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Voies d'Assise : vers l'Unité
Voies d'Assise : vers l'Unité
  • Blog dédié à Jacques Breton (prêtre, habilité à transmettre le zen, assistant de K.G. Dürckheim, instructeur de kinomichi) et au Centre Assise qu'il a créé en le reliant à l'abbaye de St-Benoît-sur-Loire (France) et au monastère zen du Ryutakuji (Japon).
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27 octobre 2026

40 ans de dialogue interreligieux

  Le Centre Assise à qui est dédié le présent blog a été créé dans les années 1983-88, au moment de la rencontre interreligieuse du 27 octobre 1986 qui a eu lieu à Assise en Italie. Cette rencontre a été un événement qui se continue encore aujourd'hui. Le Centre Assise lui-même est directement en dialogue avec le bouddhisme zen.

   Pour commémorer la rencontre de 1986, voici un texte qui se trouve sur le site de l'Eglise de France, puis l'appel interreligieux de Metz lancé il y a un mois lors de la visite du Pape.

  La photo mise en médaillon est tirée du site du Vatican, elle date du 27 octobre 1986.

 

 

I - Communiqué du site de l'Eglise de France

 

 

Le 27 octobre 1986, le pape Jean-Paul II réunissait à Assise (Italie) des représentants des grandes religions du monde pour une Journée mondiale de prière pour la paix. Quarante ans plus tard, cet événement majeur du dialogue interreligieux continue de porter un message d’une particulière actualité dans un contexte international marqué par les conflits et les tensions.

À l’invitation de Jean-Paul II, près de cent trente responsables religieux s’étaient alors retrouvés à Assise : catholiques, orthodoxes, protestants, juifs, musulmans, bouddhistes, hindous ainsi que des représentants d’autres traditions religieuses.

Cette rencontre reposait sur une conviction forte, résumée par une formule devenue emblématique : il ne s’agissait pas de « prier ensemble », mais d’« être ensemble pour prier ». Dans le respect de l’identité et de la tradition propres à chacun, la rencontre d’Assise affirmait ainsi la responsabilité particulière des religions dans la recherche et la construction de la paix.

 

L’« esprit d’Assise », quarante ans après

Du 25 au 27 octobre 2026, Assise accueille les Rencontres internationales pour la paix organisées par la Communauté de Sant’Egidio, autour du thème « Paix désarmée et désarmante ». Dans le prolongement de la rencontre historique de 1986, ces journées réunissent à nouveau des représentants religieux autour des enjeux de paix, de dialogue et de fraternité. La présence du pape Léon XIV à Assise s’inscrit dans cette continuité, quarante ans après l’initiative de Jean-Paul II.

 

Une commémoration également portée en France

Ce 40e anniversaire trouve également un écho en France, à travers différentes initiatives consacrées au dialogue entre les religions et les convictions.

À Paris, une marche interreligieuse organisée le 18 octobre a notamment relié plusieurs lieux de culte de la capitale et de ses environs, parmi lesquels la Pagode de Vincennes, la Grande Mosquée de Paris, l’église Saint-Sulpice, la cathédrale ukrainienne catholique et la synagogue JEM de Beaugrenelle.

Quarante ans après la rencontre historique d’Assise, son esprit demeure ainsi une invitation à poursuivre le dialogue et à faire de la rencontre entre les traditions religieuses un chemin au service de la paix.

 

   (Source : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/vivre-sa-foi-a-tous-les-ages/dialoguer-les-autres-croyants/573590-assise-quarante-ans-de-dialogue-interreligieux-au-service-de-la-paix/)

   NOTE. En fait le Pape ne pourra se rendre à cette rencontre du 27 octobre 2026  du fait de sa récente opération.

 

 

II - L'appel de Metz

 

Voici la présentation du journal "La Vie" du 28 septembre 2026, par Alexia Vidot :

 

Réunis à Metz aux côtés du pape Léon XIV, six responsables de culte en France (catholique, orthodoxe, protestant, bouddhiste, juif et musulman) ont lancé ce lundi 28 septembre 2026 un appel solennel en faveur de la paix, du dialogue et de la fraternité.

  Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France, Mgr Dimitrios (Ploumis), métropolite grec orthodoxe de France, Haïm Korsia, grand rabbin de France, le pape Léon XIV, président de la Conférence des évêques de France, le cardinal Jean-Marc Aveline, Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, et Anthony Boussemart, représentant des bouddhistes français, participent à une rencontre interreligieuse au Centre de congrès Robert Schuman, le lundi 28 septembre 2026, à Metz, en France

 

Voici l'appel commun :

 

Depuis l'appel d'Assise, il y a quarante ans, le monde a profondément changé. L'humanité se trouve aujourd'hui à un nouveau tournant. La montée de la conflictualité menace le droit international, notamment humanitaire. Les guerres et les violences se multiplient, les inégalités se creusent, les équilibres, notamment écologiques, de notre planète sont fragilisés et les transformations technologiques bouleversent nos sociétés, chamboulent nos valeurs universelles et fondamentales, et nos manières de vivre.

Ces bouleversements nous inquiètent, mais ils nous engagent plus encore. Dans un monde qui souffre et qui trop souvent se divise, nos traditions religieuses nous appellent à être des veilleurs, attentifs à la dignité de chacun et au soin de l'autre. Elles nous invitent à ne pas nous résigner à la violence, à l'injustice ou à l'indifférence, mais à agir ensemble au service de la paix, de la fraternité et de la réconciliation et « pour préserver l'humain dans ces transformations ».

