Regarder un film de Patrice Chagnard est une véritable aventure... Comme une dizaine de ses anciens films sont accessibles gratuitement sur internet, en ce moment où nous sommes en confinement il est temps d'en profiter !

Trois films (Swamiji, un voyage intérieur ; Karlfried Graf Dürckheim, Le geste a la parole ; Zen, le souffle nu), ont déjà été cités dans des messages du blog, les liens sont donnés ci-après.

Le site "vodeus.tv" propose gratuitement actuellement 9 films de Patrice Chagnard, et de plus il propose la vidéo rétrospective réalisée au centre Pompidou où P. Chagnard est avec sa femme et réalisatrice, Claudine Bories. (Durée : 04:31)

Sur  https://vodeus.tv/search?q=Patrice%20Chagnard  il y a 8 films + la video rétrospective ("Zen, le souffle nu" existe aussi mais n'est pas tagué "Patrice Chagnard", voir le lien plus loin)

Patrice Chagnard, films

Plan :
I – FILMS VISIBLES SUR INTERNET OU EN DVD
II –DEUX AUTRES FILMS
III – Présentation de Patrice Chagnard

Le message suivant du blog donne une interview : Le lieu où les images restent, Interview du cinéaste Patrice Chagnard en 1988

 

Films de Patrice Chagnard

 

Ordre de présentation (les deux derniers sont en 2è partie) :

  1. Karlfried Graf Dürckheim, Le geste a la parole (1988) sur vodeus.tv
  2. Zen, le souffle nu (1985) sur vodeus.tv et DVD
  3. Swamiji, un voyage intérieur (1983) sur DVD 
  4. Jean-Paul Kauffmann - La lutte avec l'Ange (1996) sur vodeus.tv
  5. La blessure de Jacob – Rembrandt (1991) sur vodeus.tv
  6. L’homme en secret: Salomon (1990) DVD
  7. La vocation de Claudine (1990) sur vodeus.tv
  8. Solitudes ou la Balance du Cœur (1978) sur seraphim-marc-elie.fr
  9. Guy Gilbert, un prêtre dans la rue (1976) sur vodeus.tv
  10. Dom Helder Camara - Quelles que soient les conséquences ... (1974) sur vodeus.tv
  11. Napo mon frère (1966) sur vodeus.tv
  • Marie-Claire, La cage ouverte (1986)
  • Nous le peuple (2019) co-réalisé avec Claudine Bories.

à la suite de cela, une texte présente P. Chagnard et cite d'autres films.

 

I – FILMS VISIBLES SUR INTERNET OU EN DVD

 

Trois films sont disponibles en DVD qu'on peut se procurer (à la Procure pour le 1er et 3e):

  • Swamiji, un voyage intérieur ;
  • Zen, le souffle nu ;
  • L’homme en secret: Salomon.

Chaque film est présenté avec les références minimales et des liens éventuels. Plusieurs présentations ont pour source vodeus.tv

 

chez K-G Dürckheim1°) Karlfried Graf Dürckheim, Le geste a la parole

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée : environ 50 mn. 1988

https://vodeus.tv/video/karlfried-g-durckheim-le-geste-a-la-parole-128

Cette vidéo a été réalisée à Rütte, le centre de thérapie initiatique. La caméra suit essentiellement le parcours de Bernard Rérolle aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur : à l'intérieur il suit les thérapies initiatiques (calligraphie, musique, danse, champ d'argile, dessin méditatif, leibthérapie, masque, voie du sabre…) il participe aux séances de zazen et par ailleurs il met régulièrement par écrit son ressenti ; à l'extérieur il est dans la neige où il marche et travaille, il coupe du bois, il participe à une messe… Au milieu il y a la rencontre avec G. Dürckheim qui est dans son lit (les mains y ont un grand rôle). On y voit plusieurs thérapeutes dont certains sont venus au Centre Assise (Régine Helke pour le dessin ; Stephan Wiedemann pour la Voie du sabre…). En off, des extraits d’entretiens de Karlfried G. Dürckheim avec Claude Métra et Alphonse Goetmann, enrichissent et éclairent le déroulé et la visée de la retraite spirituelle. G. Dürckheim mourra quelques mois plus tard à 91 ans.

