-Calcat et Frère Antoine Desfarges de l’Abbaye du Bec-Hellouin, qui est chargé de la réédition des œuvres du Père Henri Le Saux, se sont rendus en Inde à New Delhi pour prendre connaissance des archives de ce dernier, conservée à la Delhi Brotherhood House, et procéder à leur numérisation. Cette démarche a été financée par le DIM.

 

3) DEUX FILMS SUR HENRI LE SAUX.

Swamiji, un voyage intérieur, Un film de Patrice Chagnard : Sous la forme de récit autobiographique, combinant les textes d'Henri Le Saux, souvent d'une grande beauté, et le souvenir de ses proches, l'itinéraire de ce moine bénédictin converti à l'hindouisme. En vente à 19 € sur http://www.inner-quest.org/Fr_DVD_1.htm#Swamiji ou visible sur https://www.youtube.com/watch?v=Nb346vQo0WM

L'aurore du tréfonds, un film de Fabrice Blee (cf. https://www.solarsproductions.com/)

 

4) LIVRES SUR HENRI LE SAUX.

Le plus petit abîme, Jean Sulivan, Gallimard, 1965, p. 173-259

Henri Le Saux, le Passeur entre deux rives, par M.-M. Davy, éd. du Cerf 1981

Le père Le Saux à la rencontre de l’hindouisme, par André Gozier, Ed du Centurion, 1982

Jésus-Christ à la rencontre des religions, par Jacques Dupuis, Desclée, Paris, 1994 (2e édition) [p. 89-115 : sur l’expérience d’Abhishiktananda qu’il a bien connu]

Lettres au Père Le Saux, de Jules Monchanin [Parama Arubi Anandam] présenté par Fr. Jacquin, Ed. du Cerf, 1995

La grotte du cœur, la vie de Swami Abhishiktananda, par Shirley du Boulay, Ed du Cerf, 2007

Henri le Saux, un moine chrétien à l'écoute des upanishads, par André Gozier, éd. Arfuyen, 2008

Henri le Saux, christianisme et spiritualité indienne, par Harry Oldmeadow, éd. Almora, 2010

Et Jésus marcha sur le Gange. Sur les traces d’Henri Le Saux, Alain Durel, François Bourin Éditeur, 2012

Commentaires à propos des lettres du père Henri Le Saux adressées à sa sœur Marie-Thérèse, par Armelle Dutruc, Ed. Grégorienne 2018.

Remarque : il y a aussi des livres anglais. En particulier la carte est extraite du livre A Christian Pilgrim in India: The Spiritual Journey of Swami Abhishiktananda (Henri Le Saux)

 

5) ARTICLES SUR LE SITE DU DIM.

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LE SHANTIVANAM SUR INTERNET

Le site internet de l'ashram est inaccessible en ce moment[1] : voir http://www.abhishiktananda.org.in/#!/page_portfolio    https://fr.wikipedia.org/wiki/Saccidananda_Ashram et photos sur http://www.cheminsdeshanti.fr/images/PDF/Shantivanam/shantivanam-compressed.pdf et https://oblatesofshantivanam.yolasite.com/saccidananda-ashram-frequently-asked-questions.php

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Carte extraite du livre A Christian Pilgrim in India: The Spiritual Journey of Swami Abhishiktananda (Henri Le Saux)

1 carte Inde

 

II – BIOGRAPHIE

N B : Quand des noms importants apparaissent pour la 1ère fois, ils sont en gras

 

Henri Le Saux au débutVie en France jusqu'en 1948 :

1910 – Naît le 30 août à Saint‐Briac en Bretagne.
1921 – Entre au petit séminaire de Châteaugiron.
1925 – Entre au grand séminaire à Rennes.
1929 – Entre le 15 octobre à l’abbaye de Sainte‐Anne de Kergonan.
1935 – Profession solennelle (30 mai) et ordination (21 décembre).
1939 – Mobilisé en Lorraine.
1940 – Capturé en Lorraine, mais s'échappe et retourne à l'Abbaye
1942 – Premier ouvrage dédié à sa mère : Amour et Sagesse, puis un second volume : Saint‐Esprit et Notre‐Dame, perdu.
1945 – Parle de son projet pour l’Inde à son abbé. Celui-ci, avec des réticences, lui donne l'autorisation de faire des démarches pour cela. Étudie le sanskrit et le tamoul et devient végétarien
1947 – Premier contact avec l’abbé Jules Monchanin et l'évêque Mendonça (Tiruchirappalli).
1948 – [Note : 30 janvier 1948 assassinat du Mahatma Gandhi].
Le 19 mai reçoit l’indult d’exclaustration lui permettant d’être moine en dehors de son monastère. Embarque à Marseille en direction de l’Inde le 26 juillet.