Nous, responsables de cultes en France, réunis aujourd'hui à Metz avec Sa Sainteté le pape Léon XIV, affirmons notre volonté de servir ensemble toute la famille humaine. Conscients de notre profonde interdépendance et de la responsabilité que chacun porte envers tous les autres, fidèles à nos traditions respectives et dans le respect de chacun, sur cette terre de Lorraine, blessée par tant de guerres, nous sommes convaincus que les religions portent une responsabilité particulière pour bâtir et entretenir la paix dans le monde, et tout spécialement ici, en Europe.

Conscients de cette responsabilité commune, nous lançons solennellement un appel au dialogue et à la fraternité, à la réconciliation et à la paix. Nous sommes convaincus que, dans chacune de nos communautés et de façon transversale, et dans nos cités, il est plus que jamais important d'éduquer au dialogue pour construire la paix.

Nous attestons que la recherche de la paix, la non-violence et le souci de l'autre sont profondément inscrits, selon des voies qui leur sont propres, dans chacune de nos traditions religieuses. Nous constatons cependant, avec une grande inquiétude, que s'allument sans cesse, dans notre monde, des foyers nouveaux de violences et de guerres. Mais la paix ne se réduit pas à l'absence de guerre. Elle ne peut être durable sans justice, sans respect de la dignité humaine, sans solidarité entre les peuples et les générations, ni sans une attention partagée à la préservation de notre maison commune.

Nous constatons avec gravité que nos sociétés elles-mêmes ne sont pas épargnées par les fractures, les discriminations et les logiques de rejet qui fragilisent la cohésion entre les personnes et les peuples. En France, nous exprimons notamment notre indignation face à la recrudescence des actes qui portent atteinte à des personnes ou à des lieux de culte en raison de leurs origines ou de leur foi. En condamnant toutes les formes de discriminations et tous les discours de haine, nous voulons être des remparts qui protègent l'humanité face aux pouvoirs oppressifs ou corrompus.

Nous nous opposons tout particulièrement au poison du totalitarisme, dont cette terre de Lorraine eut tant à souffrir. Nous affirmons ensemble que le nom de Dieu, non plus qu'aucune vérité religieuse ou tradition spirituelle, ne peut jamais être invoqué pour justifier la violence et la haine. Nous savons d'expérience que le dialogue, la prière, la méditation et les différentes formes de pratique spirituelle ouvrent des chemins de paix. Car la paix se construit aussi au plus intime de chacun : dans notre capacité à reconnaître et à désarmer en nous-mêmes ce qui nourrit le rejet de l'autre, la peur et la haine.

Nous croyons, en effet, que chaque personne humaine est revêtue d'une dignité inaliénable. Nos traditions respectives nous invitent à accueillir l'autre non pas comme une menace mais comme un frère ou une sœur en humanité. Croyants de religions différentes, nous appelons nos communautés à développer une culture de l'accueil et de la fraternité. Par l'écoute mutuelle, le service du bien commun, le dialogue persévérant à partir de nos vies et de nos pratiques spirituelles, nous voulons œuvrer concrètement au service de la justice et de la paix.

Nous savons combien les blessures de l'histoire, les violences, les ignorances ou les incompréhensions continuent d'habiter la mémoire des personnes et des peuples. Nous voulons, humblement, contribuer à ouvrir des chemins de réconciliation, en refusant les logiques de vengeance, de rejet et d'humiliation. Nous estimons que les religions sont une voie privilégiée vers cette « paix désarmée et désarmante »à laquelle nous appelle Sa Sainteté le pape Léon XIV et nous désirons, de tout notre cœur, avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, être des acteurs de réconciliation.

Nous voulons faire grandir, dans un monde polarisé, une véritable culture de l'éducation à la paix. Fondée sur la promotion de la dignité humaine, le respect mutuel, la justice et la confiance, elle exige à la fois un engagement personnel courageux et une œuvre collective résolue. En effet, elle nécessite une contribution des familles, des écoles, des structures de loisir et de sport, ainsi que de chacune de nos traditions et communautés. Cette œuvre s'inscrit pleinement dans les principes constitutionnels qui garantissent la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. Et c'est portés par notre volonté partagée de nous rencontrer et de dialoguer que nous pouvons aujourd'hui nous tenir côte à côte au service de la paix.

Nous voulons transmettre à tous, aux jeunes générations en particulier, ce désir de justice et de paix qu'il nous faut toujours contribuer à bâtir, avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté. La paix, en effet, n'est pas un rêve inaccessible : elle s'édifie au quotidien, dans le respect de l'autre, de sa culture et de sa religion, dans la construction de relations d'amitié, où chacun peut être reconnu dans son identité.

Puisse cette rencontre aujourd'hui à Metz, en présence du pape Léon XIV, réveiller les consciences et porter des fruits durables. Nous sommes différents par nos convictions religieuses mais nous sommes unis par la responsabilité de servir ensemble la paix dans le monde et le respect de la dignité de toute personne humaine. Aussi prenons-nous aujourd'hui trois engagements concrets :

  • Poursuivre avec assiduité un dialogue exigeant entre nous ;
  • Continuer à former nos jeunes générations à la connaissance mutuelle de nos traditions ;
  • Et nous tenir ensemble, y compris dans l'adversité, pour œuvrer à la promotion de la justice et de la paix.

Que cet appel de Metz, que nous lançons ce matin, devienne, pour tout un chacun, « une boussole d'espérance » et nous rappelle qu'aucune paix durable ne se construit sans l'autre, ni contre lui.

 

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