Voir sur le blog : Témoignage de B. Rérolle sur le travail fait chez G. Dürckheim, et lien vers une vidéo de P Chagnard tournée à Rütte en 1988

 

OSHIDA-Zen, le souffle nu2°)  Zen, le souffle nu,

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée environ: 1 h 10 mn. 1985

Directement sur https://vodeus.tv/video/zen-le-souffle-nu-2231

ou en DVD donné avec la Revue Sources (Terre du Ciel) n° 29 (11 € en 2016) : http://www.sources-vivre-relie.org/feuilleter/seul-et-ensemble/15/2.aspx )

Vincent Shigeto Oshida est né en 1922 à Yokohama au Japon. Son père est bouddhiste. Etudiant, il pratique la méditation auprès d’un maître zen puis devient chrétien. Après la guerre. il entre chez les Dominicains et passe plusieurs années au Canada. A la suite d’un accident, il est gravement atteint de tuberculose. Convalescent, il se retire plusieurs mois dans un temple abandonné. Il redécouvre le zen. En 1963, il construit un ermitage qui deviendra un lieu d’accueil pour des chercheurs de toutes confessions. «Zen, dit-il est une partie constitutive de mon âme et de mon corps depuis ma naissance : approfondir le silence intérieur, se laisser mouvoir par le souffle de Dieu ».

Le film dresse le portrait du père Oshida, qui se définit lui-même comme un bouddhiste qui a rencontré le Christ. Vincent Sigheto Oshida, japonais, est un ancien dominicain. On le découvre dans un ermitage zen où il nous livre ses méditations emprunte de sa double expérience religieuse faisant le lien entre entre christianisme et bouddhisme, Occident et Orient.

Sur le blog il y a un article de Oshida : Foi et Gyô (行 la pratique). Article de Shigeto Oshida:

Il est prévu ultérieurement un message sur le film (avec les paroles) car Jacques Breton à qui est dédié ce blog l'a pris comme support lors d'un week-end.

 

Swamiji, DVD3°)  Swamiji, un voyage intérieur.

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée : environ 1 h 30. 1983.

Existe en DVD (21 € 90 à la Procure)

Le P. Henri Le Saux est moine à l'abbaye bénédictine de Kergonan quand, en 1948, il rejoint dans le sud de l'Inde le père Monchanin, qui a commencé une expérience spirituelle innovante et très intéressante : mener une présence contemplative chrétienne dans ce pays. Les deux religieux fondent l'ashram du Shantivanam en 1950 (il existe toujours) : lieu d'une rencontre vécue entre le christianisme et les traditions spirituelles de l'Inde. Plus tard, Henri Le Saux va souhaiter répondre à un appel plus radical : il part vers l'Himalaya et les sources du Gange où, devenu Swami Abhishiktananda, il vivra jusqu'à sa mort en 1973 l'existence d'un "sadhou", comme ces autres moines errants hindous. Sous la forme de récit autobiographique, combinant les textes d'Henri Le Saux, souvent d'une grande beauté, et le souvenir de ses proches, l'itinéraire de ce moine bénédictin. « Fidèle à son habitude, Patrice Chagnard s'abstient de tout commentaire : des photos, des bribes de lettres, des extraits de journal intime jalonnent cet itinéraire difficile et parfois troublant. Que ce soit en Bretagne ou en Inde, sa caméra inspirée filme l'indicible. Et c'est diablement beau... » (Télérama)

Visible sur https://www.youtube.com/watch?v=Nb346vQo0WM

Voir sur le blog : Henri Le Saux, moine et Swami : Partie 1 du week-end animé par O. Baümer au Centre Assise en 1991et Henri Le Saux, moine et Swami : Partie 2 du week-end animé par Odette Baümer au Centre Assise en 1991(le film a été visionné pendant le week-end)

 

La lutte avec l'ange4°)  Jean-Paul Kauffmann - La lutte avec l'Ange

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée environ: 30 mn. 1996

https://vodeus.tv/video/jean-paul-kauffmann-la-lutte-avec-lange-de-patrice-chagnard-433