 

1948-1951 : Vie avec J Monchanin, visites chez Ramana et fondation du Shantivanam:

1948 ‐ Rejoint Monchanin le 17 août et habite au presbytère de Kulittallai où Monchanin est curé.
1949 ‐ Le 24 janvier se rend à Tiruvanamalai, à l’ashram de Sri Ramana Maharshi (1879-1950) avec Monchanin, et de nouveau en août.
1950 – Le 21 mars, inauguration de l'âshram du Saccidânanda (Être, Conscience, Félicité) dans le lieu dit Shantivanam (forêt de la paix) avec Monchanin[2]. Le Saux prend le nom indien d'Abhishikteshvarânanda (celui dont la joie est l'oint du Seigneur) qui deviendra Abhishiktananda ; Monchanin devient Param Arubi Ananda (celui qui met sa joie dans l'être sans forme). Ils revêtent le kâvi (habit des renonçants hindous) et célèbrent la première messe dans leur ashram.         
 ‐ Deuxième visite à l’ashram de Maharshi.          
‐ Séjour à Pondichéry (colonie française en Inde et comptoir de la Compagnie française des Indes orientales de 1674 à 1954), visite à l’archevêché.
1951 – Construction de la chapelle du Shantivanam sur le modèle des temples hindous.
En septembre séjour à Siluvaigiri où vivent Emmanuel de Meester et Dominique van Rolleghem[3] originaires de l'abbaye Saint-André-de-Brudes (Belgique).

 

1952-1956 : Séjours dans les grottes d'Arunâchala ; disciple de Swami Gnânânanda

1952 – Le 29 mars premier long séjour dans une grotte de Vanatti (Arunâchala).
1953 – Du 3 au 31 mars, séjour dans une grotte à Arunâchala – Carême et Avent. Rencontre bouleversante avec Harilal W.L. Poonja[4] (sage védantin) et Sundarammal.
Juin voyage dans le sud de l'Inde avec Dominique van Rolleghem.
3 novembre/27 décembre séjour dans une grotte à Arunâchala.
1954 – Du 20 au 27 avril, en solitaire au Skanda Ashram (Arunâchala), puis 13 mai/12 juillet séjour dans une grotte d’Arunâchala, rédige Guhântara.
Octobre/décembre : construction d'un mandapam (auvent) au Shantivanam.
22 décembre 54/7février 55 : séjour à Arunâchala.
1955 – Visite de centres monastiques : Kanheri, nord de Bombay, monastère bouddhique du IIe siècle, aux 109 grottes taillées dans le roc ;
- le 11 juillet visite des grottes d’Eléphanta près de Bombay (découverte de la statue de Shiva à trois têtes).
- Accueil à Bombay de Francis Mahieu, trappiste belge qui désire vivre au Shantivanam
- 27 juillet/ 8 août : rencontre avec le Dr Mehta d'origine parsi, ancien médecin du Mahatma Gandhi
- Rédige en collaboration avec Monchanin Ermites du Saccidananda (publié en 1956).
‐ Les 12-15 décembre, rencontre avec Swami Gnânânanda[5], sage védantin, de Tirukoilur, à 30 km de Tiruvannamalai.
1956 – Les 28 février/ 15 mars, séjour à Tapovanam, l’ashram de Sri Gnânânanda (Tyroloylur).          ‐ 5 novembre/8 décembre : Retraite en reclus au Mauna Mandir, Kumbakonam. Écrit 235 pages de Journal. Expérience profonde («L’être dans sa nudité»).         
‐ Rédige Essais sur Arunâchala, qui deviendra : Souvenirs d’Arunâchala et paraitra en1978.