De 1985 à 88, pendant 1167 jours Jean-Paul Kauffmann a été retenu en otage au Liban. Aujourd’hui le journaliste a retrouvé une vie “normale”. Il a renoncé à l’aventure du grand reportage, pour se consacrer à un travail d’écriture, où il confie à demi-mots quelque chose de la solitude et de l’exil intérieur qui l’habite. Redécouvrir la beauté d’un arbre, être sensible à l’intensité de la lumière, goûter la chaleur d’une famille. Tels sont les simples mais indispensables plaisirs de la vie que Jean-Paul Kauffmann redécouvre sous le regard complice du réalisateur Patrice Chagnard. Le point de départ de ce documentaire, est le lien qui unit J-P Kauffmann à la fresque de Delacroix de “La lutte de Jacob avec l’ange”. Ce film est construit comme un dialogue entre l’écrivain et la peinture. (Voir aussi un commentaire : https://www.lejourduseigneur.com/kauffmann-la-lutte-avec-ange/)

N B : L'homme en secret est une cassette vidéo de 52 mn contenant les deux films que P. Chagnard a réalisé sur J-P Kauffmann (La lutte avec l'ange et Le retour de Tobie), mais elle n'est plus en vente.

 

5°)  La blessure de Jacob – Rembrandt

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée : environ 52 mn. 1991

https://vodeus.tv/video/la-blessure-de-jacob-rembrandt-53

Avec La blessure de Jacob, le réalisateur Patrice Chagnard nous convie, à la suite du père Paul Baudiquey, à une rencontre esthétique qui invite à un retour sur nous-mêmes. De Berlin à Paris, de musées en atelier d’ébénisterie et de peinture, de Rembrandt, plus grand artiste du 17ème siècle au peintre contemporain Jean Bazaine, le père Baudiquey nous initie à une lecture contemplative de la peinture.

 

Entre violence et douceur, DVD 3 films6°)  L’homme en secret: Salomon.

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée environ 1 heure. 1990

Il existe en DVD avec deux autres films consacrés à Denis Vasse : Denis Vasse : Entre violence et douceur, la parole vive (https://www.laprocure.com/denis-vasse-entre-violence-douceur-parole-vive-denis-vasse/3460850106340.html) 20 €

« Jésuite, médecin et psychanalyste, auteur de nombreux livres et clinicien connu pour ses psychanalyses d'enfants, Denis Vasse a exposé les points majeurs de sa pratique et de sa réflexion dans trois films qui lui ont été consacrés. Les voici rassemblés. Ils constituent un ensemble très important et qui passionnera ceux qui apprécient ce regard nourri à la fois de l'Évangile et de la psychanalyse. […]

"Salomon, l'homme en secret" (Patrice Chagnard) - Autour d'une relecture du récit du jugement de Salomon dans le livre des Rois, ce film met en évidence un point important : il s'agit d'imaginer une ruse pour permettre à la vérité d'éclater au grand jour. Récit d'un drame, autour d'une question : qu'est-ce que la Sagesse ? »

Un fichier pdf de 11 pages figure sur le site de Denis Vasse et contient le texte de la bande son initiale du film : http://www.denis-vasse.com/wp-content/uploads/2009/06/salomon-lhomme-en-secret.pdf

 

7°)  La vocation de Claudine.

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée 28 mn. 1990

https://vodeus.tv/video/la-vocation-de-claudine-2354

Le réalisateur Patrice Chagnard a l’art et la manière de s’intéresser aux personnes, sujets de ses films, et de les amener à parler avec justesse et en vérité.

Claudine va se marier et être baptisée…

 

8°)  Solitudes ou la Balance du Cœur

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée environ: 30 mn. 1978.

http://www.seraphim-marc-elie.fr/article-solitudes-ou-la-balance-du-coeur-120282395.html

Avec Père Matta el Maskine dans le désert au Monastère de Saint Macaire Le Grand en Egypte. Avec également un entretien d'un Père copte ermite Matta El Maskine, entretien dans le désert. Père Matta s'exprime en arabe, il est traduit en français. Le Père ermite s'exprime en anglais, il est également traduit en français. Matta el Maskine (Matthieu le Pauvre) né Youssef Iskandar était un moine copte, auteur d'une très importante œuvre spirituelle, né le 20 septembre 1919 et mort au Caire le 8 juin 2006.

 

9°)  Guy Gilbert, un prêtre dans la rue.

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée : environ 21 mn. 1976

https://vodeus.tv/video/guy-gilbert-un-pretre-dans-la-rue-132

Nous sommes en 1976. Des jeunes font du motocross sous le regard d’un homme qui les photographie. Dans un bureau, il dicte au téléphone un résumé de sa biographie : “Ordonné prêtre à Alger en 1965, trouve sa vocation de s’occuper des délaissés guettés par la délinquance à la suite de la rencontre d’un jeune de 12 ans laissé complètement à l’abandon.” Cet homme, c’est Guy Gilbert. Il a 40 ans, il est prêtre et éducateur spécialisé. Depuis 5 ans, il vit parmi les jeunes rejetés à la rue. Pourquoi des jeunes se retrouvent-ils à la rue, livrés à eux-mêmes ? Quel rôle joue-t-il auprès d’eux ? Pourquoi les jeunes qui vont en prison récidivent-ils ? Guy Gilbert pense qu’on ne cherche pas les raisons à la présence des jeunes dans la rue, que c’est le travail d’une nation et non d’une seule personne, qu’il faut chercher pourquoi un jeune commet un acte de délinquance. Pour lui, la fascination de l’argent casse tout.

 

10°)  Dom Helder Camara - Quelles que soient les conséquences ...

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée : 20 mn. 1974

https://vodeus.tv/video/dom-helder-camara-quelles-que-soient-les-consequences-130

En 1974, Dom Helder Camara, archevêque de Recife au Brésil, vient en France. Patrice Chagnard suit son voyage, en voiture, en train, s’arrêtant sur la colline de Taizé jusqu’à Paris. A la Mutualité, Dom Helder dénonce la répression policière et la pratique de la torture, dans son pays, “quelles que soient les conséquences…”. Au nom du Christ, apôtre de la vérité et de la non-violence, au micro de la radio RTL il s’insurge contre les pauvres dépossédés de la terre et encourage la lutte pacifique.

Un reportage sur le vif qui met en lumière un visage moins connu d’Helder Camara : celui d’un prophète sensible à la poésie du monde et dont la parole jaillit comme un cri.

 

11°) Baguegny Ba Paapa - Les visiteurs du Pape en Ouganda

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée 25 mn 16. 1970

Paul VI a été le premier pape à voyager hors d’Italie et à avoir visité les cinq continents. Du 31 juillet au 2 août 1969, pour la première fois dans l’histoire, il s’est rendu en Afrique, pour clore le premier Symposium des évêques de toute l’Afrique qui s’était tenu à Kampala capitale de l’Ouganda.

Le réalisateur s'attache plus aux visiteurs qu'au Pape.

 

12°)  Napo mon frère

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée : environ 20 mn. 1966

https://vodeus.tv/video/napo-mon-frere-184

« Beatnik » : adepte d’un modèle qui refuse la société bourgeoise de consommation dans les années 60 et 70. Synonyme : baba cool, hippie. Né dans les années 40 aux Etats-Unis, le mouvement littéraire et musical beatnik a trouvé ses adeptes parmi les jeunes qui refusaient le rêve américain et les valeurs américaines de l’époque.

P. Chagnard s'est mêlé à un groupe de jeunes et s'est particulièrement intéressé à l'un d'eux, Napo

 

 

II – DEUX AUTRES FILMS

 

●  Marie-Claire, La cage ouverte.

Réalisé par Patrice Chagnard. Durée environ: 30 mn. 1986.

Production : CFRT. Film diffusé le 28 août 1988 sur A2. 

Cf un extrait sur https://www.bpi.fr/en/sites/SiteInstitutionnel/contents/Contenus/agenda/projections/la-cage-ouverte--zen-le-souffle.html

 

 

Nous, le peuple●  Nous le peuple

(troisième volet d’une trilogie commencée en 2010 avec Les Arrivants et continuée en 2015 avec Les Règles du jeu).

Un film de Claudine Bories et Patrice Chagnard. France - 2019 - 1h39

Les réalisateurs suivent avec leur caméra des ateliers de réflexions et d'écriture autour d'un projet de nouvelle constitution pour la république française dans trois lieux distincts : dans la Maison d'Arrêt de Fleury Mérogis, au sein de l'association de quartier de Villeneuve Saint George et au lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles. Ces citoyens en prison, au lycée, sans emploi ou en activité salariée mutualisent leurs réflexions et réinventent le sens de la démocratie malgré le peu de considération de la majorité des députés de l'Assemblée nationale.