 

1957-1960 : Décès de Monchanin ; voyages au Nord de l'Inde, pèlerinage aux Himâlayas

1957 ‐ de mars à septembre tour dans le Nord de l'Inde, rencontres avec Sri H.W.L. Poonja et Dr. Mehta. À Bénarès, rencontre de Raimon Panikkar au grand séminaire de Poona.         
‐  J. Monchanin malade, rentre à Paris et meurt le 10 octobre.         
‐ Noël, réunion, première conférence théologique sur les mystiques indiennes au Shantivanam – "L’expérience mystique" (avec D. Van Rolleghem, Bede Griffiths, R. Panikkar).
1958 – En janvier 1958 renouvellement de l’indult d’exclaustration. Début de son association avec plusieurs Carmels indiens et celui de Lisieux.
- En février court séjour à Arunâchala. Publie en anglais un livre sur Jules Monchanin : Swami Parama Arubi Anand. En décembre, 2ème conférence à Shantivanam.
1959 – Grand voyage au Nord, pèlerinage dans les Himâlayas (300 km dont 120 à pied). Séjour à Almora.
‐ Première visite à l’ashram chrétien de Jyotiniketan (anglican) près de Bareilly (Utta Pradesh) où vit le Rev. Murray Rogers et son épouse et d'autres, Murray sera un de ses meilleurs amis. Odette Baümer-Despeigne dira : « ceux qui ont été les plus accueillants au point de vue hospitalité pour le Père le Saux, ce n'est pas l'évêché, ce n'est pas une paroisse, mais ce sont les anglicans ! Encore aujourd'hui, toutes les archives sont à la fraternité anglicane… Et le bulletin de la société Abhishiktananda est publié par les anglicans.»            
‐ Deuxième voyage vers les Himâlayas (Indore, Almorâ, Rishikesh, Hardwâr). Fait 300 km à pied. Retour par Delhi.
Fin septembre : réponse favorable de l'évêque de Meerut à sa demande d'implanter un ermitage près des sources du Gange.
Octobre : retour au Shantivanam.
1960  ‐ 11 juin : devient un citoyen indien.

 

Henri Le Saux, 19651961-1968 : Ermitage de Gyansu et âshram du Shantivanam, réunions d'études dans un petit cercle.

1961 – Achète un lopin de terre à Gyansu (Uttarkâshi), à 70 km de la source principale du Gange, et y fait construire son ermitage (kutiya). Uttarkâshi est une cité monastique sur la route de Gangotri, principale source du fleuve sacré.
       - 16-30 avril : 1ère réunion d'études à Almorâ sur les contreforts de l’Himalaya (avec un couple de pasteurs anglicans, les Murray Rogers, soutenu par J. A. Cuttat, ambassadeur de Suisse, il suscite plusieurs sessions de lectures alternées de la Bible et des Upanishads)
1962  ‐  Rédige Expérience du Saccidananda qui deviendra Sagesse hindoue, Mystique chrétienne (paraît en 1965).
- 2ème rencontre d'étude au Centre d’études chrétiennes de Rajpur au pied de l’Himalaya (Utarranchal) sur la possibilité d’intégrer au christianisme l’intériorité hindoue.
‐ Le concile Vatican II est ouvert le 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII et se termine le 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI. H. Le Saux suit ce qui s'y passe.
- À Noël reçoit la visite de Jean Sulivan, prêtre-écrivain (Cf. Le plus petit abîme que Sulivan publia en 1965)
1963 – Réside longuement à Gyansu – 1er pèlerinage à la source du Gange  dans la région de Kerdarnath (3584 m) en mai,
- 3ème rencontre d'études à Nâgpur au nord du Maharastra, organisée par le Dr Cuttat en décembre. sur une lecture croisée de lectio divina. C'est ce qui a donné lieu au livre La Rencontre de l’hindouisme et du christianisme, Ed. du Seuil 1965.
1964 – En juin-juillet, pèlerinage à la source du Gange, à Gangotrî (3048 m) avec Panikkar (Cf. Une messe aux sources du Gange, Ed. du Seuil, 1967).
D'août 64 à mai 65 il est au Shantivanam
1965 – De juin à décembre il va dans le Nord. Première rencontre avec Sri Swami Chidananda Saraswati, au Shivananda Ashram, Rishikesh. Du 20 au 28 septembre, il rencontre sœur Thérèse, carmélite de Lisieux, dont il deviendra le guide spirituel
Noël à Bénarès avec Panikkar.
Voyages et rencontres pour aider à mettre l’Église en Inde au diapason des orientations du concile Vatican II qui s'est terminé fin 1965.
1966 De janvier à août il est au Shantivanam.     
- Début de la correspondance de Le Saux avec Odette Baümer-Despeigne.  
1968, – en août, Bède Griffiths, bénédictin anglais prend la direction du Shantivanam, et Le Saux en est libéré.
– a un pied à terre dans le Christian Retreat and Study Centre à Rajpur, c'est là que sont ses livres venus du Shantivanam.

 

1968-70 : Participation active aux suites du Concile Vatican II – H. Le Saux est reconnu.

1969 – 1er-25mai : séminaire de Bangalore[6] (1969), en quelque sorte le 1er concile de l'Inde, séminaire où il joue un rôle très important. C'est à partir de là qu'il est reconnu comme un des pionniers d'un renouveau de l'Église suivant les directives du concile Vatican II. Il participe à l'élaboration d'une liturgie indienne[7].
– début de la correspondance avec Marc Chaduc séminariste lyonnais de 27 ans.

 

Henri Le Saux et Marc Chaduc, messe à Haridwar1970-73 : Henri Le Saux devient lui‐même Guru

1970 : en juin accueille à Gyansu Ramesh Shrivastava et Lalit Sharma, deux disciples hindous
1971 – Janvier : à Jyotiniketan rencontre Shigeto Oshida, dominicain japonais qui pratique le zen et a fondé une communauté au Japon. Ils vont ensemble à Rishikesh et à Haridwâr.
21 octobre arrivée de Marc Chaduc qui deviendra son disciple.
Octobre/novembre voyage à Haridwâr, Rishikesh et Phulchatti avec Marc (en particulier : du 1er au 11 novembre, dans  un ashram hindou. à Phulchatti, dans la jungle proche des Himalayas)  
1972 – Janvier/février : demeure à Delhi avec Ramesh.
une semaine d'études sur les Upanishads avec Marc Chaduc et Ramesh.
1-20 mai à Phulchatti Ashram avec Marc; première expérience de Marc (nirvikalpa samadhi) et le 20-21 mai expérience de feu au Shivananda Ashram (Rishikesh) la nuit de la Pentecôte.
12 août subit une opération à Indore après une crise grave de dypsnée.
20 septembre/2 décembre études avec Marc, Ajit et d'autres amis à Rajpur
1973 – Le 30 juin, dîkshâ de Marc Chaduc avec double initiation (Le Saux assisté de Swãmi Chidânanda) – Marc devient Swami Ajatananda (le béni du Non-né) et part en errance (en fait Marc revenait toutes les deux semaines environ chez un policier de référence pour prendre des nouvelles de son visa).       
 ‐  10-14 Juillet, expérience de transmission de guru à disciple dans la jungle. Le 14 à Rishikesh, en courant après un autobus, infarctus de Le Saux et grande expérience sous le symbole du Graal..        
 ‐   en août, transporté à Indore à la Clinique des sœurs franciscaines, y reste jusqu'à sa mort.      
  ‐  7 décembre décès, sépulture à Indore.