Voir l'interview de Claudine Bories et Patrice Chagnard sur https://blogs.mediapart.fr/cedric-lepine/blog/130919/entretien-avec-claudine-bories-et-patrice-chagnard-pour-leur-film-nous-le-peuple

 

III – Présentation de Patrice Chagnard

(Source http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_liste_generique/C_579_F )

 

Né à Grenoble, Patrice Chagnard arrive à Paris à 19 ans, où il décroche une licence de philosophie.
Tout en poursuivant ses études, il est journaliste (Le Dauphiné libéré, Témoignage Chrétien, Télé-ciné) et réalise son premier court métrage Napo qui obtient le Prix Unda au Festival de Monte Carlo en 1966.

Dans la mouvance de mai 68 il participe ensuite au mouvement hippie et décide de "faire la route". Ce long voyage à travers l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde, est un choc. Il y puise tout ce qui va nourrir son travail de cinéaste.

À son retour en France, en 1976, il se passionne pour les mouvements d’émancipation des peuples du tiers monde et se rapproche des théologiens de la libération et de groupes chrétiens engagés. Dans cet esprit il réalise une trentaine de films documentaires pour Le jour du Seigneur (TF1), Aléas (France 3) puis Théma (Arte).

Patrice Chagnard se distingue notamment en filmant le combat de paysans opprimés dans le monde, avec les brésiliens de Quelque chose de l’arbre, du fleuve et du cri du peuple (1980 - Grand prix du Cinéma du réel (section internationale)) et Km 104 (1980), les africains de Le Lieu du combat et d'Images Maffa (1983) au Nord-Cameroun, ou les bangladeshis de La Souffrance des autres.

Il s'imprègne aussi de spiritualisme oriental entre 1983 et 1991, et en nourrit ses projets Zen, le souffle nu et Swamiji, un voyage intérieur (1983).

Il crée en 1992 l'association des cinéastes documentaristes ADDOC, avec quelques cinéastes (Joelle Van Effenterre, Yves de Péretti, Jean-Louis Comolli, Denis Gheerbrant, Claire Simon) dont il va être le premier président. En quelques années l’ADDOC devient le lieu où se pense le renouveau du cinéma documentaire en France.

Sa rencontre avec Claudine Bories en 1995 marque une nouvelle étape dans son travail. Ils collaborent de plus en plus étroitement aux films l’un de l’autre puis décident de coréaliser.

En 1995, il réalise le long métrage Le Convoi (sélectionné à la Mostra de Venise, Prix spécial au Prix Europa, Prix Louis Marcorelles et Prix du Patrimoine au Festival du Réel), voyage de trois hommes partis livrer de la nourriture en Arménie pour l'association humanitaire Équilibre, puis en 2005 Dans un camion rouge, portrait de pompiers volontaires à Vizille dans l'Isère.

Avec Claudine Bories, il réalise les long métrages  Et nos rêves (2007, inédit), Les Arrivants (2009 - Colombe d’Or à Leipzig, Best film Award à Varsovie, Grand prix du Festival Dokfest) et plus récemment Les Règles du jeu (2014 - Colombe d’Or à Leipzig et sélectionné dans de nombreux festivals) [et en 2019 : Nous le peuple]

"Filmer pour nous c'est d'abord prendre parti. Et prendre parti, c'est toujours et encore choisir."

Cette phrase de Claudine Bories et Patrice Chagnard résume bien leur démarche de documentaristes. Souvent social, parfois intime, toujours engagé, leur cinéma est tourné vers l'Autre et destiné aux autres.

La particularité de leur démarche est d'avoir réussi le pari de la co-réalisation après avoir eu, chacun de son côté, deux parcours de création différents.

Catherine Bizern écrit à ce sujet dans le catalogue édité par la BPI à l'occasion de leur rétrospective au Centre Pompidou en novembre 2017 : "Leurs films communs construisent un espace filmique dans lequel il est possible d’explorer le territoire de l’autre sans jamais le réduire, un espace où la réalité prend forme de légende. L’intensité de leurs films Les Arrivants et Les Règles du jeu tient à cela : ils sont nés d’un désir commun et de la somme de deux désirs distincts. Car Bories et Chagnard ne se sont pas fondus en un, ils sont deux, deux cinéastes qui font des films ensemble. Et l’ensemble de leur œuvre raconte une histoire, celle d’une mémoire collective, celle des invisibles, des sans voix dont ils ne cessent d'être les témoins."