1994 : transfert de ses ossements à l'ashram du Shantivanam. Ils se trouvent entre la sépulture de Bede Griffiths décédé en 1993 et le cénotaphe de Jules Monchanin (il y a ses sandales)



[1] ADRESSE : Saccidananda Ashram  /  Shantivanam, Tannirpalli (Post)  /  Kulithalai (Tk), Karur Dt. Tamil Nadu  /  639107 - South India / Telephone 0091(0)4323 222260 *Fax 0091(0)4323 222280  /  Email::shantivanam3@gmail.com

[2] Voici ce qu'ils entendaient promouvoir  : «« Le moine, le Saint, vers qui regarde l’Inde spirituelle, n’est pas celui qui cherche sa voie dans de multiples pratiques d’ascèse et de dévotion , dans la continuelle récitation de mantras ou de prières, dans les pèlerinages et autres oeuvres pies (qu’il s’agisse d’hindous ou de chrétiens), dans le compte intéressé de ses mérites et de ses bonnes actions, mais celui qui aura senti un jour le vertige de l’absolu, de l’engouffrement au-dedans, qui de son oeil spirituel aura plongé en son tréfonds, et là, dans l’expérience suprême et ineffable, aura pénétré jusqu’en la source de son être, là où Est Celui qui Est. Ce n’est plus par ascèse, qu’un tel moine se désintéresse dès lors de la nourriture, du vêtement, du logement et du reste, qu’il demeure seul et dans le silence. Sa vie désormais – qu’il demeure solitaire en sa grotte ou qu’il vive entouré de disciples, ou bien que, errant, il s’en aille par les routes de village en village – ne sera plus que la simple expression au dehors de ce qu’il a reconnu enfin qu’il était … qu’il est. » (Ermites du Saccidânanda p. 50).

[3] Le P. Le Saux disait de Dominique van Rolleghem, quelques semaines avant son grand départ : « Celui qui m’est le plus proche spirituellement, c’est le P. Dominique », et Mme Odette Baumer-Despeignes, qui a transmis cet aveu, ajouta que le P. Dominique lui avait confié à ce propos : « Je suis sur la même ligne que le P. Le Saux mais je suis beaucoup plus lent » (lettre du 01/02/1995).  Avant son Grand Départ, Abhishiktânanda demanda que ses cahiers de notes (1948-1966) soient déposés chez le P. Dominique. C’est lui qui les remit à Odette Baumer-Despeigne pour les publier, ce qu’elle fit avec patience et compétence, aidée notamment par Raimon Panikkar. Le journal des dernières années (1966-1973), confié au disciple bien-aimé Marc Chaduc, a connu une histoire plus complexe mais est également arrivé chez le P. Dominique, « comme à son dépositaire » (R. Panikkar).

[4] H.W.L Poonja, un disciple de Ramana Maharshi sur nommé Papaji, "Réveillez-vous et rugissez!"

[5] Avec Gnânânanda, Le Saux découvre ce que signifie être disciple à la mode indienne. Il accepte de se prosterner devant lui comme le veut la coutume, il fait l’expérience d’une intimité et d’une confiance totale et ressent une communion d’âmes : « Quand il vous parle, c’est comme si que ce qu’il vous disait venait de votre propre cœur. » Il découvre que pour lire les Upanishads il faut un maître.

[6] Plusieurs choses importantes furent décidées comme le dit en 2011 un article de La Croix commentant une célébration : «Derrière une table basse, le prêtre a revêtu un châle orangé. Lentement, il procède au triple geste de l’arati pour offrir fleurs, encens et feu, tandis que l’assistance entonne une mélodie d’inspiration brahmanique, Ôm shuddhaya namaha…  (Nous te louons, Toi le très Saint), accompagnée au sitar. Tous les mercredis soir, une "messe indienne" est célébrée dans la chapelle en forme de temple hindou du Centre national biblique, catéchétique et liturgique (NBCLC) de Bangalore. […] Fondé en 1967 par la Conférence des évêques d’Inde afin d’« indianiser » la foi chrétienne, c’est-à-dire de l’enraciner dans la culture indienne, le NBCLC a permis à des milliers de prêtres et de laïcs de toute l’Inde de donner à leur christianisme un visage plus authentiquement indien. […] En 1969, le Vatican avait autorisé « 12 éléments d’adaptation » pour ces célébrations indiennes, telles la salutation avec les mains jointes devant le nez pour remplacer la génuflexion et l’échange de paix, ou l’utilisation d’encens, de fleurs et de lampes à huile. » (Claire LESEGRETAIN, La Croix du 22/05/2011)

[7] Il semble qu’il y ait des choses inédites à publier sur des liturgies sanskrites mises au point par Henri Le Saux.